Il n’aura pas fallu attendre trop longtemps avant de voir le maire de Trois-Rivières, Yves Lévesque, poser un geste symbolique fort à la suite de l’élection du 5 novembre.

Avec un peu de bonne volonté...

Il n’aura pas fallu attendre trop longtemps avant de voir le maire de Trois-Rivières, Yves Lévesque, poser un geste symbolique fort à la suite de l’élection du 5 novembre.

Mercredi, il confirmait sa volonté de voir Trois-Rivières réintégrer les rangs de l’Union des municipalités du Québec. Depuis le temps que des voix s’élèvent pour que la ville unisse sa voix à celles de ses semblables, il faut saluer cette décision.

Il aura fallu une rencontre, autour d’un petit déjeuner, pour que le maire Lévesque démontre à son homologue de Drummondville, Alexandre Cusson, qu’il était disposé à faire en sorte que la ville retourne dans le giron de l’UMQ.

Les raisons sont nombreuses mais la nécessité pour le monde municipal de parler d’une voix forte et unanime dans le contexte des élections provinciales, qui approchent à grands pas, y est pour beaucoup. Les municipalités auront leur liste d’épicerie et il ne faudrait pas s’étonner d’y retrouver des revendications concernant la fiscalité ou les transferts gouvernementaux.

On se souvient que le maire Lévesque avait quitté les rangs de l’UMQ en juin 2015 après les négociations houleuses entourant le second pacte fiscal entre le gouvernement et les municipalités. Il y faisait le constat qu’il n’y avait aucun gain pour Trois-Rivières et espérait probablement entraîner derrière lui certains de ses collègues mécontents. Ça ne s’est pas produit. Et Trois-Rivières aura boudé l’UMQ pendant plus de deux ans.

La sortie fracassante du maire Lévesque, à l’époque, était peut-être justifiée. Un bon coup de gueule, de temps en temps, ça fait du bien. Peut-être que le maire avait en partie raison. 

Trois-Rivières n’a peut-être pas reçu d’avantages directs et individuels de son adhésion à l’organisme, mais de façon plus globale, il y a assurément des gains collectifs à faire partie de l’UMQ: des occasions de faire valoir une position, des échanges nécessaires sur des pratiques en gestion municipale ou sur des enjeux majeurs. Le pouvoir, surtout, de faire changer les choses.

Après les missions économiques manquées, le non-accès aux informations sur l’accueil des réfugiés syriens, l’absence aux forums sur des enjeux majeurs comme celui des aéroports municipaux et régionaux, la non-participation aux assises annuelles, aux formations, aux ateliers, voilà que le maire fait preuve d’ouverture et de lucidité. 

On a pu s’étonner du fait qu’il donne ainsi un accord de principe au président de l’UMQ autour d’un ordre de toasts ou d’un bol de gruau, sans avoir préalablement consulté le conseil municipal. Mais c’est sa prérogative. Et il entend obtenir l’aval du conseil par résolution d’ici un mois, notamment dans le cadre des discussions sur le budget 2018 de la Ville.

Yves Lévesque sait pertinemment que de toute façon, les membres du conseil municipal l’auraient probablement pressé de faire en sorte que Trois-Rivières réintègre les rangs de l’UMQ. C’était dans l’air.

Un autre facteur a pu jouer et c’est celui de la politique, particulièrement avec le départ ou la défaite de plusieurs maires de villes qui font partie du caucus des grandes villes de l’UMQ. Quand d’un seul coup arrivent des nouvelles figures à Montréal, Sherbrooke, Longueuil, Saguenay et Terrebonne, un maire d’expérience comme Yves Lévesque peut être appelé à jouer un rôle important au sein de ce groupe.

Au fond, quand on y pense, l’ouverture dont a fait preuve Yves Lévesque provoque une situation où tout le monde est gagnant. Le maire lui-même paraît bien et manifeste clairement la volonté de prendre part aux discussions sur les enjeux à venir. 

Le nouveau président de l’UMQ paraît bien parce qu’il aura réussi, en moins d’une semaine et demie à la tête de l’organisme, à convaincre Trois-Rivières de revenir au sein de l’organisation. Et on peut dire aussi, de façon plus générale, que la population de Trois-Rivières en sortira gagnante. Et même que l’UMQ gagne une voix forte. 

Si le conseil approuve le principe d’adhésion et le paiement de la cotisation d’environ 100 000 $, on pourra dire que Trois-Rivières retourne à l’UMQ par la grande porte. Et il était grand temps.