Opinions

Un modèle à propager

La Ville de Shawinigan s’apprête à aller de l’avant avec un projet de budget participatif. Elle deviendrait la deuxième ville de la région, après Nicolet, à poser un geste significatif visant à rapprocher les citoyens de l’appareil décisionnel municipal. C’est une initiative des plus réjouissantes.

Les budgets participatifs citoyens sont très tendance par les temps qui courent, presque trente ans après que la ville de Porto Alegre, au Brésil, eut lancé le concept. Au Québec, des arrondissements de Montréal ont implanté cette initiative. Puis, plus récemment, des villes comme Saint-Basile-le-Grand, Matane, Baie-Saint-Paul, Rimouski, Carignan, Boisbriand et Château-Richer ont fait de même.

Opinions

La catastrophe n’aura pas lieu

Malgré des zones de confusion, des réglementations qui s’entrechoquent et des inquiétudes qui persistent, le cannabis devient légal aujourd’hui. Il est possible qu’il y ait une curiosité accrue, mais on peut se rassurer: cette légalisation et les mécanismes d’encadrement qu’elle sous-tend ne devraient pas entraîner la catastrophe que certains prévoient ou annoncent déjà.

On aura toujours un certain malaise envers cette nouvelle étape qu’on est en train de franchir en tant que société. Un malaise relativement hypocrite, puisque plus de 40 % des adultes de 18-24 en consomment occasionnellement ou régulièrement, mais un malaise parce qu’on est devant l’inconnu et parce que le produit qui devient aujourd’hui légal a toujours eu un caractère illégal, dommageable ou clandestin.

Éditorial

La ligne dure de la CAQ

ÉDITORIAL / Si les caquistes abandonnent leur promesse de hausser à 21 ans l’âge minimal légal pour acheter du cannabis, il ne faudra pas leur en tenir rigueur. S’ils veulent vraiment aider les jeunes, il y a en effet meilleure stratégie à adopter.

En plus de faire passer de 18 ans à 21 ans l’âge légal, la Coalition avenir Québec (CAQ) veut interdire la consommation du cannabis dans les lieux publics et préconise que la Société québécoise du cannabis n’installe pas de point de vente à proximité d’un cégep ou d’une université.

En quoi laisser les jeunes étudiants aux mains du marché illégal va-t-il mieux les protéger, mieux les informer sur les conséquences néfastes de la consommation de cannabis?

Le gouvernement caquiste devra fournir de bons arguments avant de concrétiser ses promesses électorales. Jusqu’à maintenant, son approche n’est pas très convaincante et cohérente avec les objectifs de la légalisation. 

«C’est absurde. Je ne comprends pas. Oui, il y a des risques pour la santé mentale, mais c’est aussi le cas pour l’alcool», affirmait récemment au Soleil Jean-Sébastien Fallu, professeur en psychoéducation à l’Université de Montréal. 

«Il n’y a aucun endroit où il y a un âge différent entre l’alcool et le cannabis. […] Si on interdit à ces jeunes l’accès à un produit de qualité, cela signifie qu’on les laisse dans un milieu interlope. Ils vont consommer quand même.»

Empêcher la Société québécoise du cannabis (SQDC) d’ouvrir une succursale près d’un cégep ou d’une université ne garantit pas non plus que des jeunes résisteront à l’envie de goûter au pot et de s’en procurer. Laisser les étudiants aux mains des pushers et de leur marchandise douteuse est une bien étrange façon de veiller sur eux.

Certains spécialistes rappelleront que la consommation de cannabis a des impacts sur le développement du cerveau d’une personne de moins de 25 ans.

Certes, mais nos politiques publiques doivent être réalistes. 

Ce n’est pas parce que l’âge légal pour consommer sera fixé à 21 ans que les jeunes n’achèteront plus de cannabis à 18, 19 ou 20 ans. La prohibition et l’approche répressive n’ont pas empêché que le Canada soit le pays comptant le plus grand nombre de jeunes consommateurs au monde.

Par ailleurs, légaliser ne veut pas dire banaliser et faire preuve de laisser-faire.

Et pour qu’il en soit ainsi, il faut pouvoir compter sur un gouvernement qui aura la santé et la sécurité publique à cœur. La prévention, la sensibilisation et l’éducation aux comportements responsables, ainsi que la recherche doivent être dans ses priorités, et non seulement durant les premières années suivant la légalisation.

La ligne dure, c’est au suivi de la légalisation que le gouvernement caquiste doit l’appliquer.

