Éditorial

Un bilan presque parfait

ÉDITORIAL / L’organisation du Festival western de Saint-Tite vient de présenter le bilan de sa 51e édition et c’est sans grande surprise qu’on peut observer, une fois de plus, l’importance de l’événement pour l’économie de la municipalité et de la région. La surprise, c’est que la question du bien-être animal, qui continue à susciter de vifs débats, est maintenant abordée dans le bilan de l’événement. Mais il faudra faire plus que simplement aborder la question.

Éditorial

Espoir pour les proches aidants

ÉDITORIAL / Une personne sur quatre est proche aidante. Avec le vieillissement de la population, avec un réseau de la santé qui peine déjà à répondre à tous les besoins, de plus en plus de Québécois risquent de se retrouver bien malgré eux dans ce rôle exigeant. La ministre Marguerite Blais semble heureusement déterminée à alléger leur fardeau.

Croisons nos doigts pour que l’ex-libérale devenue caquiste ne soit pas revenue en vain en politique et que François Legault respecte son engagement.

Mme Blais promet une politique et un plan d’action pour 2020, et de l’argent dès l’an prochain. Elle souhaite également que la politique soit pérenne et non partisane. 

Des députés de tous les partis ont participé mardi à la première consultation menée par la ministre responsable des Aînés et des Proches aidants. C’est un bon début.

Les attentes sont énormes et commandent des actions sur plusieurs fronts. Si toutes les formations politiques travaillent ensemble avec tous ceux qui gravitent autour des proches aidants, la ministre parviendra mieux à concocter une politique qui répondra adéquatement aux besoins des citoyens qui consacrent temps, énergie et amour à une personne âgée, à un enfant handicapé, à un conjoint cancéreux, à un proche atteint d’une maladie mentale.

La politique doit avant tout faciliter la vie quotidienne des proches aidants et non, à permettre à l’État de se désengager en matière de santé et de services sociaux. 

Pour sauver des sous, pour pallier aux pénuries de main-d’œuvre qui affectent déjà le réseau de la santé, le gouvernement ne doit pas se fier indûment aux femmes, aux hommes, aux enfants (oui, cela existe) qui assument leur part de responsabilités en prenant soin d’un proche malade ou handicapée. Certains y laissent leur propre santé, voire leur vie.

La ministre Blais doit mettre fin au glissement. 

Chloé Sainte-Marie, porte-parole de la Fondation Maison Gilles-Carle, a dit lors de la consultation de mardi qu’il faut rééquilibrer le rôle de l’aidante dans la société. 

Au fil du temps, les proches aidants ont en effet été appelés à en faire toujours plus. En 2012, la Protectrice du citoyen notait dans un rapport sur l’accessibilité des services de soutien à domicile que le réseau de la santé comptait parfois trop sur les proches des malades.

Raymonde St-Germain rappelait que selon la politique établie par Québec, la participation du proche aidant devait être volontaire. Or, elle constatait malheureusement que le soutien «volontaire» faisait partie du calcul de certains établissements pour déterminer le nombre d’heures de services à domicile accordé à un patient. L’aide naturelle était devenue imposée.

Le problème n’était pas nouveau. En 2000, des groupes de femmes sonnaient déjà l’alarme. Ils reprochaient au gouvernement de trop compter sur le grand cœur et le «cheap labor» des femmes. Près de 60 % des proches aidants sont en effet de sexe féminin.

Les personnes qui jouent ce rôle assument aussi des pertes de revenus de 16 000 $ par année. Un bon nombre concilie travail et la tâche de veiller sur un proche fragile ou non autonome.

Comment leur accorder du répit, atténuer leurs pertes financières, faciliter les communications avec les médecins? Comment donner de la formation à ceux qui doivent, volontairement ou involontairement, jouer le rôle de proche aidant? Selon la professeure Sonia Éthier de l’École de travail social de l’Université Laval, 40 % des proches aidants n’ont pas choisi leur nouveau statut. 

Plusieurs d’entre nous auront à composer avec cette réalité. Lorsque Chloé Sainte-Marie déclare que les gens ne se voient pas comme des proches aidants parce que «c’est se reconnaître comme esclave», cela fait peur.

Nous avons tous intérêt à ce que Marguerite Blais réussisse.

Opinions

Briser la loi du silence

Il y a quelque chose de rassurant dans les propos du ministre de l’Éducation, Jean-François Roberge, qui veut mettre fin à la «loi du silence» dans le réseau scolaire. Mais il faut que cette intention aille plus loin que dans le discours circonstanciel du ministre. Il faut, plus que jamais, mettre les lanceurs d’alerte et les employés qui révèlent des situations problématiques à l’abri des représailles.

