Opinions

Le coup bas de M. Couillard

Philippe Couillard vient peut-être, sans le savoir, de sceller l’issue de la prochaine élection. En forçant François Ouimet à laisser son siège de Marquette pour une candidature aussi banale que celle d’Enrico Ciccone, le chef libéral passe pour un sans-cœur. Et pour un homme dont la parole, finalement, ne vaut pas grand-chose. À une semaine du déclenchement officiel de la campagne électorale, voilà un bel exemple de mauvais calcul politique.

Opinions

La lumière au bout du tunnel

La nouvelle était attendue depuis longtemps à Shawinigan. Le gouvernement du Québec force la main d’Arctic Béluga pour le nettoyage du site de l’ancienne usine Belgo. Et même si elle survient à une dizaine de jours du début officiel de la campagne électorale, il y a tout lieu de s’en réjouir. Parce qu’un processus administratif est maintenant enclenché pour que les travaux se fassent.

Le ministère du Développement durable, de l’Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques s’est prévalu d’une disposition de la Loi sur la qualité de l’environnement selon laquelle lorsque quiconque refuse ou néglige de faire une chose qui lui est ordonnée en vertu de cette même loi, le ministre peut faire exécuter la chose aux frais du contrevenant et en recouvrer le coût de ce dernier, avec intérêts et frais.

Opinions

Élections: la table est mise

Il y avait une autre odeur que celle des pneus et de l’essence au Grand Prix de Trois-Rivières en fin de semaine. Une forte odeur d’élections provinciales flottait aussi autour du circuit. L’effluve atteignait aussi Shawinigan, où la Coalition avenir Québec tenait un rassemblement impromptu.

Signe que le déclenchement de la campagne électorale est imminent – le 23 août a osé confirmer le premier ministre Philippe Couillard –, les bains de foule se multiplient. Et ce n’est pas un hasard si c’est en Mauricie qu’on risque d’y goûter souvent.

Opinions

Tout droit dans le mur

On parle souvent du déclin démographique de la région. De son incapacité à atteindre un taux de croissance semblable à celui de l’ensemble du Québec. On parle beaucoup du vieillissement de la population. Du faible taux de natalité. Mais il semble qu’on doive en parler une fois de plus. Parce que la Mauricie fonce tout droit dans un mur.

Les plus récentes données mises à jour par l’Institut de la statistique du Québec concernant les taux de natalité, de mortalité et d’accroissement naturel de la population sont alarmantes. Et elles s’expliquent difficilement.

Éditorial

Google-Facebook: la fête est finie

ÉDITORIAL / «L’époque où ces conduits pouvaient être considérés comme neutre est révolue.» Vous n’avez probablement pas entendu parler de cette citation récente d’un sénateur (Ron Wyden, Oregon), mais elle annonce un revirement du cadre légal à l’intérieur duquel les réseaux sociaux fonctionnent.

Ron Wyden est l’auteur d’une clause, l’article 230 de la Communications Decency Act, adoptée en 1996, qui protège les fournisseurs de «services interactifs numériques» contre toute responsabilité légale pour le contenu produit par leurs utilisateurs. Les «conduits» dont il parle, ce sont donc les compagnies comme Facebook, Twitter, YouTube, à travers lesquels une majorité de la population s’informe. 

«L’idée était de leur fournir un bouclier et une épée. Mais l’épée n’a jamais été utilisée», a expliqué le sénateur. M. Wyden participait à un comité sénatorial sur les campagnes de désinformation menées par des puissances étrangères, la Russie au premier chef. Mais le problème est beaucoup plus large. 

Le patron de Facebook en a donné un aperçu lorsqu’il a déclaré en entrevue, le mois dernier, que son réseau ne bannirait pas les comptes de néonazis, ou de gens qui nient l’holocauste, ou d’un réseau comme Infowars qui propage des théories mensongères de complots. Cela irait contre le principe de «donner une voix aux gens», a-t-il expliqué. 

