Éditorial

Une surveillance accrue s’impose

L’agression sauvage dont a été victime Jérémy A. Courchesne il y a huit jours au parc portuaire, devrait déclencher une sérieuse réflexion sur la sécurité, la surveillance et la présence policière à cet endroit et au centre-ville de façon plus générale.

Ce n’est pas d’hier que des problèmes de flânage ou d’attroupements sont constatés au parc portuaire. On rapporte parfois quelques incidents, mais les drames comme celui survenu vendredi dernier sont rares, heureusement.

Éditorial

La victoire de la mobilisation

Les élèves, les parents et le personnel de l’école Notre-Dame, à Notre-Dame-du-Mont-Carmel, ont toutes les raisons de se réjouir. Huit millions trois cent mille dollars qui tombent du ciel pour l’ajout de huit classes et d’un gymnase, il y a de quoi fêter. L’annonce cache deux éléments importants. D’abord, il faut encore des mobilisations vigoureuses du milieu pour espérer des investissements nécessaires. Ensuite, le ministère est maintenant disposé à contourner sa propre règle concernant le transfert d’élèves dans un rayon de 20 kilomètres.

Éditorial

Trop tard, le mal est fait

Après avoir passé la dernière semaine à justifier sa politique de tolérance zéro aux frontières et à maintenir le processus de séparation des enfants migrants de leur famille, Donald Trump a fait une volte-face aussi rare que spectaculaire mercredi. Le président a signé un décret pour mettre fin à cette pratique cruelle, se présentant presque comme étant le grand libérateur des enfants détenus ou le grand défenseur des liens familiaux. C’est un triste spectacle. Une honteuse mise en scène.

Éditorial

Climat: il faut un autre plan de match

ÉDITORIAL / Le Québec est-il en bonne voie d’atteindre les objectifs qu’il se fixe en matière de lutte aux changements climatiques? Les mesures prévues seront-elles suffisantes pour produire les réductions de GES auxquelles le gouvernement s’est engagé?

Il semble que non, dans l’état actuel des choses. 

Le Plan d’action 2013-2020 sur les changements climatiques (PACC), fixe comme objectif de ramener, d’ici 2020, les émissions de gaz à effet de serre (GES) à 20 % de moins que le niveau de 1990. 

Il reste moins de deux ans, et nous n’avons atteint que la moitié de cet objectif, soit 9 % de réduction seulement, avait indiqué la ministre du Développement durable, de l’Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques, Isabelle Melançon, dans son bilan de mi-parcours, un peu plus tôt cette année. 

Les efforts de réduction déjà prévus permettraient uniquement de stabiliser les émissions au niveau actuel. Québec prévoit intensifier ses efforts, d’une part, et combler les retards, par rapport à la cible, avec des achats de crédit de carbone.

Le plus inquiétant, c’est que cela ne surprendra probablement personne. Malgré les discours, les promesses, il y a encore beaucoup trop de complaisance et trop d’insouciance dans notre approche. Avec le prochain rendez-vous électoral, il serait tentant de diriger les récriminations vers le parti qui exerce le pouvoir depuis 2003, presque sans interruption. Mais si nous voulons vraiment que les choses changent, et que la bonne volonté débouche sur des actions mesurables, prévisibles, il faut extirper cet enjeu de la politique partisane et s’interroger sur notre modèle de gouvernance, pour se donner collectivement les moyens de nos ambitions. 

Un groupe d’universitaires québécois s’est donné comme missions de proposer un nouveau modèle de gouvernance environnementale. Leur initiative «Le climat, l’État et nous» a débouché sur une demande commune pour «repenser l’ensemble des institutions et des actions gouvernementales dès la prochaine législature». 

L’action du Québec se déploie présentement sur plusieurs fronts, à travers plusieurs organismes, stratégies, et politiques de plusieurs ministères. Le groupe d’universitaires n’est pas le seul à réclamer une meilleure intégration de tous ces efforts, et de les placer à un plus haut niveau de l’échelon politique, au-dessus du ministère du Développement durable. 

Le Comité-conseil sur les changements climatiques, qui réunit des experts pour conseiller le gouvernement sur ces questions, a publié ses recommandations à la suite du bilan de mi-parcours du PACC. Il demande que le prochain Plan d’Action soit plutôt remplacé par une stratégie gouvernementale globale, car selon les experts «la lutte aux changements climatiques doit devenir une responsabilité de l’État dans son ensemble». 

La Grande-Bretagne a mis en place un système de gouvernance qui est cité en exemple à travers le monde. Le «Committee on Climate Change» britannique dispose de pouvoirs et de moyens plus importants. Il a un rôle décisif dans l’établissement des cibles de réduction des GES et dans le choix des moyens pour y parvenir. 

La lutte aux changements climatiques ne peut pas relever du seul ministère de l’Environnement, car celui-ci n’a aucune autorité sur les autres ministères. Elle doit donc être coordonnée à partir du sommet, et la campagne électorale nous offre l’occasion de passer à cette nouvelle étape. 

Éditorial

Une «retraite» méritée?

