Yves Lévesque n’a jamais caché son intérêt à faire le saut en politique provinciale ou fédérale.

Inspiré par Chantal Rouleau?

Le maire de Trois-Rivières, Yves Lévesque, pourrait-il être inspiré par son homologue de l’arrondissement Rivière-des-Prairies–Pointe-aux-Trembles, à Montréal, qui tente sa chance en politique provinciale pour la Coalition avenir Québec? À l’hôtel de ville trifluvien, la machine à rumeurs semble déjà s’emballer.

Yves Lévesque n’a jamais caché son intérêt à faire le saut en politique provinciale ou fédérale. Se pourrait-il, avec la montée de la CAQ dans les sondages et un conseil municipal plus fort que lui, que cette fois-ci soit la bonne? Il est trop tôt pour le dire. Parce qu’Yves Lévesque est un politicien aguerri, il attendra de voir l’allure de quelques autres sondages avant de prendre sa décision.

Chose certaine, le geste d’éclat posé par la CAQ plus tôt cette semaine, avec la présentation de cette candidate vedette, pourrait bien faire boule de neige. La CAQ est à la recherche de grosses pointures pour faire une percée dans des régions où elle est absente ou discrète ou pour renforcer sa présence dans d’autres qui lui sont plus favorables.

Chantal Rouleau, c’est une grosse candidature pour la CAQ. Mairesse appréciée de ses citoyens, figure de proue de la lutte contre la corruption et la collusion, rare survivante de la vague «Projet Montréal» qui a délogé plusieurs maires ou mairesses d’arrondissements, elle a indiqué qu’elle prévoyait demeurer en poste d’ici l’élection provinciale d’octobre prochain. Bonne joueuse, Chantal Rouleau a précisé qu’elle verserait son salaire de mairesse à un organisme de charité pendant la campagne électorale.

Si elle est défaite dans ce bastion péquiste – c’est la circonscription de Nicole Léger et celle dans laquelle pourrait atterrir Jean-Martin Aussant –, elle retournera vaquer à ses occupations municipales.

Pour prendre cette décision, elle avait en main un avis du conseiller à l’éthique et à la déontologie de la Ville de Montréal pour être bien certaine qu’une telle démarche respectait les règles, ce qui est le cas.

Devant les citoyens, ça se justifie un peu moins bien. Ça fait opportuniste. Mais on ne saurait blâmer un candidat de vouloir protéger ses arrières.

De toute façon, ce n’est pas la première fois que des maires ou mairesses tentent leur chance en politique provinciale ou fédérale sans quitter leur siège à leur hôtel de ville. Chez nous, l’exemple le plus flagrant demeure l’élection provinciale de 1998, alors que les maires de Trois-Rivières (Guy LeBlanc), de Cap-de-la-Madeleine (Alain Croteau) et de Nicolet Daniel McMahon) étaient tous candidats libéraux, alors que le maire de Saint-Jean-des-Piles, Jean Trudel, était candidat pour l’ancienne ADQ.

À Trois-Rivières, Guy LeBlanc avait été réélu sans opposition à la mairie le 9 octobre 1998. Il avait été assermenté discrètement le 14 octobre. Le 2 novembre, au lendemain de l’élection municipale qui n’avait pour but que d’élire deux conseillers à Trois-Rivières en raison de nombreuses réélections sans opposition, Guy LeBlanc annonce qu’il portera les couleurs du Parti libéral de Jean Charest dans Trois-Rivières. L’élection a eu lieu le 30 novembre. Aucun des maires n’a été élu. Et ils sont tous retournés à leurs occupations à la mairie.

Ces plongeons et ces atterrissages sur le filet de sécurité n’avaient alors pas soulevé de grande indignation dans la population. Il serait surprenant que ce soit vraiment différent vingt ans plus tard.

Plusieurs facteurs, dont cette fenêtre électorale grand ouverte, ce sauf-conduit facilitant un retour au municipal en cas d’échec et la réelle possibilité d’être ministre dans un éventuel gouvernement de la CAQ, pourraient suffire pour convaincre Yves Lévesque à faire le saut qu’il repousse depuis plusieurs années.

Depuis l’élection de novembre dernier, le maire Lévesque doit avoir de grands moments d’ennui ou de nostalgie à l’hôtel de ville. L’appel d’un nouveau aurait sans doute un grand, très grand pouvoir d’attraction.