Martin Francoeur
L’annonce gouvernementale de vendredi emporte avec elle ce qui restait toujours en suspens: le Grand Prix de Trois-Rivières, le spectacle Nezha à la Cité de l’énergie, l’Expo de Trois-Rivières, Trois-Rivières en blues de même que tous les festivals présentés dans différentes municipalités de la région.
L’annonce gouvernementale de vendredi emporte avec elle ce qui restait toujours en suspens: le Grand Prix de Trois-Rivières, le spectacle Nezha à la Cité de l’énergie, l’Expo de Trois-Rivières, Trois-Rivières en blues de même que tous les festivals présentés dans différentes municipalités de la région.

Annuler pour mieux rebondir

ÉDITORIAL / L’été 2020 sera d’une tranquillité comme on a rarement vu. Habituellement marquée par la succession d’événements culturels et sportifs, la saison estivale sera dépourvue de ces occasions de rassemblement. En soi, c’est compréhensible et parfaitement viable. Ce qui inquiète, évidemment, ce sont les conséquences économiques de cette espèce de jachère événementielle.

Depuis quelques semaines, on voyait tomber un à un les événements majeurs du printemps, puis quelques-uns de l’été. Vendredi, le coup de grâce est venu de Québec, qui demande l’annulation des festivals ainsi que des événements publics sportifs et culturels prévus au Québec pour la période allant jusqu’au 31 août prochain.

À Trois-Rivières, le plus récent événement à capituler avait été le Festivoix, qui a confirmé jeudi l’annulation de son édition qui était prévue du 25 juin au 5 juillet. Avant lui, le festival Danse Encore, les spectacles du Cirque du Soleil à l’Amphithéâtre, les spectacles en salle de Culture Trois-Rivières et de Culture Shawinigan, et plusieurs autres manifestations avaient dû être annulées ou reportées.

L’annonce gouvernementale de vendredi, étrangement faite par communiqué plutôt qu’en point de presse, emporte avec elle ce qui restait toujours en suspens: le Grand Prix de Trois-Rivières, le spectacle Nezha à la Cité de l’énergie, l’Expo de Trois-Rivières, Trois-Rivières en blues de même que tous les festivals présentés dans différentes municipalités de la région. C’est une hécatombe.

C’était toutefois inévitable. Les directives de distanciation sociale, dont la portée vient d’être prolongée, rendaient inimaginable la tenue de tels événements où il aurait fallu respecter une distance physique de deux mètres entre les individus.

Le plus curieux, toutefois, est que cette annonce survienne le jour même où le premier ministre François Legault montre une certaine ouverture pour que les écoles et les garderies puissent rouvrir avant le 4 mai. La directive par communiqué, concernant les événements intérieurs et extérieurs pour la saison estivale, est plutôt venue de ses ministres Caroline Proulx, Nathalie Roy et Isabelle Charest.

Bref, on a fait un paquet d’annonces sur différents fronts, mélangeant l’optimisme et la prudence, la rigidité et l’espoir. Peut-être voulait-on donner quelques bonnes nouvelles à la population qui en a de plus en plus besoin par les temps qui courent? Peut-être voulait-on occulter le sombre portrait de la situation dans les CHSLD? Chose certaine, le fait d’évoquer une réouverture possible des écoles et des garderies apparaît comme étant un geste surprenant, pour ne pas dire prématuré.

Heureusement, en ce qui concerne les événements culturels et sportifs, Québec dit prévoir et explorer «diverses formes d’accompagnement et de soutien aux festivals et aux événements qu’il finance». Il le faudra bien, puisque la majorité de ces événements dépend de différents programmes et de subventions gouvernementales. Le fait que certaines organisations aient tardé à annoncer leur annulation ou leur report dépendait d’ailleurs, bien souvent, de la nécessité d’avoir certaines garanties de la part de leur principal bailleur de fonds quant aux sommes déjà engagées.

Les dommages collatéraux seront aussi nombreux, notamment auprès de l’industrie hôtelière, des restaurants, des bars, du commerce de détail. Il faudra mesurer ces impacts et ne pas oublier les propriétaires d’entreprises oeuvrant dans ces secteurs d’activités. Le premier ministre Legault avait indiqué, plus tôt cette semaine, que les prochains mois s’annonçaient pénibles pour les organisations derrière les festivals et événements. Ils le seront aussi pour toute l’industrie touristique et ça, il ne faut pas l’oublier.

L’été sera plate. Il faut se faire à cette idée. Il faut aussi souhaiter que ce temps d’arrêt permette aux festivals et aux événements de rebondir et de revenir plus forts.

Parce que le jour viendra où on aura besoin de se retrouver, de se rassembler, de fêter.

On l’aura bien mérité.