Le nouveau colisée de Trois-Rivières n’est même pas encore inauguré qu’il commence déjà à donner des maux de tête au conseil de ville.

Colisée: qui dit vrai?

ÉDITORIAL / Le nouveau colisée de Trois-Rivières n’est même pas encore inauguré qu’il commence déjà à donner des maux de tête au conseil de ville. Qui occupera le nouvel amphithéâtre? Les conseillers et le maire Jean Lamarche ont étudié le dossier cette semaine et ils doivent en principe annoncer leur décision mardi prochain. Un club de la East Coast League? Les Patriotes de l’UQTR? Les paris sont ouverts.

Or, nous avons appris au cours des dernières heures que les conseillers trifluviens avaient mandaté le maire de contacter Dean MacDonald, l’homme d’affaires derrière le projet d’une formation de la ECHL à Trois-Rivières, pour aller plus loin dans les négociations. «Pour vider la question», précise-t-on. M. Lamarche aurait bel et bien contacté M. MacDonald, mais pour lui mentionner que l’administration trifluvienne n’allait finalement pas donner suite à son projet. C’est du moins la version du promoteur originaire des Maritimes.

Le maire de Trois-Rivières nuance ces propos. Oui, il a contacté M. MacDonald, mais pour lui demander de fournir un plan écrit démontrant la viabilité d’une formation de la ECHL à Trois-Rivières. Il y a visiblement des divergences de perceptions entre les deux hommes.

Chose certaine, Dean MacDonald a tellement été éberlué par la conversation qu’il a eue avec Jean Lamarche qu’il a décidé d’interpeller directement tous les conseillers pour leur présenter son projet. Est-ce une approche légitime ou une ultime tentative de mettre de la pression sur le maire? Difficile à dire tant et aussi longtemps qu’on ne connaît pas la nature exacte des échanges qu’il y a eus jusqu’à présent dans ce dossier.

On est tous d’accord qu’il serait préférable d’avoir une équipe de la LHJMQ à Trois-Rivières, mais c’est un rêve de plus en plus inaccessible avec l’opposition des Cataractes. Dans ce contexte, le projet de la ECHL est intéressant. Encore plus quand on apprend que le Canadien y est impliqué. C’est à la fois sérieux et prestigieux. Il est donc essentiel de bien évaluer le dossier avant d’y mettre un point final.

De son côté, le maire Jean Lamarche semble avoir un penchant pour les Patriotes de l’UQTR. Il l’a clairement démontré en n’étant pas très pro-actif à l’endroit de Dean MacDonald. C’est son droit le plus strict. On le sait, le projet des Patriotes implique deux partenaires corporatifs très importants: l’UQTR et le PDG du Cirque du Soleil, Daniel Lamarre. Il est donc compréhensible que le maire y pense deux fois avant de refuser le projet des Patriotes qui veulent profiter de l’ouverture du nouveau colisée pour redorer leur cote de popularité auprès des amateurs de la région.

Mais justement, il y a une façon de ne pas dire non à toutes ces institutions aussi importantes que symboliques: la cohabitation. Un scénario tout à fait réalisable quand on sait que les Patriotes ne jouent qu’une quinzaine de matchs locaux. L’homme d’affaires Dean MacDonald est lui-même ouvert à un tel compromis. Alors, pourquoi le maire est-il aussi hésitant face au projet de MacDonald? A-t-il de la pression? Il a sûrement une bonne raison qui doit transcender la peur de décevoir les personnes derrière le projet des Patriotes. Enfin, on l’espère.

La réponse serait-elle derrière les exigences de M. MacDonald? Initialement, l’homme d’affaires aurait demandé la gestion globale du colisée. Rien de moins. La Ville a dit non, heureusement. Il serait revenu à la charge en demandant une trentaine d’événements par année. Il semble gourmand, ce M. MacDonald. C’est de bonne guerre, mais il ne faut pas oublier que ce nouveau colisée est d’abord et avant tout une infrastructure municipale qui doit demeurer disponible à la population. Pas question non plus de recevoir des ultimatums dans quelques années si l’équipe connaît des difficultés financières. Bref, la Ville de Trois-Rivières est tout à fait justifiée d’imposer ses limites et ses exigences dans ce dossier et, à la fin du processus, de dire non.

En autant qu’il y ait eu auparavant des négociations de bonne foi de la part de TOUT le monde autour de la table. Ce qui ne semble pas être le cas et c’est à se demander sur quoi les conseillers seront appelés à voter mardi soir.