Des nouvelles encourageantes

ÉDITORIAL / La publication, par l’Institut de la statistique du Québec (ISQ), des plus récents bulletins statistiques régionaux, révèle quelques signes encourageants pour la Mauricie et le Centre-du-Québec, souvent aux prises avec des données désavantageuses sur le plan démographique ou sur le plan économique. Le revenu d’emploi médian et le revenu disponible par habitant, par exemple, font un bond non négligeable.

En Mauricie, le revenu d’emploi médian des 25-64 ans se situait, selon les dernières données recensées par l’ISQ, à 36 808 $. C’est encore parmi les plus bas au Québec – la Mauricie est au 15e rang sur 17 régions administratives – mais c’est la région où on a observé la plus forte augmentation entre 2016 et 2017, à 4,9 %. C’est considérable.

À titre comparatif, le revenu d’emploi médian pour l’ensemble du Québec était de 41 125 %. Dans la région, c’est à Trois-Rivières qu’il est le plus élevé à 39 106 $ et c’est dans Mékinac qu’il est le plus bas, à 30 928 $.

Au Centre-du-Québec, le revenu d’emploi médian était de 37 808 $, avec une pointe supérieure dans la MRC de Drummond (38 533 $) et inférieure dans la MRC de L’Érable (35 703 $). Le Centre-du-Québec, au 14e rang québécois, devance tout juste la Mauricie et se distingue des autres régions par le niveau de revenu d’emploi médian relativement homogène de ses MRC. L’augmentation, entre 2016 et 2017, était de 4,1 %.

Lorsqu’on s’intéresse au revenu disponible par habitant, celui-ci est de 26 943 $ en Mauricie, ce qui la place au 16e rang, tout juste devant le Nord-du-Québec. C’est moins reluisant, certes, mais à ce chapitre également, la variation (+ 4 %) entre 2017 et 2016, est une des plus fortes au Québec. Au Centre-du-Québec, le revenu disponible par habitant est de 26 514 $, avec une augmentation de 4,4 %.

De telles données économiques sont étroitement liées au profil démographique des régions. En Mauricie, où l’on comptait 269 332 habitants en 2018, la croissance démographique (+ 4,3 %) est inférieure à celle du Québec (+ 9,9 %). Au Centre-du-Québec, le taux d’accroissement annuel moyen est de 8,1 %. Dans les deux régions, la population est nettement plus âgée que celle de l’ensemble du Québec. En Mauricie, par exemple, les 65 ans et plus représentent le quart de la population (24,6 %) alors que les moins de 20 ans ne représentent que 17,9 %.

Cette structure démographique a aussi des répercussions sur les données concernant l’emploi. Le nombre de personnes considérées comme étant d’âge actif ne cesse de diminuer, ce qui entraîne la baisse du taux de chômage qu’on observe depuis plusieurs mois. Celui-ci, en 2018, se situait à 5,1 %, une baisse de 3,6 points par rapport à 2016. Le nombre d’emplois disponibles n’a que très peu varié entre 2008 et 2018, se situant maintenant à 119 000. On n’a qu’à regarder le taux d’emploi, à 52 ,7 % pour constater qu’il est beaucoup plus bas que la moyenne provinciale (61 %). Au Centre-du-Québec, le taux d’emploi est de 57,6 %.

Il est toujours difficile de comprendre pourquoi des régions centrales comme la Mauricie et le Centre-du-Québec ont autant de difficulté à se sortir de ces statistiques peu réjouissantes. On dirait que la Mauricie peine à se débarrasser de l’étiquette de région mono-industrielle, moribonde et pauvre.

Heureusement qu’il y a certains signes qui laissent entrevoir une embellie, parce qu’autrement, il pourrait devenir tentant de jeter l’éponge. Les élus, les commissaires industriels, les intervenants des organismes socio-économiques, les établissements d’enseignement et les propriétaires d’entreprises multiplient les efforts pour renverser la tendance et on se demande bien où serait la région sans un tel acharnement.

Changer un tel profil sociodémographique et économique, c’est un travail de longue haleine. Il n’y a pas de gestes anodins. Il faut juste une bonne dose de résilience et un appui des gouvernements provincial et fédéral. Là-dessus, on observe qu’il y a souvent des rendez-vous manqués. Hélas!