Comme ça, le directeur général de la Cité de l’énergie Robert Trudel, sur qui pèsent des soupçons d’inconduite sexuelle, a décidé de prendre sa retraite. C’est le président du conseil d’administration, Roland Desaulniers, qui en a fait l’annonce mardi. Dans un communiqué de presse, on parle d’une décision prise «d’un commun accord et avec sérénité».

«Commun accord» et «sérénité»? Vraiment? Premièrement, dans le contexte actuel, Robert Trudel n’est pas en position de demander quoi que ce soit. Deuxièmement, on parle de la sérénité de qui? De celle de Robert Trudel qui s’en sort quand même assez bien (pour l’instant) en quittant pour la retraite alors qu’on n’a même pas terminé l’enquête interne? La sérénité de la Cité de l’énergie qui est bien contente de se séparer officiellement de son directeur général déchu?

Éditorial

Clique et éthique

ÉDITORIAL / Est-ce vraiment parce qu’ils sont épris de justice ou parce qu’ils craignent le député Pierre Paradis que les libéraux ont voté contre le rapport de la commissaire à l’éthique et à la déontologie imposant au député de Brome-Missisquoi une pénalité de 25 000 $ pour avoir utilisé son allocation de logement au profit de sa fille et de son gendre?

«La clique avant l’éthique». «L’éthique à la carte». «Absence de boussole éthique». Les adversaires politiques utiliseront abondamment ces formules d’ici le 1er octobre. Avec raison. Ce n’est guère rassurant de voir qu’un gouvernement peut repousser du revers de la main un rapport d’enquête et mettre à mal une institution dirigée par une personne nommée par les deux tiers des membres de l’Assemblée nationale.

Il faut avoir de bonnes raisons pour accepter de traîner un tel boulet en campagne électorale et s’opposer à la commissaire à une période où la population est fort sensible aux questions éthiques et au bon usage des fonds publics.

Le premier ministre Couillard et le leader parlementaire Jean-Marc Fournier plaident qu’approuver le rapport de Me Ariane Mignolet aurait pu entraîner une injustice pour le député Paradis. Ils rejoignent celui-ci dans sa défense. «Il y aurait une profonde injustice à ce que M. Paradis soit le seul député qui fasse les frais d’une réforme discrétionnaire, de nature révisionniste et à portée rétroactive, de la part de la commissaire quant à son allocation de logement».

Le prix pour éviter une injustice à M. Paradis, député depuis 1980, risque d’être élevé pour le Parti libéral. MM. Couillard et Fournier ont beau dire qu’ils votent contre un rapport et son contenu et non contre la commissaire et l’institution, ce n’est pas ce que retiendront bon nombre de citoyens.

Ils retiendront plutôt que les libéraux ont demandé un avis juridique externe — du jamais vu —, qu’ils n’ont formulé aucune demande d’éclaircissement ou de précision à la commissaire, que majoritaires, ils ont voté contre la recommandation de sanction et que le député peut conserver les 25 000 $ que la commissaire réclamait.

Certains constateront de plus que les élus se gargarisent du mot éthique, à condition qu’aucune sanction n’accompagne les écarts et les manquements. Mme Mignolet note d’ailleurs que le processus d’enquête et l’intégrité du commissaire ont été mis en cause dans les deux cas où des enquêtes ont mené à des recommandations de sanction.

Pourquoi le gouvernement Couillard prête-t-il ainsi le flanc à la critique à quelques mois du scrutin?

Certes, les parlementaires doivent apprivoiser le code de conduite mis en place il y a huit ans. La commissaire doit également apprivoiser son rôle et les parlementaires doivent accepter que son style soit différent de celui de son prédécesseur. La commissaire invite le bureau de l’Assemblée nationale à arrimer ses règles au code d’éthique et de déontologie. Les élus ont le devoir de le faire sans fragiliser une institution.

«Donc, il vaut mieux mettre à mal une institution importante pour notre démocratie que de se mettre à dos le député de Brome-Missisquoi, et qui sait ce qu’il pourrait nous raconter», a lancé jeudi le député péquiste Pascal Bérubé.

Dans sa réplique à la commissaire, Pierre Paradis note que «ceci n’est pas, malgré ce qu’on veut faire croire, qu’une simple histoire de logement». Il réclame une enquête pour déterminer si son rôle en tant que ministre de l’Agriculture a pu être compromis de mauvaise foi et si son exclusion du cabinet a pu servir des fins politiques. Il se dissocie aussi du leadership actuel du Parti libéral.

L’équipe de Philippe Couillard doit espérer qu’après avoir rejeté le rapport de la commissaire et lui avoir évité de débourser 25 000 $, M. Paradis sera bien tranquille et bien discret.

Opinions

Attendez pour le champagne

ÉDITORIAL / Vous êtes à la recherche d’un emploi? Un salaire de base de 94 000 $ par année ferait votre bonheur? Vous n’avez qu’à donner un petit coup de fil à la Coalition avenir Québec pour devenir candidat dans la circonscription de Maskinongé. Élection presque assurée.

