Il sera ctrès intéressant de voir quelle réponse réserve le ministère des Transports à la demande de la Ville de Shawinigan concernant le maintien des noms des secteurs dans la signalisation autoroutière.

Ce qui est bon pour minou...

Il sera certainement très intéressant de voir quelle réponse réserve le ministère des Transports à la demande de la Ville de Shawinigan concernant le maintien des noms des secteurs dans la signalisation autoroutière. La résolution adoptée mardi par le conseil municipal constitue une interpellation forte, appuyée et, surtout, conforme au gros bon sens.
Il faudra surtout voir si cette notion un peu abstraite et toujours subjective du «gros bon sens» a encore un peu de place dans les décisions gouvernementales.
Rappelons brièvement les faits. Dans la foulée des changements toponymiques qui sont entrés en vigueur à Shawinigan, le ministère des Transports a mis à jour certains de ses panneaux de signalisation le long de l'autoroute de l'Énergie. Cela a entraîné la disparition du nom de certains secteurs des panneaux d'autoroute, puisque la politique du ministère des Transports est d'indiquer la principale voie accessible par la bretelle lorsqu'on est sur le territoire d'une même ville.
C'est exactement ce qui s'était produit à Trois-Rivières, avec la disparition des toponymes Pointe-du-Lac, Saint-Louis-de-France, Cap-de-la-Madeleine et Sainte-Marthe-du-Cap le long de l'autoroute Félix-Leclerc.
Des citoyens du secteur Saint-Jean-des-Piles s'étaient mobilisés pour que réapparaisse ce toponyme sur un panneau à la sortie 226 de l'autoroute 55. Le maire Michel Angers avait indiqué, le mois dernier, que lui et ses collègues allaient travailler sur un projet de résolution. Chose promise, chose due. La Ville s'adresse au MTQ pour obtenir un traitement semblable à celui auquel ont droit certains secteurs de la ville de Bécancour.
Les noms des secteurs de Sainte-Angèle, de Bécancour, de Saint-Grégoire et de Précieux-Sang apparaissent sur des panneaux de supersignalisation. Certains d'entre eux se trouvent le long de la même autoroute qui traverse Shawinigan. L'argumentaire de la Ville de Shawinigan repose donc en partie sur la différence de traitement entre les deux entités. Sur le principe selon lequel «ce qui est bon pour minou est bon pour pitou».
Le ministère des Transports avait formulé une explication douteuse liée à l'absence de trame urbaine continue à Bécancour, dont la création n'était finalement que la juxtaposition de six noyaux ruraux éloignés les uns des autres. 
Si le ministère peut prétendre avec sérieux que Shawinigan a une trame urbaine continue, sur ses 800 kilomètres carrés, contrairement à Bécancour, avec ses 494 kilomètres carrés, alors on lui donnera peut-être le bénéfice du doute. On peut sourire en pensant que si Shawinigan remplissait ce critère de «trame urbaine continue», au sens strict du terme, on aurait une ville deux fois plus grosse que Québec. Ou presque.
Mais dans l'esprit du MTQ, Bécancour a toujours été un cas particulier. Selon un porte-parole du ministère, la décision qui a été prise à l'époque a été de ne pas tenir compte des normes dans ce cas et d'y aller en indiquant les différents noyaux, pour tenir compte de la réalité. 
Et pourquoi n'en serait-il pas toujours ainsi? Pourquoi cette initiative ne serait-elle justement pas la norme en matière de signalisation? Pourquoi ne permettrait pas aux milieux concernés d'avoir leur mot à dire? Pourquoi ne prendrait-on pas les décisions en fonction d'une volonté de «tenir compte de la réalité»?
Le ministère dit fonctionner selon des normes établies, qui existent pour permettre aux gens de bien se déplacer sur le territoire. La priorité c'est que les gens arrivent à destination en toute sécurité. Mais la priorité devrait être que les gens puissent arriver à destination. Et ça, ça peut vouloir dire indiquer un lieu-dit plutôt qu'une artère existante ou une municipalité entière.
La popularité dans l'usage devrait être un principe à considérer sérieusement dans la détermination de la désignation des indications autoroutières. Le pouvoir d'attraction et de référence de tels toponymes est souvent plus grand qu'un banal nom de rue.