À quand un centre aquatique municipal?

Après la construction d’un amphithéâtre, puis d’un nouveau colisée, le prochain grand projet d’infrastructure de la Ville de Trois-Rivières pourrait-il être un complexe aquatique? La question se pose, compte tenu des inconvénients engendrés, ces temps-ci, par la fermeture de la piscine du Centre de l’activité physique et sportive de l’Université du Québec à Trois-Rivières.

Cette fermeture, qui se prolongera plus longtemps que prévu en raison de la suspension actuelle des travaux, entraîne évidemment un achalandage plus élevé dans d’autres piscines intérieures de la région. Cela témoigne, certainement, de la popularité des activités de natation et de baignade. On estime que 30 000 personnes, annuellement, fréquentent la piscine du CAPS de l’UQTR.

Initialement, les travaux de réfection de cette piscine devaient être complétés pour janvier dernier. On parle maintenant, sans grande conviction, d’une réouverture possible à l’automne prochain.

À Trois-Rivières, le conseil municipal actuel a indiqué qu’il allait prendre une pause avant de se lancer dans d’autres grands projets d’infrastructures. On peut le comprendre. L’Amphithéâtre Cogeco et le Colisée du District 55 représentent de gros investissements pour la Ville, même si l’aide financière pour ces deux projets est considérable.

Mais quand viendra le temps de plancher sur un nouveau projet, celui d’un centre aquatique apparaît inévitable. La Ville a des piscines extérieures, des arénas, un stade de baseball, des terrains de soccer et de tennis, des jeux d’eau et des pataugeoires, etc. Mais pas de piscine intérieure. Elle s’en remet aux partenariats avec des institutions et des organismes.

Il y a quelques mois à peine, on annonçait l’aménagement d’une piscine intérieure – pas très grande, mais quand même – au centre communautaire de loisirs Jean-Noël-Trudel, dans le secteur Cap-de-la-Madeleine. Ça doit bien être signe qu’il y a une demande pour des activités aquatiques et des installations adéquates. La Ville a accepté d’injecter 500 000 $ dans ce projet somme toute modeste. À même pas vingt mètres de longueur, on est plus proche d’une piscine résidentielle que d’une piscine publique. Celle de l’UQTR, rappelons-le, est la seule de dimension olympique dans la région.

Les centres aquatiques municipaux ont la cote par les temps qui courent. Plusieurs villes ont des projets en cours de réalisation. C’est le cas de Beloeil, de Rimouski et de Granby. Dans ce dernier cas, il s’agit d’un projet de 31,6 millions $, subventionné aux deux tiers. La contribution de la Ville est d’environ 10 millions $. Il suffit de jeter un coup d’œil sur les sites web de ces villes pour apprécier la qualité des projets en question et constater qu’ils viendront répondre à des besoins de plus en plus manifestes.

À Trois-Rivières, Isabelle Perron-Blanchette avait interpellé le conseil municipal, l’automne dernier, au sujet de la nécessité de doter la Ville d’une piscine municipale intérieure. Elle avait même lancé une pétition à ce sujet. Vendredi, plus de 3400 personnes l’avaient signée sur le site change.org.

À l’heure où les gouvernements, quels qu’ils soient, tentent d’inciter la population à faire davantage d’activité physique, il apparaît certainement plus logique de construire des piscines intérieures, ouvertes toute l’année, plutôt que des arénas où la majorité des personnes qui s’y rendent le font pour aller s’asseoir dans des gradins et regarder d’autres personnes faire de l’activité physique.

Trois-Rivières devrait prendre cela en considération.