Alexandre Cusson

Cusson et le PLQ: un défi sur mesure

ÉDITORIAL — Si des rumeurs circulaient depuis quelques semaines, voire quelques mois, concernant une candidature possible d’Alexandre Cusson à la direction du Parti libéral du Québec, voilà qu’elles viennent certainement de s’intensifier d’un cran. Le maire de Drummondville quitte ses fonctions de président de l’Union des municipalités du Québec, poste qu’il occupait depuis 2017. Il est peut-être le candidat dont le PLQ a besoin pour reconquérir les régions.

Jusqu’à tout récemment, le maire de Drummondville laissait circuler les rumeurs le concernant. Mais cette démission comme président de l’UMQ signifie certainement qu’il souhaite approfondir sa réflexion sans que cette distraction porte ombrage à l’organisme.

Qui plus est, Alexandre Cusson a récemment pris sa carte de membre du Parti libéral du Québec. De cette façon, il pourra être présent au congrès prévu à Sherbrooke les 23 et 24 novembre prochains, événement qui doit marquer le coup d’envoi officiel de la course à la direction du parti.

Jusqu’à maintenant, seule la députée de Saint-Henri–Sainte-Anne, Dominique Anglade, a annoncé sa candidature pour devenir la prochaine chef du Parti libéral. Elle avait d’ailleurs choisi de faire son annonce officielle à Shawinigan, histoire de marquer une volonté de tendre la main aux régions qui ont complètement boudé le PLQ aux élections d’octobre 2018. Les deux seuls députés libéraux à l’est de Montréal, Philippe Couillard et Sébastien Proulx, ont tous deux quitté leurs fonctions depuis.

À moins d’une surprise qui permettrait aux libéraux de conserver Jean-Talon, dans la région de Québec, la députation libérale se concentre dans la région métropolitaine (Montréal, Laval, Montérégie) et, dans une moindre mesure, en Outaouais. Le PLQ a un sérieux travail de reconstruction à faire. Il faut un sérieux examen de conscience, une tournée, des propositions intéressantes, des candidatures solides. Le travail est colossal.

Le fait de voir poindre une candidature provenant des régions devient donc certainement un outil de choix pour le Parti libéral. Cela enverrait, en tout cas, un meilleur message que d’avoir une course à la direction entièrement montréalaise. Ou pire encore, d’avoir un couronnement.

Une vraie course à la direction viendrait certainement redonner de la visibilité au Parti libéral qui en manque cruellement même malgré son statut d’opposition officielle. Qu’on le veuille ou non, une course à la direction donne de la présence médiatique, soulève des débats d’idées et permet incidemment de faire adhérer de nouveaux membres.

Il se trouve certainement plusieurs organisateurs libéraux qui souhaitent une telle course pour repartir à la conquête des régions et pour donner un nouvel élan au parti. Il semble d’ailleurs qu’Alexandre Cusson faisait l’objet de sollicitations insistantes de la part de ténors libéraux. S’il y a un risque, pour lui, ce serait justement d’être identifié ou associé à cette «vieille garde» ou à cet «establishment» alors que le parti vise un renouvellement d’image.

Parce que mis à part cela, la candidature d’Alexandre Cusson en est assurément une de choix. Le parcours de cet ancien directeur d’école secondaire devenu maire de Drummondville est sans faille. Élu avec une écrasante majorité en 2013 à Drummondville, où il s’était surtout fait connaître comme président du Mondial des cultures, il a été réélu sans opposition en 2017. Arrivé au conseil d’administration de l’UMQ en 2014 puis au comité exécutif en 2015, il occupait le poste de président depuis deux ans. C’est lui qui a dû mener la plus récente bataille concernant le pacte fiscal des municipalités avec le gouvernement du Québec. L’homme est hautement respecté au sein de la classe politique municipale.

En attendant de voir si d’autres aspirants se pointeront, il serait souhaitable de voir quelqu’un comme Alexandre Cusson se lancer dans la course. Cela enverrait certainement le message qu’il est encore possible, pour le Parti libéral, d’attirer des candidatures prestigieuses en dehors du cercle de ses députés et militants.