Yves-François Blanchet

Beaucoup de pain sur la planche

Octobre prochain et son élection fédérale nous diront si, oui ou non, le Bloc québécois a trouvé son nouveau sauveur en la personne d’Yves-François Blanchet. Chose certaine, le parti vient de trouver un chef crédible et rassembleur, habile communicateur de surcroît. Tout ce qu’il faut pour redonner un peu de vigueur à cette formation et peut-être même lui permettre d’espérer des gains lors du scrutin automnal.

Le couronnement d’Yves-François Blanchet permet certainement à plusieurs élus et à plusieurs militants bloquistes de pousser un soupir de soulagement. Une course à la chefferie aurait coûté cher et aurait certainement fait perdre du temps précieux aux aspirants et à la formation elle-même, surtout à neuf mois des élections. Le Bloc, comme le mentionnait récemment le doyen des députés, Louis Plamondon, doit se mettre à l’ouvrage rapidement.

Le Bloc québécois vient sans doute de trouver avec Yves-François Blanchet une stabilité qui lui manquait cruellement depuis quelques années. Pour que le parti puisse espérer une bonne performance électorale, il était essentiel de le débarrasser des querelles internes, des déchirements et des collisions idéologiques. Il devra aussi démontrer qu’il n’est pas uniquement un vecteur de promotion de la souveraineté, mais qu’il est avant tout un parti voué à la défense des intérêts du Québec. Ce discours a certainement plus de chances de succès auprès des électeurs.

Les prochains mois seront chargés pour le nouveau chef. Il devra rapidement faire une tournée des régions pour aller rechercher les militants, reformer les équipes de bénévoles et reconquérir les électeurs qui ont délaissé le parti depuis deux élections. À ce chapitre, la baisse de popularité du NPD devrait permettre au Bloc de voir ses appuis augmenter. Et ceux qui espéraient voir le nouveau chef se porter candidat dans Trois-Rivières – il avait déjà fait une croix sur Saint-Maurice–Champlain – devront se faire à l’idée que ce ne sera pas le cas. L’homme vise plutôt la Montérégie, un terreau vraisemblablement fertile pour le Bloc.

Si plusieurs s’entendent pour dire que l’unité et la cohésion seront de retour au Bloc avec la désignation d’Yves-François Blanchet comme chef, il reste tout de même une certaine amertume chez certains militants qui appuyaient la candidature – avortée – de Jean-Jacques Nantel. C’est le cas de Sacki Carignan-Deschamps, qui a porté les couleurs du Bloc en 2015 dans Saint-Maurice–Champlain.

La militante a formulé des propos ahurissants sur Facebook dans les heures qui ont suivi la confirmation du couronnement d’Yves-François Blanchet. Mme Carignan-Deschamps a qualifié le nouveau chef bloquiste de «bouffon» dont le plus grand exploit est d’avoir été gérant d’Éric Lapointe. En plus de dénigrer l’épouse d’Yves-François Blanchet, elle a même été jusqu’à qualifier ce dernier de «quéquette molle» qui «est juste une quéquette comme les autres». Elle a par la suite modifié ses propos, disant qu’«il ne valait pas la peine d’être injurié» et le qualifiant de «pauvre type». Imaginons un instant qu’un homme formule des propos disons équivalents envers une femme candidate. Dans un cas comme dans l’autre, c’est tout à fait inacceptable.

Pour Mme Carignan-Deschamps, la désignation d’Yves-François Blanchet comme chef est une «preuve que nos bourgeois ont bien mauvais goût». Elle a aussi critiqué le passé académique du nouveau chef, déplorant le fait qu’il «n’a même pas fait un bac disciplinaire complet, contrairement à ce qu’il laisse entendre».

Dénoncer ainsi le parcours et la personnalité d’Yves-François Blanchet, à coups d’injures, d’allusions et de dénigrement, est certainement beaucoup plus digne d’une universitaire chevronnée comme Mme Carignan-Deschamps...

Il y a peut-être matière, dans tous ces propos calomnieux, à intenter des recours judiciaires. Mais il ne serait pas étonnant de voir la militante claquer la porte. Ou être expulsée par le bureau national du parti.

Le Bloc, assurément, peut très bien se passer de tels «militants».