Jean Lamarche

La candidature de la continuité

Les choses se précisent dans la course à la mairie de Trois-Rivières. Jean Lamarche est devenu, mercredi, le troisième candidat à annoncer sa candidature, après Jean-François Aubin et Éric Lord. Jusqu’à maintenant, Jean Lamarche est certainement le candidat qui affiche le plus l’étiquette de candidat de la continuité.

Celui qui a été président du FestiVoix pendant douze ans et qui travaille comme responsable régional des communications pour le ministère des Transports se lance dans la course en affirmant ne porter aucune couleur politique. Il a d’ailleurs derrière lui une équipe arc-en-ciel et des appuis de différentes couleurs: des souverainistes convaincus, comme Michel Lampron, mais aussi des libéraux bien en vue comme Jean-Denis Girard ou Marianne Méthot. De belles prises, à n’en pas douter.

Mais s’il affirme lui-même ne porter aucune couleur politique, Jean Lamarche se dit du même souffle «porteur de la vision et de la fierté» léguées par Yves Lévesque.

Pas étonnant, donc, de voir certains organisateurs politiques de l’ex-maire dans l’entourage du plus récent candidat déclaré.

Si Jean Lamarche veut suivre le sillon d’Yves Lévesque sur le plan du développement économique ou touristique et sur le plan de la fierté retrouvée, il devra peut-être s’en éloigner pour ce qui est de la façon de travailler, surtout avec le conseil municipal déjà en place. Beaucoup de citoyens ont la perception que l’héritage d’Yves Lévesque est considérable, que l’homme a réalisé de grandes choses pour Trois-Rivières. Mais ils gardent aussi le souvenir de décisions tranchantes, de mépris envers la démocratie et d’exaspération envers les personnes qui ne pensaient pas comme lui.

L’étiquette de candidat de la continuité pourrait, en quelque sorte, plaire à plusieurs et en répugner autant d’autres.

S’il y a un dossier sensible sur lequel les aspirants à la mairie devront se positionner prudemment, c’est bien celui de Vision zéro. On a vu dans les partisans de Jean Lamarche plusieurs opposants à cette philosophie mise de l’avant par le conseil municipal actuel.

En entrevue au Nouvelliste, Jean Lamarche a indiqué qu’on ne pouvait pas mettre ce projet de côté et qu’il importe de voir ce que donneront les consultations publiques. Il considère que Vision zéro est un modèle intéressant, mais ajoute qu’il y a d’autres modèles en matière de sécurité routière.

Mais à Radio-Canada Mauricie, mercredi, le candidat n’était pas aussi clair. «Vision zéro, on parle ici de sécurité routière. Je ne pense pas qu’on puisse être contre la sécurité routière. Je pense que les clans en ce moment qui sont formés autour de ça ont tous un point commun, c’est celui de la sécurité routière. Ensuite, les moyens qui passent par Vision zéro ou par une autre chose, il faut vraiment se concentrer sur l’essentiel, c’est-à-dire la sécurité routière.»

Pour Jean Lamarche comme pour les autres candidats, il faudra assurément un positionnement plus clair face à Vision zéro. Seul Jean-François Aubin, jusqu’à maintenant, a annoncé ses couleurs. Il l’a même fait en prenant la parole lors de la période de questions d’une récente assemblée publique du conseil municipal. Pour lui, la limite de vitesse ne doit pas être abaissée à 40 km/h sur l’ensemble du territoire de la ville dans le cadre de la Vision zéro. Il considère que cette politique est pertinente et a salué la décision du conseil de tenir des consultations publiques sur le sujet. Pour lui, il est impératif de ne pas jeter le bébé avec l’eau du bain.

Si Vision zéro s’impose de plus en plus comme enjeu de la course à la mairie, il ne faudrait toutefois pas que cela devienne l’unique enjeu.

Au moins, le portrait actuel de la course à la mairie nous permet de croire qu’elle sera l’affaire de candidats solides et qu’elle donnera lieu à des débats éclairants et civilisés. Le fait qu’il risque d’y avoir peu de candidats permettra certainement aux électeurs d’avoir une idée plus précise de ce que les protagonistes ont à proposer.