Les candidats à la mairie de Trois-Rivières, Jean-François Aubin, Éric Lord, Jean Lamarche et Pierre-Benoît Fortin.

Des gros défis à l’horizon

Soyons honnêtes. Les candidats impliqués dans la course à la mairie de Trois-Rivières peuvent dire mission accomplie. Les idées ont été nombreuses, les débats musclés mais civilisés. Résultat: les électeurs qui iront voter dimanche ont tout entre les mains pour faire un choix éclairé.

Dans les circonstances, on le répète, le meilleur prochain maire sera celui qui saura embarquer dans un train déjà en marche sans pour autant perdre pied et se dénaturer. Des projets sont sur la table, les personnalités (et les préférences) sont connues et une philosophie est déjà établie. Le successeur d’Yves Lévesque aura l’immense défi d’intégrer ses idées et son mode de gestion à cette équipe en place depuis plusieurs mois.

Mais peu importe celui qui sortira gagnant de cette élection historique, il faut assurément prévoir quelques accrochages dès les premières rencontres avec les conseillers. À la lumière des promesses émises ici et là tout au long de la campagne, il semble évident que certains dossiers chauds se retrouveront au centre d’intenses discussions.

Tous les candidats se sont engagés à ne pas augmenter le salaire des élus trifluviens jusqu’aux prochaines élections. Voilà une idée qui ne passera pas comme une lettre à la poste auprès des conseillers majoritairement en faveur de cette augmentation. De son côté, Jean Lamarche a crié haut et fort que les parcomètres au centre-ville devaient rester gratuits les jeudis et vendredis soir, ainsi que le samedi. L’actuel conseil voit les choses autrement. D’autres belles petites discussions sont à prévoir sur la question. Vision zéro, l’étalement du paiement des taxes et les tarifs supralocaux sont également des dossiers qui ont suscité des positions divergentes et qui risquent de faire des flammèches à l’hôtel de ville après le 5 mai.

Surtout que ce n’est pas le départ d’Yves Lévesque qui est venu, comme plusieurs le souhaitaient, réduire les tensions à l’hôtel de ville. Visiblement, la volonté d’avoir des voix fortes autour de la table du conseil est un couteau à double tranchant. Il n’y rien de mal à avoir des conseillers qui ont des idées, de l’ambition et des fortes personnalités. Il faut juste un bon chef d’orchestre pour avoir une ligne directrice logique et dénuée de considérations personnelles.

Les premières semaines seront donc chargées pour le nouveau maire de Trois-Rivières. Et pour en ajouter une couche, celui-ci devra rapidement se mettre à l’ouvrage pour profiter des élections fédérales afin de faire avancer des dossiers importants pour la ville. Le train à grande fréquence, le développement du port et de l’aéroport de Trois-Rivières ainsi que l’éternel dossier de la pyrrhotite se retrouveront en haut de la liste. Un beau défi pour un maire tout neuf qui, de toute évidence, devra négocier avec un certain candidat conservateur... Yves Lévesque! Soit dit en passant, le site de projections électorales 338Canada donnait les conservateurs gagnants dans Trois-Rivières cette semaine. Voilà une éventualité qui pourrait créer une bien drôle d’atmosphère politique régionale pour les prochaines années.

Ajoutez à tout cela des projets incontournables comme l’amélioration du transport en commun et du réseau cyclable, la saine gestion du nouveau colisée et la poursuite du développement économique dans une approche plus environnementale et vous avez beaucoup de pain sur la planche pour le prochain maire. Tous les candidats (enfin presque) ont démontré qu’ils avaient la stature pour relever le défi. En fait, le prochain patron de Trois-Rivières n’aura pas le choix de rapidement montrer sa valeur puisque dans à peine deux ans une autre campagne sera lancée et son bilan sera déjà sous la loupe des observateurs.

Le reste de l’histoire est maintenant dans les mains des citoyens. Les derniers jours n’ont pas été de tout repos pour les candidats. Il faut d’ailleurs saluer l’implication de chacun d’eux. Au-delà du résultat, cette volonté de faire progresser une ville est à la fois louable et digne de mention. Espérons maintenant que le taux de participation de dimanche sera à la hauteur de tous ces vaillants efforts.