Expérience concluante

La Ville de Trois-Rivières a relevé avec brio le défi de la diffusion de ses assemblées publiques du conseil municipal sur le web et à la télévision locale. La première retransmission d’une séance du conseil a eu lieu mardi et même s’il y a place à des ajustements, il s’agit d’une belle innovation. Même le maire avoue qu’il aime cette expérience, lui qui n’a pas toujours été convaincu de son bien-fondé. C’est tout dire.

C’est vrai qu’une séance publique régulière du conseil municipal, c’est aride. Une fois passée la litanie d’avis de motion et de dérogations mineures à des règlements de zonage, il y a bien quelques résolutions intéressantes qui pourraient, dans certains cas, donner lieu à des discussions en direct. Ça n’a pas été le cas mardi soir, mais ça pourrait l’être éventuellement. Et il y a des soirs où la période de questions s’annoncera sans doute plus palpitante que celle à laquelle on a eu droit pour ce soir de première.

Quoi qu’il en soit, il faut saluer la rapidité et l’efficacité avec lesquelles la Ville a pu mettre en place, avec la collaboration de Cogeco qui a obtenu le contrat à cet effet, la télédiffusion et la webdiffusion des séances du conseil. Une fois qu’on aura réglé les petits problèmes de son et quelques autres légers détails, on pourra dire que c’est une opération pleinement réussie.

Il faut saluer aussi les efforts déployés par la greffière de la Ville, Yolaine Tremblay, pour mettre un peu de pédagogie dans toute cette aventure. Il est vrai que sans aucune explication, on aurait bouclé la séance en dix ou quinze minutes. Heureusement, la greffière – probablement inspirée par son prédécesseur Gilles Poulin qui était un vulgarisateur hors pair – a pu expliquer aux personnes dans la salle et à celles qui écoutaient via le web ou à la télé ce qu’était un second projet de règlement ou dans quel contexte était accordé tel ou tel autre contrat.

Preuve que ce n’est pas trop douloureux de rendre accessibles au public les séances du conseil, le maire Yves Lévesque était comme un poisson dans l’eau dès le début de la séance de mardi. Il a même avoué qu’il aimait l’exercice davantage qu’il le pensait. Son laïus d’introduction, mardi, était de bon ton. Il a même manifesté, avec humour, sa crainte de se retrouver dans les capsules municipales de l’émission Infoman.

On ne sait pas trop si c’est l’effet du printemps, de la diffusion des séances du conseil ou encore celui de la perspective d’une candidature aux prochaines élections provinciales, mais le maire apparaît transformé depuis quelques semaines. Mercredi, en entrevue au FM 106,9, il a souligné le fait que les médias faisaient du bon travail pour aller plus en profondeur dans certains dossiers importants. Rarement avait-on entendu le maire tenir des propos aussi positifs sur le travail des médias. Quelqu’un lui a peut-être fait comprendre, enfin, que malgré le fait qu’il puisse ne pas toujours être content de la couverture ou de certains reportages, c’est un avantage considérable d’être maire d’une ville qui est aussi un carrefour de médias écrits et électroniques important.

Le maire a aussi évité le piège de défendre le vérificateur général par intérim, Claude Cournoyer, qui a finalement été congédié par le conseil municipal mardi soir. Il est légitime de penser que normalement, Yves Lévesque aurait été plus accommodant envers quelqu’un qui claironnait sur la place publique qu’il était un de ses admirateurs.

Mais dans ce cas-ci, précisément, le maire ne pouvait toutefois plus défendre l’indéfendable.