Élections: la table est mise

Il y avait une autre odeur que celle des pneus et de l’essence au Grand Prix de Trois-Rivières en fin de semaine. Une forte odeur d’élections provinciales flottait aussi autour du circuit. L’effluve atteignait aussi Shawinigan, où la Coalition avenir Québec tenait un rassemblement impromptu.

Signe que le déclenchement de la campagne électorale est imminent – le 23 août a osé confirmer le premier ministre Philippe Couillard –, les bains de foule se multiplient. Et ce n’est pas un hasard si c’est en Mauricie qu’on risque d’y goûter souvent.

Quand Philippe Couillard se pointe au Grand Prix ou va acheter un livre à la Librairie Poirier, quand François Legault présente son équipe de candidats à Shawinigan, quand même le co-porte-parole de Québec solidaire, Gabriel Nadeau-Dubois, vient aussi se promener dans les paddocks, c’est évidemment pour rencontrer du monde, espérer faire la photo du jour, tâter le pouls des électeurs. Il y a des rendez-vous incontournables; les politiciens l’ont compris.

Il manquait peut-être, dans la région en fin de semaine, le chef ou la vice-chef du Parti québécois. Mais Véronique Hivon était au Festival des montgolfières de Saint-Jean-sur-Richelieu et Jean-François Lisée était aux îles de la Madeleine. Les candidats péquistes dans la région, eux, n’ont pas chômé.

Cela ne fait plus de doute: tout le monde est prêt pour la vraie campagne électorale. Parce que dans les faits, on a l’impression d’être en campagne depuis quelques mois déjà.

Les candidats des principaux partis sont tous – ou presque – désignés dans les cinq circonscriptions desservies par Le Nouvelliste. Il ne manque que des candidats du Parti vert du Québec dans Laviolette–Saint-Maurice, Maskinongé et Nicolet-Bécancour. Dans les deux premiers cas, les candidates qui avaient été trouvées ont finalement retiré leur candidature.

On pourrait dire que c’est «carte pleine» dans deux circonscriptions. Dans Trois-Rivières, le député sortant Jean-Denis Girard tentera de conserver son siège. Il affronte l’avocat Jean Boulet, candidat pour la CAQ, Marie-Claude Camirand (PQ), Valérie Delage (QS) et Adis Simidzija (Vert).

Dans la circonscription de Champlain, qui s’étend maintenant jusqu’à Notre-Dame-de-Montauban, le député Pierre Michel Auger fera face à Sonia Lebel, candidate vedette de la CAQ, mais aussi à Gaétan Leclerc (PQ), Steven Roy Cullen (QS) et Stéphanie Dufresne (Vert).

Dans Laviolette–Saint-Maurice, le libéral Pierre Giguère sollicite un nouveau mandat après avoir vu sa collègue Julie Boulet renoncer à une nouvelle élection dans cette circonscription fusionnée. Il affronte la caquiste Marie-Louise Tardif, la péquiste Jacynthe Bruneau et la solidaire Christine Cardin.

À l’ouest, dans Maskinongé, Marc H. Plante tentera de conserver la circonscription pour le PLQ. Il fera face à Nicole Morin (PQ), Simon Allaire (CAQ) et Simon Piotte (QS).

Enfin, sur la rive sud, Donald Martel (CAQ) sollicite un nouveau mandat dans Nicolet-Bécancour et espère certainement avoir de la compagnie au nord du fleuve. Il affronte la péquiste Lucie Allard, la libérale Marie-Claude Durand et le solidaire François Poisson.

Si on ne devait se fier qu’aux sondages et aux projections de sièges qui en découlent, Donald Martel serait non seulement réélu mais il aurait quatre collègues en Mauricie. Les plus récentes projections de Philippe J. Fournier, sur son blogue Québec125, donnent la CAQ gagnante partout. «CAQ solide» dans Nicolet-Bécancour (53,4 %) Maskinongé (40 %) et dans Champlain (40,8 %). «CAQ probable» dans Trois-Rivières (35,8 %) et «Pivot enclin CAQ» dans Laviolette–Saint-Maurice (36,3 %).

Les dernières données compilées datent toutefois de la fin juin. Et il faut s’attendre à ce que portrait évolue à mesure que seront publiés les différents sondages tout au long de la campagne électorale.

Avec les canicules qui se succèdent, il est évident qu’on n’a pas encore la tête aux élections. Reste à voir si ce sera moins chaud le 1er octobre.

Au propre comme au figuré.