Martin Francoeur
Le Nouvelliste
Martin Francoeur

Jeux du Québec: pourquoi pas!

Éditorial / Trois-Rivières lève la main pour signifier son intérêt d’accueillir la finale des Jeux du Québec à l’été 2024. 

Voilà certainement une idée intéressante qui mérite de faire du chemin, ne serait-ce que pour mettre en valeur certaines de nos infrastructures sportives et pour en mettre d’autres à niveau.

La dernière finale estivale des Jeux du Québec en sol trifluvien remonte à 1975. Le Grand Trois-Rivières avait aussi accueilli une finale d’hiver en 1999. Lorsqu’on regarde ces dates, on constate qu’il semble se dessiner un cycle d’environ un quart de siècle entre chaque manifestation de volonté pour présenter une finale des Jeux. Celle de 2024 tomberait exactement 25 ans après celle de 1999. Et 49 ans après celle de 1975.

Certes, il reste du chemin à parcourir et probablement plusieurs indécis à convaincre. Il faudra aussi que la candidature trifluvienne, si elle va de l’avant, soit plus intéressante que celle de Drummondville, de Saint-Georges et de Dolbeau-Mistassini, qui ont aussi manifesté leur intérêt. La route vers l’obtention de cette finale semble longue et hasardeuse, mais Trois-Rivières peut certainement s’y aventurer avec confiance.

L’initiative a quelque chose de rafraîchissant parce qu’il s’agit d’une première véritable manifestation d’ouverture envers cet événement depuis la création de la nouvelle ville, en 2002. L’ex-maire Yves Lévesque n’a jamais été très chaud à l’idée d’une candidature trifluvienne pour accueillir un tel rassemblement. Trop coûteux, estimait-il abruptement.

C’est à croire que s’étaient installés, à Trois-Rivières, une peur de l’audace et un manque de confiance envers les institutions, les partenaires et la population de la ville. Pourtant, la ville dispose d’avantages non négligeables: une main-d’œuvre bénévole disponible et enthousiaste, une situation géographique extrêmement avantageuse, des infrastructures d’accueil appropriées et un cadre festif attrayant.

Avec de tels atouts, une ville de la taille de Trois-Rivières se doit bien de lever la main de temps en temps pour accueillir des événements sportifs ou culturels d’envergure. Bien d’autres villes, parfois de plus petite taille, en sont à leur deuxième ou même troisième présentation des Jeux du Québec. Thetford Mines, qui était l’hôte de la finale à l’été 2018, agissait à ce titre pour une troisième fois. La population de Thetford Mines est d’environ 26 000 habitants.

En se faisant le porteur de dossier d’une candidature trifluvienne, le maire Jean Lamarche affiche un enthousiasme qu’on n’avait pas décelé face à cette idée lorsqu’il était en campagne électorale. C’était plutôt un de ses adversaires, Jean-François Aubin, qui souhaitait que la ville propose sa candidature pour la finale de 2024. Réagissant avec tiédeur à cette idée, Jean Lamarche avait évoqué le fait que la disponibilité des bénévoles devait être un élément essentiel. La saison estivale est riche en activités de toutes sortes et il disait craindre un essoufflement du bassin de bénévoles.

Bien sûr, il y a des coûts associés à la présentation d’un événement de la sorte. Mais si on peut aller chercher quelques millions en aide financière gouvernementale, notamment pour retaper les infrastructures sportives existantes, ce serait bête de s’en passer. Si des villes de 30 000 ou 40 000 habitants peuvent accueillir les Jeux du Québec, il est clair que la question des coûts est un mauvais argument pour Trois-Rivières.

En 2012, la Ville de Shawinigan avait dû débourser plus de 600 000 $ sur un budget total de 4,9 millions $. À Drummondville, en 2015, le conseil a dû consentir un montant de 1,2 million $ sur un budget d’exploitations de 5 millions $. Thetford Mines, pour la finale de 2018, aura reçu un total de 6 millions $ en subventions et la Ville elle-même aura contribué pour environ 500 000 $. Il y a tout de même des avantages qui doivent être considérés, notamment le fait que l’événement génère des retombées évaluées à 12 millions $.

Et ce serait assurément une belle occasion de montrer au Québec que Trois-Rivières est capable de bien faire les choses.