Opinions

Prière de s’abstenir

Yvon Deshaies est un petit futé. Sachant trop bien que son initiative allait éventuellement se heurter à la décision de la Cour suprême qui avait interdit à la Ville de Saguenay, en 2015, de réciter une prière au conseil de ville, le maire de Louiseville a plutôt décidé d’entonner les couplets à connotation religieuse de l’hymne national Ô Canada avant chaque assemblée citoyenne. Une façon détournée de préserver les traditionnelles pratiques religieuses dans la sphère publique tout en respectant le cadre légal en vigueur.

Le maire Deshaies a deux objectifs en tête. Fervent catholique, il aimerait bien garder vivantes les traditions qui font partie de l’histoire du Québec. À commencer par la prière et le crucifix. Mais surtout, en ressuscitant l’épineux dossier de la laïcité qui n’est politiquement toujours pas réglé, le coloré personnage veut dénoncer ce flou qui persiste quand la société québécoise se retrouve devant des situations où la religion s’invite dans l’espace public.

Éditorial

Nos alliés seront nos ennemis, et...

ÉDITORIAL / Nous savons maintenant que l’armée russe a tiré le missile qui a tué les 298 passagers du vol MH17, au-dessus de l’Ukraine en 2014. Les Pays-Bas et l’Australie, deux alliés des États-Unis, sont arrivés à cette conclusion, que Moscou s’entête à nier.

Donald Trump s’est pourtant présenté au Sommet du G7 en demandant à réintégrer la Russie au sein du groupe, quelques jours à peine avant de s’asseoir avec le leader de la Corée du Nord, dans un Sommet où la question des droits humains ne sera pas abordée. Kim Jong-un est pourtant à la tête d’un régime qui a créé l’équivalent moderne des camps de concentration nazis pour emprisonner ses propres citoyens, soupçonnés de dissidence. 

Mais c’est le premier ministre du Canada qui est accusé par Washington d’avoir «poignardé dans le dos» son allié américain. Et celui-ci menace maintenant d’étendre les sanctions à d’autres secteurs, l’automobile et la production laitière.

L’attention se déplace maintenant vers le Sommet entre Kim et Trump, mais cela ne change rien au fait que la Maison-Blanche a servi un affront humiliant au Canada et à tous les autres pays membres du G7. 

On ne peut certainement pas exclure la possibilité que toute cette mise en scène ait été planifiée dès le départ par Donald Trump, pour en maximiser l’effet. Il aurait eu tout le temps voulu pour manifester publiquement son désaccord pendant le Sommet, si telle avait été son intention. Il a plutôt laissé les discussions déboucher sur un accord, pour ensuite tirer le tapis sous les pieds du premier ministre canadien au pire moment, croyant ainsi l’humilier.

Peut-être voulait-il en faire une démonstration de «force» à la veille de sa rencontre avec Kim Jong-un. Il a continué, hier encore à quelques heures de la rencontre, à se vider le cœur sur Twitter. Au moment où toute son attention devrait être tournée vers le Sommet, il se laisse distraire par une querelle de mots avec son plus proche allié.

Donald Trump soutient ne pas avoir besoin de s’y préparer, se fiant entièrement à son intuition pour savoir «dès les premières minutes» si l’échange sera un succès. Cela revient à dire qu’il ne voit pas l’utilité de maîtriser ses dossiers pour mener cette négociation à bien. C’est l’excuse classique de n’importe quel étudiant qui n’a pas préparé ses examens. Et les résultats ne sont que trop prévisibles.

L’équilibre mondial est à la merci d’un homme obsédé par son ego, pour lequel il n’existe pas de distinction entre son propre intérêt et les dossiers dont il a désormais la charge. L’histoire est remplie de ces leaders pour qui le sort de tout un pays ne pèse pas plus lourd que leur propre enveloppe mortelle. Le sol est jonché de leurs statues.

Dans The Atlantic, un conseiller à la sécurité résume ainsi la doctrine de la Maison-Blanche : «La déstabilisation permanente crée un avantage pour Washington. Nos alliés vont finir par réaliser, avec le temps, qu’il ne sert à rien d’argumenter avec nous.»

C’est justement ce que vient de confirmer le G7. Le dialogue avec un interlocuteur qui voit tout compromis comme une perte nette, au lieu d’un gain mutuel, est une perte de temps. L’Europe, le Royaume-Uni, le Canada, le Japon ne se faisaient guère d’illusions avant la rencontre de La Malbaie. Le Sommet n’a fait que cimenter cette conclusion. Quel avantage y a-t-il à être l’allié d’un pays qui accorde plus de considération à ses ennemis?

Lentement mais sûrement, les États-Unis sont en train de clouer le cercueil de leur leadership. 

Opinions

Colisée: bien se positionner

Ce n’est pas une grande surprise: Yves Lévesque veut avoir une équipe de hockey «majeure» dans «son» nouveau colisée qui devrait accueillir ses premiers visiteurs fin 2019. À l’entendre parler du sujet avec enthousiasme lors de la première pelletée de terre marquant le début de ce chantier évalué à 53 millions $, le maire de Trois-Rivières veut visiblement en faire un dossier prioritaire au cours des prochains mois. Et il n’y a absolument rien de mal là-dedans. Bien au contraire.