Le Plan d’action 2013-2020 sur les changements climatiques, fixe comme objectif de ramener, d’ici 2020, les émissions de gaz à effet de serre (GES) à 20 % de moins que le niveau de 1990.

Climat: il faut un autre plan de match

ÉDITORIAL / Le Québec est-il en bonne voie d’atteindre les objectifs qu’il se fixe en matière de lutte aux changements climatiques? Les mesures prévues seront-elles suffisantes pour produire les réductions de GES auxquelles le gouvernement s’est engagé?

Il semble que non, dans l’état actuel des choses. 

Le Plan d’action 2013-2020 sur les changements climatiques (PACC), fixe comme objectif de ramener, d’ici 2020, les émissions de gaz à effet de serre (GES) à 20 % de moins que le niveau de 1990. 

Il reste moins de deux ans, et nous n’avons atteint que la moitié de cet objectif, soit 9 % de réduction seulement, avait indiqué la ministre du Développement durable, de l’Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques, Isabelle Melançon, dans son bilan de mi-parcours, un peu plus tôt cette année. 

Les efforts de réduction déjà prévus permettraient uniquement de stabiliser les émissions au niveau actuel. Québec prévoit intensifier ses efforts, d’une part, et combler les retards, par rapport à la cible, avec des achats de crédit de carbone.

Le plus inquiétant, c’est que cela ne surprendra probablement personne. Malgré les discours, les promesses, il y a encore beaucoup trop de complaisance et trop d’insouciance dans notre approche. Avec le prochain rendez-vous électoral, il serait tentant de diriger les récriminations vers le parti qui exerce le pouvoir depuis 2003, presque sans interruption. Mais si nous voulons vraiment que les choses changent, et que la bonne volonté débouche sur des actions mesurables, prévisibles, il faut extirper cet enjeu de la politique partisane et s’interroger sur notre modèle de gouvernance, pour se donner collectivement les moyens de nos ambitions. 

Un groupe d’universitaires québécois s’est donné comme missions de proposer un nouveau modèle de gouvernance environnementale. Leur initiative «Le climat, l’État et nous» a débouché sur une demande commune pour «repenser l’ensemble des institutions et des actions gouvernementales dès la prochaine législature». 

L’action du Québec se déploie présentement sur plusieurs fronts, à travers plusieurs organismes, stratégies, et politiques de plusieurs ministères. Le groupe d’universitaires n’est pas le seul à réclamer une meilleure intégration de tous ces efforts, et de les placer à un plus haut niveau de l’échelon politique, au-dessus du ministère du Développement durable. 

Le Comité-conseil sur les changements climatiques, qui réunit des experts pour conseiller le gouvernement sur ces questions, a publié ses recommandations à la suite du bilan de mi-parcours du PACC. Il demande que le prochain Plan d’Action soit plutôt remplacé par une stratégie gouvernementale globale, car selon les experts «la lutte aux changements climatiques doit devenir une responsabilité de l’État dans son ensemble». 

La Grande-Bretagne a mis en place un système de gouvernance qui est cité en exemple à travers le monde. Le «Committee on Climate Change» britannique dispose de pouvoirs et de moyens plus importants. Il a un rôle décisif dans l’établissement des cibles de réduction des GES et dans le choix des moyens pour y parvenir. 

La lutte aux changements climatiques ne peut pas relever du seul ministère de l’Environnement, car celui-ci n’a aucune autorité sur les autres ministères. Elle doit donc être coordonnée à partir du sommet, et la campagne électorale nous offre l’occasion de passer à cette nouvelle étape.