Yves Lévesque et Alexandre Cusson

Deux projets complémentaires

C'est une belle façon de ramener sur la table le projet de train à grande fréquence de Via Rail. Les maires de Trois-Rivières et de Drummondville ont conjointement fait part de leur appui à ce projet, ce qui vient en quelque sorte dissiper les tensions que certains auraient pu déceler entre les rives nord et sud du fleuve à propos de la desserte ferroviaire.
Le maire de Trois-Rivières, Yves Lévesque, et son homologue drummondvillois, Alexandre Cusson, ont même fait adopter des résolutions à leur conseil municipal respectif lundi soir. Ils demandent, essentiellement, que le Gouvernement du Canada appuie financièrement le projet de train à grande fréquence de Via Rail, et que le Gouvernement du Québec l'inscrive sur la liste des projets d'infrastructures prioritaires pour le Québec. 
C'est ce qui avait été fait pour le Réseau électrique de Montréal (REM) et on a vu la rapidité avec laquelle la participation financière des gouvernements a été annoncée. 
L'objectif derrière cette intervention commune est aussi de réitérer l'importance, pour des villes comme Drummondville et Trois-Rivières, d'être desservies par des trains de passagers. Et même si les intentions de Via Rail concernant son train à grande fréquence ont toujours été portées vers la rive nord et vers un arrêt à Trois-Rivières, Drummondville ne veut pas manquer de rappeler qu'une augmentation de la fréquence des trains existants sur la rive sud est nécessaire. 
En ce sens, Drummondville pourrait y trouver son compte et devenir une plaque tournante du transport ferroviaire interurbain, particulièrement dans le bassin formé par les villes de Sherbrooke, Saint-Hyacinthe, Victoriaville, de même que Montréal et Québec.
La Chambre de commerce et d'industrie de Drummond avait déjà annoncé son appui au projet de train à grande fréquence et son intention de ne pas poursuivre la «lutte» pour mousser le choix de la rive sud. Le Centre-du-Québec a vite fait le constat que la grande fréquence, c'était pour la rive nord. 
Il y avait dans cette position de la Chambre de commerce une lucidité que les acteurs politiques n'avaient pas encore publiquement exprimée.
En août 2016, celui qui était président de la Chambre avait indiqué que «si nous continuons d'être divisés sur ce sujet, le gouvernement fédéral, qui a des milliards de dollars à investir dans les modes de transport en commun au Canada, pourrait tout aussi bien décider de se retirer et de favoriser d'autres projets ailleurs».
Il était alors essentiel, selon lui, de mettre les efforts à un endroit stratégique, notamment pour avoir un effet collatéral qui ferait de Drummondville une plaque tournante pour les trains de passagers.
C'est un peu ce message qu'ont voulu envoyer les maires Cusson et Lévesque lundi.
Parce que le projet est encore réel et qu'il doit reprendre un peu de vigueur, mais surtout parce qu'on doit constamment rappeler aux gouvernements que les régions sont là, elles aussi. Dans les circonstances, les voix d'Yves Lévesque et d'Alexandre Cusson ont certainement un poids considérable, surtout lorsqu'on les fait résonner ensemble.
L'histoire ne dit pas si le maire Cusson, premier vice-président de l'Union des municipalités du Québec, a profité de son passage à l'hôtel de ville trifluvien pour tenter de convaincre son homologue de ramener Trois-Rivières à la table de l'UMQ.
Ça aussi, il serait temps que ça se règle. Le boudage a assez duré.