Le ministre de la Famille, Luc Fortin.

Favoriser l’égalité des chances

C’est une belle nouvelle qui a été annoncée jeudi par le ministre de la Famille, Luc Fortin, à Trois-Rivières. Un peu dommage qu’elle l’ait été en plein début d’été, entre la Fête nationale et la fête du Canada, en pleine période des déménagements. Ou des vacances pour certains.

Le gouvernement du Québec, rappelons-le, investit 29,3 millions $ sur cinq ans pour mettre en place des mesures qui favoriseront l’égalité des chances pour tous les enfants et qui faciliteront l’accès aux services de garde éducatifs à l’enfance aux enfants issus de milieux défavorisés ou vulnérables.

L’annonce a été faite par le ministre Fortin lui-même, au centre de la petite enfance Le Coffre à jouets, dans le secteur Cap-de-la-Madeleine. Et ce n’est certainement pas un hasard que cette annonce ait été faite dans la région.

La région métropolitaine de recensement (RMR) de Trois-Rivières est celle qui, parmi les RMR québécoises, affiche le plus haut taux d’enfants vivant dans un ménage à faible revenu. Selon les données du recensement fédéral de 2016, ce taux s’élevait à 16,6 %. C’est considérable.

Et ce n’est malheureusement pas la seule statistique défavorable pour la région. La Mauricie est toujours – et de loin – la région du Québec qui affiche le plus haut taux d’assistance sociale. En date de mars 2018, on comptait 18 310 prestataires de la sécurité du revenu, pour un taux de 9,0 %. C’est plus que Montréal (8,1 %), que la Gaspésie–Îles-de-la-Madeleine (7,7 %) et que le Centre-du-Québec (6,3 %).

Il peut être aussi utile de rappeler que la Mauricie est tristement au premier rang des régions où le revenu disponible est le moins élevé, à 25 151 $. C’est près de 4000 $ de moins que dans la région de la Capitale-Nationale.

De telles statistiques témoignent, malheureusement, des difficultés économiques encore bien présentes dans la région. Malgré une apparente vitalité et un taux de chômage à son plus bas depuis plusieurs années, la réalité économique des ménages, en Mauricie, est encore dure.

Le plus triste, c’est lorsque cette situation a un impact sur les enfants. Et c’est exactement ce que visent à contrer les différentes mesures annoncées par le ministre de la Famille.

Sur cet investissement total de 29,3 millions $ sur cinq ans, 1,5 million $ servira à mettre en place des projets pilotes afin d’offrir des petits déjeuners aux enfants dans les services de garde éducatifs à l’enfance. Il s’agit certainement d’une mesure qui aura un impact sur le comportement et la concentration des enfants, en plus d’être une nécessité pour leur santé physique. Pour ce volet, le Club des petits déjeuners – déjà expert en la matière – s’est porté volontaire afin de déployer le projet pilote et de servir aux tout-petits un déjeuner équilibré, dans leur service de garde.

Vingt autres millions de dollars serviront à bonifier la mesure exceptionnelle de soutien à l’intégration dans les services de garde éducatifs à l’enfance pour les enfants ayant d’importants besoins.

On établira aussi des ponts avec le ministère de la Santé et des Services sociaux pour mettre en place des mécanismes de détection des enfants de 0 à 5 ans vivant en contexte de vulnérabilité ou qui démontrent des difficultés sur le plan de leur développement.

En mars dernier, le ministre Fortin annonçait 95 millions $ pour accroître l’accès aux services de garde éducatifs des enfants issus de milieux défavorisés de toutes les régions du Québec. Et comme la région ne manque pas de milieux défavorisés, on peut dire que c’est une bonne nouvelle pour les enfants vivant dans ces milieux.

Offrir un soutien et des services bonifiés aux enfants en bas âge contribuera certainement à mieux les outiller pour développer leur potentiel et faciliter leur passage à l’école.

Ça favorise, très certainement, l’égalité des chances.