En route vers le centenaire

ÉDITORIAL / Votre quotidien régional entre aujourd’hui dans sa centième année d’existence. Et pour s’y rendre, on sait déjà que le chemin sera sinueux et que des obstacles se dresseront sur cette route. Mais l’équipe est plus que jamais déterminée à permettre à ce journal d’atteindre dignement son centenaire, à le célébrer comme il se doit et, surtout, à préparer le trajet pour bien d’autres décennies encore.

Depuis l’annonce de la mise sous protection des tribunaux, le 19 août dernier, les employés du Groupe Capitales Médias – dont fait partie Le Nouvelliste – vivent dans l’insécurité. Notre avenir se joue bien au-dessus de nos têtes. Mais au lieu d’avoir des mines basses, les employés ont décidé de demeurer optimistes et de continuer à faire ce qu’ils font de mieux: sortir un journal chaque jour.

Dans le cas du Nouvelliste, l’équipe est aussi animée par beaucoup de fierté en raison de cette «année du centenaire» qui s’ouvre aujourd’hui.

Cette année sera pour nous l’occasion de démontrer l’importance d’un quotidien régional dans une communauté comme celle de la Mauricie et du Centre-du-Québec. De réaffirmer le caractère essentiel d’une information régionale de qualité. De poursuivre le travail effectué pour informer, renseigner, vulgariser, rappeler à l’ordre, veiller au maintien d’une saine démocratie et souligner les bons coups, quels qu’ils soient.

Les médias régionaux sont souvent le ciment de nos communautés. C’est ce qui les garde tissées serré. C’est ce qui porte leur voix quand elles ont besoin de se faire entendre. Le Nouvelliste entend bien demeurer ce porte-voix des aspirations de sa communauté.

Depuis le 19 août, les témoignages de soutien, de solidarité et d’appréciation envers Le Nouvelliste sont nombreux. Cela fait énormément de bien. Le 4 septembre dernier, au Musée POP, près de 300 personnes de tous les milieux sont spontanément venues nous dire qu’elles tenaient à nous, à leur journal, à l’information régionale. Cette impressionnante vague de solidarité nous fait beaucoup de bien. En fait, c’est ce qui nous garde motivés à faire notre travail du mieux qu’on peut. Parce que ce travail, c’est pour vous qu’on le fait chaque jour.

Mais pour poursuivre la route, nous avons maintenant besoin de vous. En fait, le journal a toujours eu besoin de sa communauté, que ce soit par les abonnements ou la publicité. Cette fois, l’aventure est différente. Et si ça vous tente d’embarquer, c’est en plein le temps.

Il y a quelques semaines, les employés des journaux votaient massivement pour que soient entreprises les démarches visant à former une coopérative de travailleurs actionnaires. Une telle coopérative aurait pu appuyer un acquéreur potentiel pour la poursuite des activités des journaux. Puis, au fil du temps, l’idée s’est transformée pour faire place à un projet encore plus grand: la mise en place d’une coopérative de solidarité pour chacun des journaux. Et ces coopératives présenteront, ensemble, une offre d’achat pour assurer la continuité de l’ensemble du groupe. Quel projet mobilisateur!

Ce projet de coopérative de solidarité regroupe déjà des membres travailleurs, syndiqués et cadres. Mais elle peut aussi regrouper des membres de soutien, soit toute autre personne ou société qui a un intérêt économique, social ou culturel dans l’atteinte de l’objet de la coopérative. En clair, vous pouvez vous engager à coopérer pour votre journal. Vous, mais aussi votre famille, votre entreprise, votre association.

La beauté du modèle coopératif, c’est justement de regrouper un grand nombre de personnes qui croient en un projet et qui le soutiennent non seulement en y contribuant mais en voulant aussi y avoir un mot à dire.

Je fais partie des optimistes qui croient que Le Nouvelliste saura, dans un an, célébrer dignement son centenaire. Et je fais aussi partie de ceux qui sont convaincus que la coopérative de solidarité est un formidable véhicule pour s’y rendre.