Le maire de La Tuque a annoncé qu'il abandonnait le balisage de la rivière Saint-Maurice.

Hydro-Québec à la rescousse?

Ce serait idiot d’abandonner le balisage de la rivière Saint-Maurice simplement parce qu’un maire nouvellement élu s’applique à remplir une de ses promesses électorales. Pierre-David Tremblay indiquait, plus tôt cette semaine, que La Tuque n’avait plus un sou à consacrer au balisage, ce qui compromet l’entente tripartite avec Shawinigan et la MRC de Mékinac pour assurer la navigabilité de la rivière.

En 2012, la Ville de Shawinigan, la Ville de La Tuque, la MRC de Mékinac et Tourisme Mauricie avaient annoncé un investissement de 1,6 million $ sur une période de cinq ans pour permettre une navigation sécuritaire sur la rivière Saint-Maurice sur une centaine de kilomètres, entre Shawinigan et La Tuque. L’entente quinquennale vient à échéance dans un mois et des poussières. On ne sait donc pas ce qu’il adviendra de ce projet.

Longtemps porté par l’ex-dg de Tourisme Mauricie, André Nollet, et défendu farouchement par l’ex-maire de La Tuque, Normand Beaudoin, le balisage se heurte maintenant au fait que ses deux plus fiers ambassadeurs ne sont plus dans le portrait. D’entrée de jeu, il est urgent que quelqu’un reprenne le flambeau.

Le maire de Shawinigan, Michel Angers, pourrait être ce porteur de dossier. Il a posé un geste significatif il y a quelques mois en annonçant un ambitieux projet de marina dans le secteur Grand-Mère, sur les terrains de l’ancienne usine Laurentide. Longtemps on a cru que la clé pour le développement de la navigabilité passait, dans un premier temps, par le balisage de la rivière et, dans un deuxième temps, par l’aménagement d’une marina digne de ce nom à Shawinigan.

Les conditions semblent donc favorables au maintien du balisage. Évidemment, à La Tuque, même si on a noté une timide hausse de fréquentation de la marina, les retombées demeurent minces pour l’instant. Il est important de mentionner que le balisage de la rivière Saint-Maurice pour l’ouvrir aux plaisanciers est encore tout récent. C’était en quelque sorte un projet pilote. On n’a pas encore fait énormément de publicité spécifiquement sur cette activité en dehors de la région. Le meilleur, pourrait-on dire, était encore à venir.

Au lancer de la serviette qu’on observe à La Tuque, il faut ajouter la relative indifférence qu’on remarque dans Mékinac. Dans cette MRC, les municipalités non riveraines n’en ont à peu près rien à cirer de la navigation de plaisance. 

Il ne faut certainement pas s’étonner d’entendre la ministre du Tourisme, Julie Boulet, insister sur la nécessité de trouver des pistes de solutions pour la suite des choses.

Il y a peut-être le Fonds d’appui au rayonnement des régions, mais encore faudra-t-il que les maires des villes et les préfets des MRC de la région s’entendent. Ce n’est pas une mince tâche, surtout depuis la disparition de la Conférence régionale des élus.

Il y a aussi la possibilité d’un sauvetage par la ministre elle-même. À l’approche des élections, les fonds de tiroirs réservent parfois bien des surprises. Et c’est dans sa circonscription.

Enfin, il y aurait une tout autre avenue à envisager: celle de la participation financière d’Hydro-Québec. Il est encore difficilement concevable de voir que la société d’État ne verse pas un sou en redevances pour l’exploitation de la rivière Saint-Maurice. Bien sûr, Hydro a accepté de régulariser le débit et le niveau de la rivière pour assurer la navigabilité, mais il est peut-être temps d’apporter une contribution à un autre niveau.

Quelle aberration d’entendre une porte-parole de la société d’État dire qu’une telle demande de financement «ne correspond malheureusement à aucun programme au sein d’Hydro-Québec» ! 

Hydro-Québec génère des centaines de millions de dollars de revenus avec l’exploitation de la rivière Saint-Maurice et on préfère voir le logo sur des scènes de festivals plutôt que de participer à des projets porteurs sur le plan touristique.

Il y a des coups de pied au derrière qui devraient être donnés quelque part.