Les Montréalais feront des très bons habitants de la Lune, on est habitué aux cratères.

Hockey: plus sévère SVP!

Les gestes d’intimidation et de violence extrême ne datent pas d’hier dans le magnifique et très émotif monde du hockey. Dans les années 90, le hockeyeur de race noire Éric Laplante aimait raconter qu’un jeune adversaire lui avait déjà demandé«d’allumer la lumière dans son casque!» Il racontait cette anecdote avec un petit sourire en coin, mais c’était évidemment loin d’être drôle.

Une vingtaine d’années plus tard, après de nombreuses offensives de sensibilisation, on s’attendrait à ce que ce genre d’événement soit pratiquement disparu. Eh bien non! Au contraire, les malheureux épisodes d’intimidation et de violence gratuite semblent plutôt s’accumuler au cours des derniers jours.

Juste cette semaine, trois incidents d’intimidation raciale ont été rendus publics. Près de chez nous, le jeune Yann-Maverick Quitich a été traité de «Kawish» par un joueur adverse. Le hockeyeur atikamekw de La Tuque est fortement ébranlé à la suite de ces attaques verbales. Il se demande même s’il a encore envie de jouer au hockey. Quel triste dénouement pour un jeune qui ne demande qu’à pratiquer son sport préféré!

Des propos comme ceux dont a été victime Yann-Maverick Quitich sont inacceptables et ils doivent obligatoirement conduire à de sévères sanctions. Le président de Hockey Mauricie, René Leclair, assure prendre le dossier au sérieux. Espérons qu’il saura punir comme il se doit les individus fautifs dans cette affaire.

Trop souvent, cependant, les personnes à l’origine de propos désobligeants ou de gestes de violence s’en sortent facilement. Le monde du hockey est tissé serré et les sanctions ont trop souvent l’allure de petites tapes sur les doigts. Ça frise parfois même l’autoprotection. On a même tendance à essayer de régler les dossiers à l’interne pour ne pas trop faire de vagues sur la place publique. Il est temps que ça change! Il est temps d’envoyer un message clair à l’effet que ces comportements ne sont tout simplement plus acceptés au Québec.

Les spectateurs et les parents impliqués dans ces incidents doivent être bannis des arénas. Les entraîneurs et dirigeants d’équipes qui encouragent ces gestes d’intimidation et de violence ou qui restent indifférents à ceux-ci doivent également se faire montrer la porte de sortie. Les joueurs fautifs doivent aussi recevoir des punitions exemplaires. Après autant de sensibilisation, il n’y a plus d’excuse possible. Il est aujourd’hui intolérable de s’en prendre à une personne en raison de sa couleur, de son handicap ou de son origine. Des propos aussi primaires et irréfléchis doivent entraîner des punitions qui ont une portée significative. Un point c’est tout!

Cette nécessité d’imposer des sanctions plus coercitives s’applique également aux cas de violence gratuite et excessive. Là-dessus, il faut saluer la récente réaction du maire de La Tuque, Pierre-David Tremblay, à la suite du geste de Robby Petiquay qui a littéralement assommé d’un coup de poing Julien Gauthier dans un match senior au Colisée Denis-Morel de La Tuque. «Arrangez-vous pour que ça ne se reproduise plus parce que nous, on verra à prendre d’autres moyens», a-t-il averti. Bref, fini les gants blancs et les avertissements. Ça prend du changement et vite!

Et que fait-on si les instances concernées ne mettent pas leurs culottes en imposant des sanctions plus dissuasives? La ministre de l’Éducation, du Loisir et du Sport, Isabelle Charest, devra alors envisager de créer un mécanisme indépendant pour analyser plus sérieusement ces incidents disgracieux et ainsi espérer y mettre fin une fois pour toutes.