Le cas qui soulève l’indignation populaire, ces jours-ci, est celui de Kathya Dufault, cette enseignante de Rosemère qui a dénoncé publiquement les conditions de travail dans lesquelles elle exerçait son métier, et qui fait maintenant face à une procédure de congédiement de la part de son employeur, la Commission scolaire de la Seigneurie-des-Mille-Îles (CSSMI).

Opinions

La brique et le mortier

Le maire de Shawinigan, Michel Angers, a raison. La fiscalité municipale désuète complique la tâche des villes qui tentent tant bien que mal d’augmenter leurs revenus et de se débarrasser de cette béquille que constitue le programme de péréquation provincial pour les municipalités.

Shawinigan se retrouve, cette année encore, en tête du palmarès des villes québécoises qui reçoivent les paiements de péréquation les plus élevés de la part du gouvernement du Québec. Mieux encore – ou pire encore, c’est selon le point de vue – elle décroche cette année un montant record de 4,8 millions de dollars, accaparant du même coup 8 % de l’enveloppe totale consacrée à l’entente entre le gouvernement du Québec et les municipalités sur la péréquation.

Éditorial

Si jeunes et souffrants

ÉDITORIAL / De plus en plus de jeunes du secondaire éprouvent des problèmes de santé mentale. Ils ont moins de 18 ans et souffrent de détresse psychologique, d’anxiété, de troubles alimentaires et doivent recourir à la médication. Ça aussi c’est loin d’être banal. L’état de santé des jeunes devrait nous préoccuper tout autant que celui des tout-petits et des aînés.

L’Institut de la statistique du Québec (ISQ) a présenté cette semaine un portrait sombre de la santé mentale des jeunes en 2016-2017. Les élèves du secondaire se portaient mieux il y a six ans.

Les chiffres sont inquiétants. En 2010-2011, 21% des élèves révélaient un niveau élevé de détresse psychologique. En 2016-2017, la proportion a grimpé à 29%.

Les troubles anxieux ont aussi fait un bond important. À 9% il y a six ans, ils touchent maintenant, selon la dernière enquête sur la santé des jeunes du secondaire, 17% des adolescents. Les troubles de l’attention, avec ou sans hyperactivité, sont également en hausse. Ainsi que le recours à des médicaments pour aider les élèves à se concentrer, à s’apaiser.

Quel avenir se prépare-t-on si tant de jeunes sont mal en point? Comment sauront-ils poursuivre des études, occuper un emploi, élever une famille sans hypothéquer ou mettre davantage en péril leur santé, leur équilibre, leur vie?

Que peut-on changer dans nos politiques publiques et dans nos modes de vie pour améliorer la santé mentale des futurs adultes? Les services publics sont-ils adéquats pour répondre à la détresse des jeunes et soutenir leur famille?

Selon l’Organisation mondiale de la santé, la moitié des troubles de santé mentale apparaissent avant 14 ans. Le Commissaire à la santé et au bien-être notait en 2012 que si ces troubles ne sont pas dépistés tôt et traités efficacement, ils entravent l’avenir de la personne au plan social, éducatif et professionnel. Ce n’est pas banal.

D’où la recommandation du commissaire d’inclure la psychothérapie dans le panier de services assurés. Tout comme le Collectif pour l’accès à la psychothérapie, il suggérait que la priorité soit donnée aux jeunes de moins de 25 ans.

Il y a un an, le ministre Gaétan Barrette reconnaissait que l’offre de services en santé mentale n’était pas suffisante. Il avait annoncé un investissement de 35 millions$ pour un programme public de psychothérapie.

Un pas dans la bonne direction, mais d’autres doivent être faits.

La nouvelle ministre de la Santé, Danielle McCann, est-elle prête à améliorer les services et les soins en santé mentale?

La santé est une des trois priorités du gouvernement caquiste. Reste à voir si la santé mentale aura sa juste part. Reste à voir si entre le dépistage de troubles de développement chez les tout-petits, l’accroissement des soins à domicile et l’amélioration des soins aux aînés, de l’attention et des efforts seront aussi dirigés vers les jeunes du secondaire.

Évidemment, la responsabilité de la santé mentale des ados n’incombe pas uniquement au réseau de la santé et aux écoles. Chaque famille, chaque parent, chaque jeune doit également s’interroger sur son mode de vie, ses valeurs.

Les objectifs de performance fixés dans différentes sphères de nos vies sont-ils exagérés, conduisent-ils au stress, à l’anxiété? La supervision parentale est-elle adéquate? Le temps passé sur les réseaux sociaux est-il disproportionné par rapport à celui accordé aux activités physiques et au sommeil? La précarité financière de certaines familles mine-t-elle la santé des enfants?

Protéger la santé mentale des jeunes est manifestement une responsabilité partagée.

La santé mentale des jeunes du secondaire se dégrade.

