Aux citoyens de décider

Lu sur Facebook: «C’est au conseil à choisir son maire!» Cette phrase anodine résume assez bien l’esprit qui anime jusqu’à maintenant le lancement de la course à la succession d’Yves Lévesque à la mairie de Trois-Rivières.

Les candidats qui ont confirmé leur intérêt se sont d’ailleurs tous empressés de crier haut et fort qu’ils étaient disposés à travailler avec le conseil en place. Des conseillers ont déjà fait leur choix. D’autres suivront. C’est de bonne guerre.

Remarquez, il n’y a rien de mal à vouloir bien s’entendre avec les conseillers actuels. Il ne faut juste pas que cette «bonne entente avec les conseillers» ne devienne un «prérequis» pour faire le grand saut. Et il ne faudrait surtout pas qu’un potentiel candidat qui a moins d’atomes crochus avec les membres du conseil soit menacé par ceux-ci d’avoir la vie dure s’il est élu.

Autre phénomène qui guette la prochaine course à la mairie: la «démonisation» de la continuité. On s’entend, Yves Lévesque n’a pas choisi la plus élégante façon de tirer sa révérence. Il aurait pu faire preuve d’une plus grande classe en s’adressant publiquement à une population qui lui a fait confiance pendant toutes ces années. Pourquoi a-t-il agi en catimini? Il a sûrement ses raisons.

Or, Yves Lévesque a fait plus de bons que de mauvais coups et il n’est pas préjudiciable qu’un candidat veuille emprunter certains éléments de sa philosophie de gestion. Est-ce que l’enquête en cours de l’UPAC viendra prouver des actions malhonnêtes? C’est à voir. En attendant, d’associer négativement des candidats à l’ère Lévesque est purement électoraliste.

Faut-il le rappeler: une majorité de Trifluviens ont voté pour Yves Lévesque il y a un peu plus d’un an. Il y a donc des valeurs de gouvernance qui étaient appréciées et qui doivent à tout le moins être considérées par les prochains aspirants à la mairie.

Actuellement, les candidats en lice veulent visiblement se dissocier de ce passé. En fait, le portrait tend pas mal à gauche et des candidats comme Jean-François Aubin et Éric Lord adhéreront à cet esprit de gestion communautaire basée sur la consultation et le consensus. Cette idéologie est loin d’être condamnable. La montée de Québec solidaire démontre même qu’elle a sa place. Par contre, dans la liste actuelle de candidats à la mairie de Trois-Rivières, il reste assurément de la place pour des candidatures qui prônent instinctivement le développement économique et principalement la création de la richesse.

Est-ce que Jean Lamarche, toujours en réflexion, peut incarner cette philosophie? Celle que l’on considère comme étant la dauphine d’Yves Lévesque, Valérie Renaud-Martin, prendra-t-elle cette place? Espérons seulement que son hésitation ne vient pas du fait qu’elle est associée à l’ancien maire et qu’elle n’est pas la préférée du conseil actuel.

Attention ici: les conseillers sont parvenus à avoir la peau d’un maire usé et qui était visiblement incapable de s’ajuster à une nouvelle (et intéressante, disons-le) façon de gérer. Cela ne veut cependant pas dire que le prochain maire doit s’ajuster obligatoirement à eux.

En bout de ligne, toute personne qui a des aspirations pour la mairie de Trois-Rivières a le droit d’exprimer son intérêt et surtout de partager ses idées avec la population. Ce n’est surtout pas aux membres du conseil de déterminer si une candidature est valable ou non. C’est aux citoyens d’en décider.