Enfin!

Le conseil municipal de Trois-Rivières a donné le feu vert à la construction d’un nouveau colisée mardi soir. Après une dizaine d’années de valse-hésitation, de tergiversations et de changements d’emplacements, un aréna digne des années 2000 et d’une grande ville verra finalement le jour à Trois-Rivières.

Inauguré en 1938, l’actuel colisée a rendu de fiers services mais ses meilleures années sont derrière lui. Même chose pour les arénas Claude-Mongrain et Jean-Guy-Talbot qui commencent vraiment à être à bout de souffle.

L’arrivée de ce nouveau colisée, prévue en décembre 2019, vient donc non seulement offrir à la région un lot intéressant de nouvelles possibilités (équipe de la LHJMQ, événements sportifs et culturels majeurs), mais cette nouvelle infrastructure dotée de deux patinoires viendra assurément stabiliser l’offre de services pour plusieurs décennies. Et pour ceux qui se demandent si on a besoin d’un colisée avec 4400 places (ce qui est un peu moins que dans les plans originaux), il faut peut-être leur rappeler que Trois-Rivières est une capitale régionale et que ce colisée sera là pour au moins les 50 prochaines années. Donc, aussi bien qu’il soit à la hauteur des normes des années 2000.

Il est également important de rappeler qu’un montant de 26 millions $ provenant du gouvernement du Québec viendra payer la moitié de la facture et que cette subvention ne pouvait être utilisée pour rénover les bâtiments déjà existants. Comment certaines personnes pouvaient sérieusement envisager cracher sur cet argent pour essayer de rafistoler des structures vieillissantes et pratiquement en fin de vie.

Il faut féliciter les conseillers trifluviens qui ont su faire preuve de gros bon sens et qui ont massivement voté en faveur du contrat de 49 288 000 $ octroyé au Groupe TEQ. Les membres du conseil ont ainsi résisté à la tentation d’utiliser le dossier du nouveau colisée pour remâcher de vieilles rancunes envers le maire Yves Lévesque. Bravo! C’est rassurant de constater qu’au-delà des conflits de personnalités et des histoires du passé, les importantes décisions politiques seront prises en toute liberté et honnêteté intellectuelle.

Samedi dernier, l’ex-candidat à la mairie Jean-François Aubin avait bien tenté d’influencer les élus trifluviens à voter contre l’octroi de ce contrat. Dans une lettre ouverte publiée dans Le Nouvelliste, il proposait d’effectuer pas moins d’une demi-douzaine d’études avant de dire officiellement oui au projet. Une attitude qui vient donner raison à ceux qui craignaient que Trois-Rivières sombre dans l’immobilisme avec M. Aubin à la mairie.

Cette sortie de Jean-François Aubin est d’autant plus questionnable que jamais, au cours des quatre dernières années, il ne s’est levé de son siège de conseiller pour exiger ces études. Au contraire, il a pratiquement toujours voté en faveur des résolutions concernant le nouveau colisée. Maintenant que le projet peut aller officiellement de l’avant, il devra trouver un autre cheval de bataille pour essayer de maintenir la bisbille au conseil municipal ou pour mousser sa candidature dans quatre ans. Là où M. Aubin a parfaitement raison, c’est qu’il faut profiter de la construction de ce nouveau colisée pour dresser un portrait des besoins en heures de glace à Trois-Rivières. Cette analyse permettrait de savoir quelles installations existantes il est nécessaire de rénover, à quels prix, et sur combien d’années. Mais une chose est déjà assurée: ce nouveau colisée aura un impact majeur sur l’offre événementiel en région tout en permettant à la jeunesse de chez nous d’avoir accès à un équipement de grande qualité.