Sonia LeBel

DPJ: Sonia LeBel a raison

«La protection des enfants est un enjeu majeur pour tout le monde.»

La candidate caquiste dans Champlain, Sonia LeBel, a frappé dans le mille, dimanche dernier, en dénonçant que l’enquête de la Commission des droits de la personne sur la DPJ Mauricie-Centre-du-Québec déclenchée il y a presque deux ans ne soit pas encore complétée.

Il est en effet inconcevable d’attendre aussi longtemps quand il est question de l’intégrité de notre jeunesse et il est rassurant d’entendre qu’un éventuel gouvernement caquiste va s’attaquer à cette lourdeur administrative qui met littéralement en péril la sécurité de jeunes enfants souvent démunis et vulnérables.

Rappelons les faits. C’est la juge Marie-Josée Ménard qui a été la première à sonner l’alarme au début de l’année 2017. Elle s’en prenait aux services de la protection de la jeunesse en Mauricie et au Centre-du-Québec en relatant l’histoire de deux frères qui auraient été «abandonnés» dans une famille «toxique». Dans son jugement, la juge indique que la DPJ avait «toléré l’intolérable» et que la situation avait pourtant été signalée à au moins deux reprises par une pédopsychiatre et une gardienne des enfants.

Au mois de décembre dernier, c’était au tour du juge Bruno Langelier d’y aller de sévères critiques à l’endroit de la DPJ Mauricie-Centre-du-Québec. Le juge de la Cour du Québec expliquait alors qu’en raison de délais largement dépassés, il n’avait eu d’autre choix que de remettre un enfant à ses parents biologiques sans même savoir s’ils sont en mesure de s’en occuper adéquatement. Il en a rajouté en émettant «un questionnement sérieux quant au respect des objectifs de la loi et de la célérité avec laquelle la situation d’un jeune doit être traitée pour répondre à son intérêt et au respect de ses droits».

Sonia LeBel a raison: il est carrément inacceptable que l’enquête demandée par la ministre Lucie Charlebois à la suite de ces deux cas graves de négligence n’ait pas encore donné lieu à de sérieuses recommandations à mettre en place le plus rapidement possible. La direction de la DPJ de la Mauricie-Centre-du-Québec assure qu’elle n’a pas attendu les conclusions de l’enquête pour revoir ses façons de faire et les améliorer.

On pourrait croire en cet acte de foi et faire preuve de patience s’il s’agissait d’un cas isolé. Ce qui est loin d’être le cas. Depuis 2013, selon la Commission des droits de la personne et des droits de la jeunesse, des «services déficients» ont été recensés dans 19 situations impliquant 38 enfants supervisés par la DPJ Mauricie-Centre-du-Québec. Il y a donc urgence d’agir.

Étonnant, devant un tel constat, de voir le candidat libéral Pierre Michel Auger condamner la sortie de Mme LeBel. Le député sortant dans Champlain reproche à l’avocate de formation de ne pas respecter le processus d’enquête en cours. Respecter le processus d’une enquête qui dure depuis presque deux ans? Voyons donc! Allez dire ça aux enfants qui se retrouvent pendant ces longs mois en situation précaire qui peut les affecter durant toute leur vie! De toute évidence, M. Auger devra trouver autre chose pour s’attaquer à Sonia LeBel et espérer entacher sa crédibilité.