Des yeux et des caméras?

ÉDITORIAL / Ce n’est certainement pas la première fois que les installations récréatives de Trois-Rivières sont la cible de vandales. Mais il est moins fréquent que la Ville et la Direction de la police lancent un appel conjoint à la population pour que celle-ci ouvre l’œil. Le problème est suffisamment sérieux pour qu’on demande aux citoyens de collaborer afin, espère-t-on, d’enrayer le problème.

Depuis le début de l’été, des parcs de Trois-Rivières sont devenus des cibles de choix pour les vandales. Il suffit de voir les photos des installations sanitaires, du mobilier urbain, des bâtiments de service ou des toilettes mobiles pour constater l’ampleur des actes de vandalisme commis cette année.

La Ville estime à plus de 80 000 $ les coûts de réparation et d’entretien qu’ont entraîné les élans destructeurs des vandales cette année. Le problème, c’est que l’été n’est pas fini. Si la tendance se maintient, on dépassera certainement le montant de 131 000 $ de dommages enregistré l’année dernière.

On s’entend que sur un budget annuel de 275 millions $, c’est peu. Mais c’est trop.

On ne comprendra jamais ce qui pousse des individus à s’en prendre à la propriété d’autrui ou aux installations de la Ville. Casser une toilette et un lavabo par plaisir ou par défi, par exemple, dépasse l’entendement. Mais de tels actes existent depuis des lunes. Et les individus qui les commettent semblent malheureusement se reproduire.

Que peut donc faire la Ville pour tenter de freiner les élans des vandales ou des graffiteurs? Lancer un appel aux citoyens pour que ceux-ci signalent des activités de ce genre est une bonne idée. Encore faut-il que les citoyens embarquent. Ce n’est pas tout le monde qui aime que son nom et ses coordonnées se retrouvent dans un dossier de plainte pour vandalisme.

Cette initiative de la Ville de Trois-Rivières s’ajoute à des outils dont elle dispose déjà. La brigade de patrouille des parcs (ImParcs) peut certainement décourager certains malfaiteurs mais elle ne peut pas être partout, tout le temps. Il y a plus de 150 parcs sur le territoire de la ville. Il y a aussi le programme de surveillance de quartier ou encore la Vélo-patrouille qui peuvent être efficaces. Et il y a la police, qui a bien souvent d’autres chats à fouetter que d’attendre que «Snipe» fasse un graffiti.

On n’a d’ailleurs aucune idée de qui peut être ce «Snipe», mais depuis quelques semaines, son tag apparaît un peu partout. Sur des bâtiments municipaux, mais aussi sur des résidences privées.

Même si la mesure pourrait s’avérer coûteuse, la Ville de Trois-Rivières devrait envisager de doter certains parcs de caméras de surveillance. Il y a quelques mois, la police de Trois-Rivières souhaitait constituer un registre des caméras de surveillance privées pour faciliter son travail d’enquête. Déjà, on a recensé près de 800 adresses où des caméras avec vue sur la voie publique sont en fonction. Avec ces caméras commerciales ou résidentielles, un réseau de caméras de surveillance municipal pourrait certainement avoir un effet dissuasif chez ceux qui commettent des actes de vandalisme.

C’est triste de devoir en arriver là, mais si cela peut diminuer le nombre d’actes de vandalisme et par conséquent diminuer le coût annuel de nettoyage et de réparations, il faudra l’envisager. Beaucoup de villes le font déjà. Et cela pourrait aussi avoir un avantage collatéral, celui d’augmenter le sentiment de sécurité de la population.