La CAQ a le vent dans les voiles, certes, mais il faudra assurément plus qu’une affiche sur un poteau pour déloger Marc H. Plante qui est connu aux quatre coins de la région.

Attendez pour le champagne

ÉDITORIAL / Vous êtes à la recherche d’un emploi? Un salaire de base de 94 000 $ par année ferait votre bonheur? Vous n’avez qu’à donner un petit coup de fil à la Coalition avenir Québec pour devenir candidat dans la circonscription de Maskinongé. Élection presque assurée.

En fait, selon les plus récentes projections faites à partir d’un sondage LCN-Léger, c’est toute la Mauricie qui passera caquiste le 1er octobre prochain.

Tout un changement en perspective quand on sait que les cinq circonscriptions mauriciennes (qui passeront à quatre aux prochaines élections) sont actuellement gérées par des députés libéraux.

Les protégés de François Legault étant sur une lancée et ceux de Philippe Couillard quittant allégrement le bateau, ces prévisions sont loin d’être exagérées.

Sans Julie Boulet, les libéraux pourront difficilement garder la nouvelle circonscription Laviolette-Saint-Maurice. Les prévisions publiées cette semaine y donnent la caquiste Marie-Louise Tardif gagnante avec 38,6 %, contre 29,1 % pour le libéral Pierre Giguère.

Dans Champlain et Trois-Rivières, les candidats vedettes de la CAQ, Sonia LeBel et Jean Boulet, se dirigeraient aussi vers des victoires relativement faciles.

Il faut cependant mettre quelques bémols à ces projections et les résultats avancés dans Maskinongé sont à première vue peut-être un peu trop favorables à la Coalition avenir Québec. Il ne faut vraiment pas connaître ce qui se passe sur le terrain pour penser sérieusement qu’un candidat inconnu de la CAQ puisse obtenir 44 % du suffrage dans cette circonscription contre seulement 25 % pour le candidat libéral sortant.

La CAQ a le vent dans les voiles, certes, mais il faudra assurément plus qu’une affiche sur un poteau pour déloger Marc H. Plante qui est connu aux quatre coins de la région (il participe à tous les événements communautaires et politiques) et qui bénéficie d’une organisation bien huilée qui sait fait sortir le vote au moment opportun. Il fallait d’ailleurs voir les visages de vieux guerriers présents à son investiture le week-end dernier pour deviner que M. Plante a l’intention de se battre jusqu’au bout.

Ce n’est pas la première fois que le député doit faire face à l’adversité. En 2014, la plupart des sondages lui prédisaient une défaite… et il a gagné avec une majorité de plus de 3700 voix sur son vis-à-vis caquiste!

Évidemment, les choses ont pas mal changé depuis dans le camp des libéraux. Mais, en même temps, Marc H. Plante a continué son éreintant travail de terrain. Pas étonnant que ses collègues à l’Assemblée nationale le considèrent comme faisant partie des députés qui représentent le mieux leur circonscription au Québec.

En plus, il a profité du dernier mandat pour prendre de l’assurance et s’impliquer dans de gros dossiers comme les inondations et la pyrrhotite. Est-ce que tout cela lui permettra de résister à la vague caquiste et de garder son siège le 1er octobre prochain? Peut-être, peut-être pas.

Chose certaine, celui qui sera candidat pour la CAQ dans Maskinongé est mieux d’avoir un autre emploi comme plan B et d’attendre un peu avant d’acheter le champagne.