Martin Francoeur

Des renforts qui tombent à point

ÉDITORIAL / Un peu d’air frais souffle ces jours-ci sur les vingt-sept établissements de soins de longue durée sous la responsabilité du CIUSSS de la Mauricie-et-du-Centre-du-Québec.

Un peu plus de 358 étudiants qui suivent la formation accélérée pour devenir préposés aux bénéficiaires entrent en stage pratique dans l’un ou l’autre de ces CHSLD. De quoi donner un peu de répit au personnel en place, fortement sollicité depuis le début de la crise de la COVID-19.

Officiellement, les étudiants de tous âges qui suivent cette formation sont en stage depuis mardi, après un mois de formation théorique intensive. Ce programme accéléré, d’une durée de trois mois au total, permettra à une nouvelle et importante cohorte de personnel d’aller prêter main-forte dans les CHSLD.

C’est dans ces établissements, particulièrement à Laflèche, Cloutier-du Rivage, Mgr Paquin et Saint-Joseph, que la COVID-19 a frappé le plus fort dans la région. Plus de la moitié (121) des 211 décès recensés dans la région sont survenus dans ces quatre CHSLD.

Il va sans dire que l’arrivée de 358 nouvelles paires de bras, avec autant de sourires réconfortants, est une bénédiction pour les établissements, surtout dans le contexte actuel. Avant la pandémie, les besoins se chiffraient à environ 300 préposés pour l’ensemble du territoire du CIUSSS-MCQ et bon an mal an, on arrivait à en recruter entre 150 et 200 annuellement.

La crise de la COVID-19 a révélé des problèmes de main-d’œuvre dans les établissements de soins de longue durée, tant en ce qui a trait au nombre de préposés qu’à la gestion de l’effectif et des horaires. La mobilité du personnel qui a soulevé d’importantes préoccupations pourrait bien être la cause de certaines éclosions dans des CHSLD.

Ces jours-ci, la première cohorte d’étudiants issus de la formation accélérée sera prise en charge par le personnel en poste dans les différents établissements. Les préposés voient leur salaire bonifié d’une maigre prime de 5 $ par quart de travail pour superviser des stagiaires. Souhaitons qu’il s’agisse essentiellement d’observation puisque les préposés en poste sont déjà surchargés par les tâches habituelles qui leur sont dévolues.

Il faudra voir, une fois passée la période de travail sur le terrain, quel sera le taux de rétention de ces préposés formés en accéléré. Pendant leur formation, les étudiants reçoivent une bourse d’études de 760 $ par semaine, ce qui était certainement un facteur attrayant pour au moins suivre la formation.

L’autre défi majeur sera d’intégrer efficacement et diligemment les étudiants qui auront terminé avec succès la formation théorique et le stage en milieu de travail. Un tel afflux de personnel ne se produit pas fréquemment dans le réseau de la santé et il importe de bien faire les choses pour ne pas décourager les nouveaux arrivants et ne pas frustrer les titulaires de postes actuels.

Malgré ces enjeux de ressources humaines, l’arrivée attendue de ces nouveaux préposés devrait permettre, enfin, de réduire la pression sur les équipes en place, d’atténuer la mobilité de personnel, de permettre aux employés de prendre des congés et des vacances auxquels ils ont droit et de stabiliser les horaires de travail.

C’est aussi une mesure qui, quoique coûteuse, pourrait trouver toute sa justification dans l’éventualité d’une deuxième vague de COVID-19.