Emmanuella Lambropoulos sera la candidate du Parti libéral du Canada dans la circonscription montréalaise de Saint-Laurent.

Après les femmes, les jeunes

On a beaucoup parlé, ces derniers jours, de l'engagement des femmes en politique. Mais l'actualité étant ce qu'elle est, il convient certainement de parler aussi de l'implication des jeunes en politique. Et de la nécessité de faire en sorte qu'ils pourront se tailler une place, exactement comme doivent encore le faire les femmes.
Le hasard fait drôlement les choses. En moins de douze heures, deux nouveaux venus entrent en scène. Ils ont tous les deux vingt-six ans. Le premier se lance en politique provinciale pour Québec solidaire. Son entrée en politique était hautement prévisible. La seconde est propulsée en politique fédérale comme candidate désignée pour les libéraux dans la circonscription de Saint-Laurent. Son apparition dans la sphère politique est une surprise que personne n'attendait.
Gabriel Nadeau-Dubois et Emmanuella Lambropoulos sont loin d'avoir le même parcours. Mais leurs noms se côtoient dans les bulletins de nouvelles et dans les journaux depuis jeudi. Et c'est tant mieux.
Parce que ça envoie un message fort. Un message selon lequel la politique peut aussi être l'affaire des moins de trente ans.
Bien sûr, il faudra attendre encore pour voir si leur volonté se transformera en réalité. Mais disons qu'avec le Parti québécois qui ne présente pas de candidat pour l'élection complémentaire dans Gouin, ça ouvre grand la porte au candidat de Québec solidaire pour succéder à Françoise David. Et disons que dans le cas d'Emmanuella Lambropoulos, son élection n'est pas assurée, mais Saint-Laurent est une forteresse libérale et les chances demeurent élevées pour qu'elle obtienne une banquette à la Chambre des communes. La partielle a lieu dans moins d'un mois, le 3 avril.
Emmanuella Lambropoulos - que personne ne connaissait vraiment et qui n'avait pas la visibilité médiatique de ses adversaires Yolande James et Marwah Rizqy - vient de faire tout un pied de nez à l'establishment du parti. Sans le savoir, elle devient peut-être porteuse d'une volonté exprimée par des militants libéraux de changer les façons de faire. 
En confirmant jeudi ce que tout le monde savait ou presque, Gabriel Nadeau-Dubois a livré un discours bien senti sur les raisons qui le poussent à s'impliquer avec Québec solidaire. Le jeune homme est brillant, on le savait depuis qu'on l'a découvert lors des événements du printemps 2012. Mais il est aussi - déjà - habile politicien. Il a fait ses classes, que ce soit en publiant un ouvrage ou en participant à la tournée provinciale «Faut qu'on se parle».
Jeudi, il a habilement fait allusion à une figure populaire pour rejoindre les jeunes électeurs, qui s'éloignent de plus en plus de la politique. Il souhaite en effet s'inspirer de ce qu'a accompli l'ex-candidat à la primaire démocrate aux États-Unis, Bernie Sanders, pour instaurer un militantisme du 21e siècle et pour mettre sur pied une plate-forme innovatrice d'action politique. S'impliquer dans un parti, pour Gabriel Nadeau-Dubois, «ça doit être le fun».
Non sans une certaine arrogance, il parle déjà d'une classe politique qui a «trahi la population», démontrant clairement qu'il entend faire les choses autrement. Le défi est grand, mais nos collines parlementaires ont tellement besoin d'un peu d'idéalisme. Et comme le gars est un habile communicateur et qu'il possède une bonne capacité d'analyse, il est assurément capable de rassembler bien du monde derrière lui. Mieux encore, il devient un adversaire redoutable pour les «vieux» politiciens ou, si on veut être davantage politically correct, pour les politiciens qui usent encore de vieilles façons de faire de la politique.
Chacun à sa façon, Gabriel Nadeau-Dubois et Emmanuella Lambropoulos sont appelés à devenir des modèles pour une jeunesse qui ne demande qu'à être convaincue qu'il est possible de changer les façons de faire en politique. 
Gros mandat, certes. Mais ils seront à surveiller.