À cette fin, il doit s’appuyer sur des données fiables, sur des faits, sur l’avis d’experts, notamment ceux en santé publique.

Si la consommation s’accroît de façon alarmante, si les règlements adoptés par les villes ont des effets néfastes et contre-productifs, si des effets non prévisibles se manifestent dans les milieux de travail, s’il s’avère que les conseillers de la Société du cannabis poussent à l’achat, il devra apporter rapidement les ajustements qui s’imposent.

Les revenus tirés de la vente du cannabis ne doivent jamais lui faire oublier ses responsabilités à l’égard de la santé et de la sécurité de la population.

La Société québécoise du cannabis ne doit pas dans quelques années se retrouver sur la sellette comme l’a été Loto-Québec avec les joueurs compulsifs et pathologiques.

Opinions

Le sommet de l’hypocrisie

Avec un sommet qui se déroule en Arménie, au cours duquel on s’apprête à désigner comme secrétaire générale une Rwandaise, l’Organisation internationale de la Francophonie est en train de perdre le peu de crédibilité qu’il lui reste.

Opinions

Quand l’équipage doit prendre le relais

On a souvent utilisé le vocabulaire de la marine et de la navigation pour parler du maire de Trois-Rivières, Yves Lévesque. Pour évoquer ce capitaine de bateau capable d’affronter les tempêtes, de mener le navire à bon port, de naviguer sur des mers agitées. Cette fois, c’est l’équipage qui doit prendre le relais.

Opinions

Négligence institutionnelle

Négligence institutionnelle. Échec lamentable. Les mots de la juge Marie-Josée Ménard pour qualifier le travail de la DPJ de la Mauricie–Centre-du-Québec dans un récent dossier sont durs, implacables, comme ils se devaient de l’être. Les façons de faire à la DPJ doivent impérativement changer. Rapidement.

Il s’agit d’un troisième jugement accablant prononcé contre la DPJ de la Mauricie–Centre-du-Québec. La juge Ménard blâme l’organisme pour avoir «abandonné» une enfant au sein d’une famille d’accueil «toxique» et «dysfonctionnelle» pendant six ans.

Opinions

De la parole aux actes

La suspension des négociations à l’Aluminerie de Bécancour n’est peut-être pas une si mauvaise nouvelle. Elle forcera assurément le premier ministre élu, François Legault, a donner suite à un de ses engagements qu’il avait qualifié de prioritaire: intervenir personnellement pour régler le lock-out qui touche plus d’un millier de travailleurs.

On va bien sûr laisser le temps au nouveau premier ministre de s’installer et, surtout, d’être assermenté. Mais s’il veut envoyer un message clair, particulièrement dans cette région qu’il a tant courtisée, il devra faire en sorte que ses bottines suivent rapidement ses babines et qu’elles prennent la direction de Pittsburgh, là où se trouve le siège social d’Alcoa.

Opinions

Quitter avec classe

Il appartiendra à l’histoire de juger si Philippe Couillard aura été un homme d’État marquant pour le Québec, un simple gestionnaire plus ou moins efficace ou un premier ministre insensible et impitoyable. Sa sortie, jeudi, était toutefois empreinte d’une élégance à laquelle il nous avait habitués, mais aussi d’une sensibilité qu’on lui connaissait moins.

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Des libéraux qui n’y pouvaient rien

Le réveil a sans doute été dur, mardi matin, pour ceux qui étaient, encore quelques heures auparavant, les quatre députés libéraux de la Mauricie. Des députés sortants qui ont effectivement été sortis. S’il y a une mince consolation que ces candidats peuvent avoir, c’est qu’ils n’y pouvaient absolument rien tellement la vague caquiste était plus puissante que pressentie.

Sans doute encore sonnés par la défaite de lundi soir, Jean-Denis Girard, Marc H. Plante, Pierre Michel Auger et Pierre Giguère peuvent partir la tête haute. Dans un contexte comme celui de cette surprenante élection, on a beau avoir été présent dans la circonscription, jouir d’une notoriété due à la fonction de député, avoir des personnalités attachantes, régler efficacement les dossiers de comté, rien n’y fait.

Opinions

Quelle place pour la région?

La vague caquiste qui a déferlé lundi sur le Québec francophone n’a pas épargné la Mauricie, qui a une fois de plus «voté du bon bord». Maintenant que ses quatre circonscriptions passent aux mains de la Coalition avenir Québec et que le Centre-du-Québec demeure caquiste sans grande surprise, il sera intéressant de voir quel rôle attend les députés, nouveaux et anciens, au sein de ce nouveau gouvernement.