Sa position est absurde, car elle repose sur une fausse équivalence de contenus, comme s’il n’existait aucune limite. Et Facebook vient d’ailleurs d’expulser Infowars. La prétendue neutralité des réseaux à laquelle aspire Mark Zuckerberg est en réalité un piège à partir du moment où la logique même des filtres et algorithmes créés par ces mêmes réseaux est d’amplifier les contenus incendiaires ou mensongers. 

Ces mécanismes qu’ils ont créés visaient à augmenter leur portée et leurs utilisateurs, mais ils se sont retournés contre nous. Ils n’ont peut-être pas créé la polarisation de l’opinion à laquelle on assiste, mais ils lui ont donné le souffle dont elle avait besoin. 

Aux États-Unis, Google et Facebook à eux seuls sont la principale source d’information pour 70 % des citoyens, selon un article de Rolling Stone. Un pouvoir aussi grand constitue un risque énorme s’il n’est pas accompagné de mécanismes efficaces de contrôle. Et pour l’instant, ils sont à peu près inexistants, tant aux États-Unis qu’au Canada, contrairement à l’Europe.

Quatre compagnies, Apple, YouTube, Spotify et Facebook, viennent de bannir la tête d’affiche d’Infowars, Alex Jones, de leurs services. L’application d’Infowars est encore distribuée par Apple et certaines pages ont survécu, mais c’est la première fois que ces réseaux prennent une telle mesure envers un personnage aussi populaire. Jones comptait 2,4 millions d’abonnés sur YouTube et 1,6 million sur Facebook. 

Les quatre expulsions sont survenues pratiquement en même temps, à quelques jours sinon quelques heures d’intervalle. C’est un signe que ces entreprises réagissaient avant tout à la pression qui s’exerce sur elles de la part du public. 

D’autres leur reprochent au contraire d’exercer une forme de censure, mais des entreprises qui sont se sont assuré le monopole sur les communications et l’information pour des milliards d’utilisateurs ont acquis ce statut de toute façon. Leurs algorithmes exercent une censure de facto. La seule façon de briser cette hégémonie, c’est d’instituer des règles, et de se donner les moyens de s’assurer qu’elles soient respectées. 

La prétendue neutralité des réseaux sociaux est en réalité un piège

Opinions

Miser sur l’autodérision

La nouvelle campagne publicitaire du Parti québécois vient à peine d’être dévoilée et déjà, elle a atteint son objectif. Depuis la fin de semaine, les «plaisanteries péquistes» font beaucoup jaser et pour le parti de Jean-François Lisée, c’est déjà un gain considérable que d’occuper l’espace médiatique et ainsi alimenter l’opinion populaire.

Éditorial

Et merci pour vos blindés!

ÉDITORIAL / Le gouvernement libéral a bien tenté de marcher sur le fil de fer qui sépare, d’un côté, la défense de nos valeurs et, de l’autre, la protection de nos intérêts commerciaux et surtout stratégiques au Moyen-Orient, mais le royaume saoudien vient de démontrer la futilité de cet effort.

Les craintes exprimées par la ministre canadienne des Affaires étrangères, Chrystia Freeland, devant l’arrestation de Samar Badawi, la sœur de Raif Badawi, ne sauraient toutefois expliquer à elles seules les réactions démesurées annoncées lundi par Riyad. Il se passe quelque chose d’autre, reste à savoir quoi. 

Le régime veut-il envoyer un message aux autres pays occidentaux? Mais pourquoi se sentirait-il si menacé à ce moment précis, qu’il décide de renvoyer l’ambassadeur du Canada, de rappeler le sien et du même souffle près de 15 000 étudiants saoudiens qui étudient au Canada?

Et lundi en fin d’après-midi, on apprenait que la compagnie aérienne saoudienne annulait, à compter du 13 août, tous ses vols au Canada.

Qu’a donc dit la ministre pour provoquer l’ire du prince héritier Mohammed Ben Salman? Un simple tweet :

«Très alarmée d’apprendre l’emprisonnement de Samar Badawi, la sœur de Raif Badawi, en Arabie Saoudite. Le Canada appuie la famille Badawi dans cette difficile épreuve, et nous continuons de fortement appeler à la libération de Raif et Samar Badawi.»

