Des signes encourageants

Se pourrait-il que le lock-out à l’Aluminerie de Bécancour soit bientôt chose du passé? Chose certaine, les choses bougent depuis quelques jours et l’espoir semble revenir non seulement chez les employés en lock-out mais aussi dans toute la communauté. Presque treize mois de conflit, c’est déjà trop.

Difficile de savoir ce qui se dit ces jours-ci à la table des négociations mais l’heure est certainement aux compromis. De part et d’autre. La survie de l’usine dépend très certainement de la capacité du syndicat autant que de la partie patronale de mettre de l’eau dans leur vin. Bien des analystes en ont fait la démonstration.

Les plus récents signaux envoyés par l’employeur démontrent une volonté d’apporter des changements dans l’organisation du travail qui rendraient l’usine de Bécancour plus compétitive et mieux adaptée aux défis de l’industrie. Il faut évidemment sous-entendre, ici, qu’il y a une volonté de la maintenir en activité.

Il n’était pas banal de voir, plus tôt cette semaine, Alcoa publier cinq offres d’emploi à son usine de Bécancour. S’il était certes curieux de voir un employeur afficher ainsi cinq postes – dont quatre de cadres – alors que les employés de l’usine sont toujours en lock-out, il fallait lire les compétences requises pour se rendre compte qu’il y avait là d’autres signaux envoyés subtilement.

Quatre de ces offres spécifiaient que le candidat recherché devait être un «agent de changement en matière de culture de relations de travail et d’organisation de travail». Déjà, depuis le début du lock-out, l’employeur a procédé à des changements dans l’usine, changements qui laissent présager une réorganisation du travail. On cherche certainement à s’assurer que les candidats recrutés seront en mesure de s’adapter à cette volonté et à faire en sorte que la transition, si on peut parler ainsi, s’opère bien avec les employés.

Petit détail non négligeable dans cet affichage de postes: la date limite pour postuler est fixée au 19 février et l’entrée en fonction, semble-t-il, est prévue pour le mois d’avril.

Autre signe que ça négocie ferme ces jours-ci: l’absence des membres de l’exécutif syndical jeudi sur la ligne de piquetage pour la visite d’appui d’une centaine de représentants de la Centrale des syndicats du Québec. On devine que si les négociations avancent à bon rythme, les membres de l’exécutif doivent être sollicités par leurs représentants à la table. C’est sans doute bon signe.

Les parties se sont rendues disponibles jusqu’à dimanche pour ce blitz de négociations. Ça tombe bien, puisque les syndiqués étaient déjà convoqués mardi prochain pour une assemblée générale d’information. Ils auront, à ce moment, l’heure juste sur les résultats de ce qui se passe présentement. Les optimistes y voient même une possibilité de vote sur une proposition.

Difficile de dire ce qui a pu faire en sorte qu’on avance enfin dans ce dossier. La divulgation, il y a deux semaines, des résultats financiers d’Alcoa pour le quatrième trimestre et pour l’année 2017, avec les conséquences inévitables sur le cours de l’action en bourse, n’y est peut-être pas complètement étrangère. Inévitablement, cela crée une pression chez les dirigeants de la compagnie. Et cela peut avoir des répercussions jusque dans les relations de travail et les négociations en cours.

Il est possible, aussi, que les parties aient décidé de faire montre de bonne volonté, un ingrédient qui semblait se faire rare depuis les treize derniers mois.

Ou peut-être, comme le soulignait le maire de Bécancour, Jean-Guy Dubois, que la reprise des négociations et l’intensification de celles-ci sont simplement dues aux effets pleinement ressentis de l’usure. Après presque treize mois de lock-out, il serait normal que la raison reprenne le dessus sur l’entêtement.

C’est ce que souhaite présentement une région entière.