Le site de l'ancienne usine Belgo.

Décontamination: le sens du timing

Les élus de Shawinigan ont le sens du timing. Quelques semaines seulement après la formation du nouveau gouvernement de la Coalition avenir Québec, ils se disent maintenant prêts à poursuivre le travail devant mener à la décontamination et à la réhabilitation des terrains contaminés. Ça tombe bien: François Legault avait eu la délicatesse, en campagne électorale, de parler d’une situation particulière en Mauricie concernant les sols contaminés.

Deux ans après avoir appliqué les freins sur ses projets de décontamination, voilà que le conseil municipal de Shawinigan vient d’adopter un plan global de réhabilitation des terrains contaminés. Du même coup, il demande au gouvernement du Québec d’instaurer un fonds spécial dédié à la Ville de Shawinigan afin d’assurer sa mise en œuvre.

En pleine campagne électorale, François Legault participait à une entrevue éditoriale au Nouvelliste. Au cours de cette entrevue, il avait sorti un lapin de son chapeau en s’engageant à créer un fonds spécial de dix millions de dollars pour décontaminer les terrains à Trois-Rivières et Shawinigan. Il justifiait cette intervention par le fait que le passé industriel de la région a laissé des traces dans le paysage urbain.

On sentait alors que Shawinigan avait été ajoutée à la dernière minute dans cette annonce concoctée spécialement pour cet autre passage du chef caquiste dans la région. Mais qu’à cela ne tienne: François Legault en faisait un engagement et voulait confier à Investissement Québec la responsabilité de ce fonds.

Quand on regarde l’inventaire des terrains contaminés dans la région, on se rend compte que 10 millions $ c’est bien peu. Mais le principe d’une aide gouvernementale autre que celle prévue aux programmes normés à l’excès est intéressant parce qu’il vient enfin donner des pistes de solutions face à la difficulté d’application du principe du pollueur-payeur.

Les villes et les municipalités sont les mieux placées pour savoir ce qu’elles souhaitent faire pour remettre en valeur des terrains marqués au fer rouge par le passage d’industries polluantes ou par la vocation même de ces emplacements. Shawinigan compte toujours 72 inscriptions au répertoire des terrains contaminés du ministère de l’Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques, ce qui fait dire au maire Michel Angers que la décontamination représenterait des coûts de plus de 50 millions $.

Il est évident qu’une ville comme Shawinigan ne peut assumer seule de tels coûts.

Dans sa volonté d’aller de l’avant avec de nouveaux projets de nettoyage, le maire Angers pourra, semble-t-il, compter sur une alliée. Alors qu’elle était en campagne électorale, la nouvelle députée caquiste de Laviolette–Saint-Maurice, Marie-Louise Tardif, s’était engagée à faire du traitement des terrains contaminés une priorité.

Elle avait insisté sur le fait que le gouvernement devait agir pour soutenir les autorités locales dans la reconversion de terrains contaminés, allant jusqu’à s’engager à «revoir le fonctionnement du ministère de l’Environnement».

Ça, ce n’est pas une mince tâche. Mais dans le discours qu’il a prononcé lors de l’assermentation du conseil des ministres, François Legault avait insisté sur l’efficacité et sur l’ouverture. Il a demandé à ses lieutenants de faire montre de «bon sens» dans les dossiers dont ils s’occuperont.

Justement, le traitement de la demande de Shawinigan concernant ses projets de décontamination pourrait être un bon test.