Valérie Renaud-Martin

De dauphine à adversaire

ÉDITORIAL / Le moins qu’on puisse dire, c’est que la campagne électorale fédérale dans Trois-Rivières sera tout sauf ennuyante.

Si elle devient officiellement candidate libérale, la conseillère municipale Valérie Renaud-Martin croiserait alors le fer avec, entre autres, celui qui l’avait pratiquement désignée comme sa dauphine pour lui succéder à la mairie de Trois-Rivières. Et la lutte s’annonce déjà féroce.

Le nom de Valérie Renaud-Martin circulait déjà depuis quelques mois dans les rangs libéraux. La principale intéressée a choisi de confirmer sa candidature à l’investiture libérale par voie d’un simple communiqué, ce qui est tout de même étonnant pour un parti qui mène encore dans les sondages concernant les intentions de vote, du moins au Québec.

Valérie Renaud-Martin a été élue conseillère du district des Carrefours, à Trois-Rivières, lors de l’élection de novembre 2017. Déjà lors de l’annonce de la démission du maire Yves Lévesque, en décembre dernier, son nom avait aussi circulé pour une possible candidature à la mairie. Elle avait toutefois décidé de passer son tour.

En fait, son nom avait circulé bien avant. L’ex-maire Yves Lévesque, qui envisageait déjà une candidature conservatrice en avril 2018, l’avait pratiquement désignée comme sa dauphine à la mairie. Sans la nommer, il disait avoir identifié autour de la table du conseil celle qui pourrait le remplacer s’il était élu député fédéral.

Il y a certainement un peu d’ironie dans la possibilité de la voir croiser le fer avec Yves Lévesque dans la course pour le siège de député de Trois-Rivières à la Chambre des Communes. Elle aurait été encouragée, entre autres, par quelques partisans et organisateurs qui étaient auparavant fidèles à Yves Lévesque dans ses courses à la mairie. Il ne serait pas étonnant que l’ex-maire lui-même soit satisfait de cette candidature. Il sait à qui il a affaire.

Si elle se confirme à l’investiture, la candidature de Valérie Renaud-Martin viendrait compléter le carré d’as des principaux partis pour la course dans Trois-Rivières. Idem pour Louise Charbonneau qui doit aussi passer par le processus d’investiture pour le Bloc québécois.

Actuellement, le site de compilation de sondages et de projections électorales 338canada.com donne Trois-Rivières aux conservateurs par une mince marge. En date du 30 juin dernier, le parti d’Andrew Scheer, représenté par Yves Lévesque, obtiendrait 29,5 % des voix dans Trois-Rivières, contre 29,2 % pour les libéraux qui étaient alors sans candidat connu. Le Bloc québécois recueillerait 16,2 %, tandis que le député néo-démocrate sortant, Robert Aubin, obtiendrait 13,1 % des voix. C’est un peu plus que le Parti vert, qui en recueillerait 10 %.

Le vote en faveur de Robert Aubin est peut-être légèrement sous-estimé. Et si le Bloc poursuit sa remontée, cela pourrait donner une réelle course à quatre dans Trois-Rivières.

Valérie Renaud-Martin fait le pari que le Parti libéral de Justin Trudeau, même s’il a été doublé par les conservateurs dans les intentions de vote à l’échelle nationale, demeure favori au Québec. Louise Charbonneau – si elle est confirmée comme candidate bloquiste – profiterait sans doute de la performance de son chef Yves-François Blanchet qui pourrait briller en campagne électorale.

Fort de ses deux mandats et plus populaire que la plupart de ses collègues québécois du NPD – à l’exception de sa voisine de circonscription, Ruth Ellen Brosseau –, Robert Aubin jouira peut-être d’une prime à l’urne. Yves Lévesque est un candidat redoutable et aguerri qui semble maintenant en pleine possession de ses moyens. Il fait figure de candidat vedette pour les conservateurs, un parti qui n’a toutefois plus d’ancrage profond dans une région comme celle de Trois-Rivières. Yves Lévesque jouit toutefois d’un bon bassin de partisans qui sont disposés à lui demeurer fidèles, peu importe son allégeance politique.

Assurément, la circonscription de Trois-Rivières sera certainement un des points chauds de l’élection d’octobre prochain.