Inondés mais pas débordés...

ÉDITORIAL / Les inondations qui touchent des milliers de Québécois depuis quelques jours inciteront certainement à la réflexion. Réflexion sur les changements climatiques, sur l’aménagement du territoire, sur le déploiement de mesures d’urgence. Et même si les dommages sont déjà considérables un peu partout, on peut dire sans se tromper que le haut niveau de préparation et l’efficacité de la gestion de cette crise auront fait une sérieuse différence par rapport à ce qu’on a vécu en 2017.

Dans la région, les autorités municipales ont rapidement déclenché les opérations de mesures d’urgence, la semaine dernière, avant même que l’eau atteigne les terrains et les sous-sols de résidences. On a pu voir venir cette crue des eaux. Rapidement, l’information a été communiquée aux citoyens et ceux-ci ont été invités, sur un ton ferme mais non alarmiste, à se préparer adéquatement.

De part et d’autre du fleuve et du lac Saint-Pierre, les municipalités ont déployé des équipes de travailleurs, de bénévoles et de pompiers pour tenter de minimiser l’impact de la crue des eaux appréhendée.

L’armée a été appelée en renfort avec un délai suffisant pour permettre un déploiement efficace plutôt que de débarquer en catastrophe dans des zones sinistrées et désorganisées.

Il faut souligner l’efficacité avec laquelle les élus municipaux ont fait face à la situation. À Nicolet, à Bécancour, à Yamachiche, à Louiseville et à Maskinongé, notamment, les maires ont exercé un leadership inspirant et rassurant. Même chose à Trois-Rivières, où on a pu apprécier les qualités de la mairesse suppléante Ginette Bellemare. Elle qui n’a pas toujours été à l’aise dans les communications a su, cette fois, être la figure d’autorité dont la ville et les citoyens avaient besoin. Épaulée par plusieurs conseillers et fonctionnaires municipaux, elle gère parfaitement la situation, notamment dans ses présences médiatiques beaucoup plus assurées.

Cette crue des eaux n’a malheureusement pas fini de faire ses dégâts. Partout, on reste sur le qui-vive et c’est exactement ce qu’il faut faire.

L’autre bonne nouvelle dans ces circonstances, c’est cette réflexion quant à la possible relocalisation de propriétaires riverains. La semaine dernière, le premier ministre François Legault a évoqué la possibilité de forcer des propriétaires à se déplacer, moyennant une compensation gouvernementale pouvant aller jusqu’à 250 000 $.

Ce n’est certainement pas la panacée, mais ça lance une réflexion nécessaire. Notamment pour corriger les erreurs qui ont été commises au fil des décennies en matière de construction en zones inondables. La première étape sera de mettre à jour la cartographie de ces zones et d’ajuster l’encadrement législatif et réglementaire en la matière. Cette mise à jour devra, inévitablement, tenir compte de l’impact anticipé des changements climatiques.

Le discours de François Legault fait preuve de lucidité et met l’accent sur la récurrence des inondations et les coûts considérables que cela occasionne pour les propriétaires et les municipalités. Il faut bien se rendre compte que les inondations majeures ne sont plus des exceptions qu’on voit une fois par demi-siècle. Ça fait deux fois en trois ans qu’elles surviennent. Pour les victimes, cela occasionne du stress, de l’anxiété et ça affecte bien sûr la qualité de vie. Le temps est venu de trouver des solutions autres que les interventions ponctuelles auxquelles nous sommes maintenant – hélas! – habitués.