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Martin Francoeur
Le Nouvelliste
Martin Francoeur

Des personnalités inspirantes

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ÉDITORIAL / Il y a des années où le choix d’une personnalité de l’année par l’équipe éditoriale du Nouvelliste suscite de vives discussions et donne lieu à des plaidoyers vibrants en faveur de l’une ou l’autre des suggestions. Il est même arrivé qu’on ne puisse trancher et qu’on coiffe du titre de personnalité de l’année deux personnes, ex æquo. Mais cette année, pas de divergences. Une rare unanimité et une situation hors du commun: la personnalité de l’année dans la région prend des milliers de visages.

Sans hésiter, le choix s’est porté sur les travailleuses et travailleurs du réseau de la santé. Ils sont plus de 18 000 en Mauricie et au Centre-du-Québec, allant des infirmières et des médecins jusqu’aux préposés à l’entretien, en passant par les préposés aux bénéficiaires, les ambulanciers, les gestionnaires, les employés de soutien et tous les autres maillons de cette chaîne dont on a pu apprécier le caractère indispensable en 2020.

On savait que plusieurs membres du personnel du réseau de la santé étaient déjà à bout de souffle, multipliant les quarts de travail en temps supplémentaire ou remplaçant au pied levé des collègues absents. Mais la pandémie de COVID-19 a mis en lumière la profonde humanité de la plupart de ces hommes et de ces femmes et surtout leur conscience professionnelle qui les conduit, bien souvent, à en faire toujours un peu plus pour livrer ce combat hors du commun.

Rapidement, on a dit d’eux qu’ils étaient «au front». On a vu s’organiser des manifestations de solidarité à leur égard. On les a entendus crier leur détresse, leur inquiétude, mais on les a aussi vus faire preuve de courage et de résilience. On a salué leur débrouillardise, leur engagement et leur formidable capacité d’adaptation. Avec raison.

La pandémie, avec ses impacts dans les établissements de soins, est venue révéler les conséquences des investissements insuffisants dans le réseau de la santé au cours des dernières décennies. Et plus particulièrement les conditions de travail et le traitement inadéquats de plusieurs catégories de travailleuses et de travailleurs. Rapidement, le premier ministre Legault a annoncé des ajustements, des primes, des formations accélérées pour envoyer des renforts.

Il est tout de même triste qu’on ait dû attendre une pandémie pour reconnaître la valeur du travail des femmes et des hommes qui portent le réseau de la santé à bout de bras. C’était la moindre des choses de leur rendre hommage en cette année d’exception.

Sur le plan sportif, le titre de personnalité de l’année du Nouvelliste est attribué à Victoria Lachance. Et il y a dans cet hommage beaucoup plus qu’une reconnaissance des performances purement sportives.

Victoria Lachance a fait tomber des barrières qu’on pensait indestructibles dans le monde du sport. Elle est devenue la première joueuse de baseball transgenre à rejoindre la Ligue de baseball junior élite du Québec, devenant même lanceuse partante pour les Aigles junior en pleines séries éliminatoires. L’histoire de Victoria Lachance est un tour de force sur le plan de l’intégration. Le monde du sport est souvent étiqueté comme étant hermétique ou conservateur sur les questions liées à l’orientation sexuelle ou à l’identité de genre. Trouver le moyen d’y faire sa place et de s’y accomplir pleinement en affirmant sa différence et en ouvrant l’esprit de plusieurs est certainement digne de mention.

Enfin, dans le monde de la culture, c’est Jean-François Blais qui hérite du titre de personnalité de l’année du Nouvelliste. Le Louisevillois d’origine, connu comme réalisateur pour la télévision, s’est révélé être un formidable concepteur de spectacle. C’est à lui qu’on doit celui de la fête nationale, présenté depuis l’Amphithéâtre Cogeco et qui a donné à Trois-Rivières une visibilité hors du commun en pleine période de pandémie.

Si le choix de Jean-François Blais apparaît évident quand on regarde la qualité du spectacle et les images grandioses qui l’enrobaient, il l’est tout autant pour le rôle d’ambassadeur qu’il a ainsi joué: pour sa Mauricie d’abord, mais aussi pour tous ces artistes et artisans du monde du spectacle, que la pandémie a mis en congé forcé.