Le Cirque du Soleil n'offrira pas de spectacles à l'Amphithéâtre Cogeco l'été prochain.

Il manquera quelque chose à l’été trifluvien

ÉDITORIAL / 

C’était devenu inévitable. Avec la vague d’annulations que l’on connaît et dont les conséquences se prolongent dans le temps, on se doutait bien que le spectacle du Cirque du Soleil à l’Amphithéâtre Cogeco allait lui aussi tomber au combat. La décision a été confirmée mercredi. Assurément, il manquera quelque chose à l’été trifluvien.

Les spectacles du Cirque du Soleil, c’est un gros morceau de l’industrie touristique de la région en saison estivale. Déjà, on voyait bien que les choses n’allaient pas être les mêmes cette année: annulation de spectacles, de manifestations sportives, fermeture de musées, de galeries d’art, de commerces de divertissements, de parcs. Les plus optimistes souhaitaient – et souhaitent encore peut-être – que tout ou à peu près revienne à la normale d’ici un mois ou deux. Mais le report du spectacle Vive nos divas! à 2021 vient soudainement d’amputer notre saison estivale généralement très animée.

Il est évidemment trop tôt pour savoir si l’Amphithéâtre pourra présenter un ou plusieurs autres spectacles à la place de celui du Cirque du Soleil. Mais ce qu’on sait, c’est que ça vient déjà donner un dur coup à plusieurs commerces qui profitaient des retombées de ces spectacles et qui entrevoyaient déjà une embellie cet été.

L’Amphithéâtre Cogeco et les spectacles du Cirque du Soleil créent une effervescence renouvelée au centre-ville de Trois-Rivières. Restaurateurs, hôteliers, propriétaires de gîtes et commerçants de tout acabit vous le diront: cette présence génère habituellement des affaires d’or. Pour certains restaurants, le chiffre d’affaires fait un bond de 30 % à 50 % lorsqu’arrivent les représentations du Cirque ou les concerts majeurs de l’Amphithéâtre. Ce sera, pour eux, une perte considérable.

Il y a peut-être encore de l’espoir pour les autres événements estivaux à Trois-Rivières. Le Festivoix, le Grand Prix de Trois-Rivières et le festival Danse Encore, notamment, n’ont toujours pas arrêté leur décision. Ils suivent l’évolution de la situation, même si les enjeux d’organisation et de programmation deviennent de plus en plus complexes à mesure que s’égrènent les jours du calendrier.

Le report de la production du Cirque du Soleil serait principalement dû au fait que même s’il avait été possible de tenir des rassemblements dans des lieux de diffusion culturelle, on ne serait pas arrivé à temps pour produire un spectacle de qualité. L’annonce du gouvernement Legault de fermer pour au moins trois semaines les entreprises non essentielles entraîne des retards trop importants pour plusieurs contractuels affectés à la production, ce qui aurait nécessairement eu un impact sur la qualité du produit et sur la livraison du spectacle lui-même.

C’est donc une décision parfaitement compréhensible. Mais elle vient écorcher une tradition estivale qui était déjà bien installée au centre-ville.

Il faudrait être devin pour savoir si les mesures visant à freiner la propagation du virus seront encore en vigueur dans un, deux ou trois mois. Et si jamais elles tombent, quel sera le niveau d’intérêt, pour le public, d’aller se retrouver dans des foules relativement compactes après ce qu’on aura traversé? Il faudra du temps, certainement, pour retrouver l’enthousiasme et l’effervescence de l’animation estivale.

La bonne nouvelle, dans tout ça, c’est que le Cirque du Soleil n’a pas annulé le spectacle. Il le reporte. Et cela signifie que l’entente pour la présentation de spectacles originaux exclusifs à l’Amphithéâtre Cogeco se retrouve de facto prolongée d’une année.

Comme quoi ce n’est pas un virus qui aura raison de l’engagement du Cirque du Soleil envers Trois-Rivières et son amphithéâtre. Ni de celui du président-directeur général Daniel Lamarre, envers sa région d’origine.