L’injure, on le voit, est sans commune mesure avec la réparation infligée par le royaume. 

Sans doute le prince a-t-il jugé que le Canada, un partenaire commercial somme toute modeste, toutes proportions gardées, pouvait servir d’exemple aux autres nations qui seraient tentées de critiquer les abus des droits humains auxquels se livre le jeune monarque.

Peut-être, aussi, le gouvernement saoudien a-t-il voulu préparer le terrain s’il s’apprête à poser d’autres gestes répressifs. À ce stade, tout n’est que conjecture.

Mme Freeland a raison de garder la tête froide et de maintenir le cap. Il est inutile de vouloir amadouer le gouvernement saoudien en se pliant à ses quatre volontés.

Le premier ministre Trudeau et l’ex-ministre des Affaires étrangères, Stéphane Dion, avaient pris la décision impopulaire de ne pas annuler le contrat de plusieurs milliards de dollars pour la livraison de véhicules blindés légers justement pour préserver nos relations avec cet acteur incontournable du Moyen-Orient.

Ce capital politique n’a pas permis d’obtenir la libération de Raif Badawi. Et si quelques mots de la part d’une ministre — une femme évidemment — l’ont réduit à néant, c’est qu’il tenait à bien peu de choses. 

Il ne faut pas s’attendre à ce que les États-Unis se donnent la peine d’intercéder en notre faveur. L’administration Trump a fermé les yeux sur bien pire pour cultiver les faveurs du prince, et le président doit se réjouir de la gifle servie à M. Trudeau, s’il ne l’a pas encouragée, même.

Il serait toutefois surprenant que les rapports entre nos deux pays en restent là de façon durable. Ce n’est pas la première fois que l’Arabie Saoudite prend offense de critiques envers ses pratiques. Elle l’avait fait avec la Suède en 2015. Le conflit s’était réglé rapidement, mais il n’avait pas atteint de telles proportions.

Et l’Arabie Saoudite aussi devra payer un prix, car le pays projette de plus en plus l’image d’un partenaire imprévisible et isolé.

Opinions

Le Sanctuaire dans le 21e siècle

C’est un grand, très grand projet pour le Sanctuaire Notre-Dame-du-Cap. L’institution, qui domine les rives du fleuve avec sa basilique, est un attrait touristique majeur pour toute la région. C’est aussi un lieu de culte important, un lieu riche sur le plan patrimonial, un lieu de rassemblement de plus en plus couru et aussi un havre de paix en milieu urbain. Mais le sanctuaire, la basilique, leurs terrains et leurs bâtiments secondaires commençaient à montrer des signes de fatigue. Il était grand temps de faire entrer ce lieu exceptionnel dans le vingt et unième siècle.

Opinions

L’inacceptable détour de la Route

Soyons clairs. Il est parfaitement inacceptable qu’une Route des Brasseurs, en Mauricie, ne comporte aucun arrêt à Shawinigan. Peu importe les raisons invoquées par le Regroupement des microbrasseries de la Mauricie d’un côté et le Trou du diable de l’autre, l’absence des deux microbrasseries de Shawinigan est injustifiable dans un circuit touristique régional qui a pour objectif de faire découvrir la filière brassicole de la Mauricie.

Il est d’ailleurs difficile de concevoir comment le comité régional de sélection du Fonds d’appui au rayonnement des régions (FARR) a pu donner son aval à ce projet et, qui plus est, à verser 80 000 $ pour son développement. Les sommes versées dans le cadre de ce programme doivent normalement servir à aider des projets qui «portent la marque distinctive du rayonnement régional».

Opinions

Recoller les pots cassés

L’entente de principe intervenue la semaine dernière entre le syndicat des professeurs et la direction de l’Université du Québec à Trois-Rivières est à peu près la meilleure nouvelle qu’on pouvait espérer en pleines vacances de la construction. Si tout va bien, les professeurs entérineront cette entente et la nouvelle convention collective pourrait être signée quelque part vers la rentrée scolaire.