Opinions

La saison de la générosité

Louis Audet n’avait que huit ans en 1958 quand son père Henri a dit oui à l’idée que lui proposaient Gilles Boulet et Claude Blain, celle d’organiser un téléthon pour venir en aide aux personnes démunies de la région. Mais il s’en souvient comme si c’était hier. Son père lui a dit: «On va faire l’histoire!».

Opinions

La tentation de la tablette

À quoi peuvent bien servir des plans de mesures d’urgence ou des plans de sécurité civile si on ne se donne pas les moyens pour les appliquer et les maintenir à jour? C’est la question qu’on peut poser au maire et au conseil municipal de Saint-Élie-de-Caxton qui, dans le contexte de la tempête et des pannes d’électricité de la semaine dernière, n’ont pas jugé pertinent de déployer les mesures consignées dans ce document.

Opinions

Un ennemi nommé vitesse

Décidément, la réduction des limites de vitesse est un sujet à la mode autour de la table du conseil municipal de Trois-Rivières. Après l’adoption controversée du concept de «Vision zéro» pour les rues et le développement de la ville, voilà qu’on se penche sur la question d’une possible demande de réduction de la vitesse sur l’autoroute 40 dans sa portion urbaine. L’idée est loin d’être saugrenue.

Bien sûr, elle n’était même pas lancée officiellement que déjà, elle était controversée. Il y a, chez plusieurs automobilistes, une sensibilité qui se manifeste dès qu’on évoque une perte de jouissance des droits qu’ils croient acquis ou une modification du cadre dans lequel ils sont habitués de se déplacer.

Éditorial

Le meilleur est à venir?

ÉDITORIAL / Le ministre des Finances, Éric Girard, n’a pas tenté de rivaliser avec le père Noël dans son premier énoncé économique, et c’est très bien ainsi. Si le gouvernement caquiste veut faire une réelle différence en éducation et en santé, il aura besoin d’une bonne marge de manœuvre dans son budget du printemps. Il fait par ailleurs un choix judicieux en prévoyant 1,6 milliard $ afin que les entreprises augmentent leur productivité.

Des citoyens auraient bien sûr souhaité que le gouvernement de François Legault retourne dès maintenant plus d’argent dans leurs poches comme il l’a promis en campagne électorale.

La personne âgée de 70 ans qui doit se débrouiller avec un maigre revenu de 22 500 $ par année ne fera pas d’extravagance au prochain réveillon avec le soutien de 16 $ par mois que lui accorde le gouvernement. Le ministre Éric Girard, a beau dire qu’il s’agit d’un «ajout significatif», ce n’est pas avec un crédit d’impôt de 200 $ par année que la retraite deviendra dorée. 

Les personnes qui n’entrent pas dans la catégorie chouchou des caquistes — les familles et les aînés — constateront qu’il y a bien peu, voire rien pour elles dans cette mise à jour économique, à moins qu’elles ne puissent s’acheter un véhicule électrique.

Si elles vivent seules et dans la pauvreté, Québec n’accourt pas pour leur venir en aide. L’an dernier, le Centre d’étude sur la pauvreté et l’exclusion suggérait pourtant de porter attention aux personnes âgées, mais aussi, aux personnes seules, aux autochtones et aux individus souffrant de maladie mentale. Les familles ont pu profiter du soutien des gouvernements précédents.

Le premier ministre Legault a indiqué lundi qu’il ne faut pas regarder de haut ce qu’on met dans le portefeuille des gens, qu’il ne faut pas l’opposer à la prestation de services publics. Il est possible, selon lui, de faire les deux. Il aura à le démontrer.

Les années d’austérité budgétaire du gouvernement Couillard ont fait réaliser à plusieurs Québécois qu’un accès rapide à des services professionnels pour les jeunes, des écoles sans moisissures, du personnel en nombre suffisant dans les établissements de santé, ça vaut plus souvent que des baisses d’impôt, de taxes ou de tarifs.

Mieux vaut donc que le gouvernement Legault joue de prudence et présente au printemps un premier budget et des mesures concrètes qui démontreront que l’éducation et la santé sont réellement ses priorités. Cela aurait été peu utile d’investir dès aujourd’hui dans des programmes ou des approches qui ne donnent pas les résultats escomptés.

Le gouvernement a par ailleurs profité de l’énoncé économique pour envoyer un signal fort et essentiel en matière d’économie. Il consacrera 1,6 milliard $ sur cinq ans pour inciter les entreprises québécoises à accroître leur productivité.

Il ne le fait pas en baissant bêtement le taux d’imposition — certaines entreprises pourraient en effet utiliser cette économie d’impôt pour accroître les dividendes de leurs actionnaires — mais bien en augmentant à 100 % le taux d’amortissement des investissements pour du matériel informatique, de l’équipement de production d’énergie propre, du matériel de fabrication et de transformation.

Souhaitons que les entreprises répondent positivement, qu’elles comblent au cours des prochaines années le retard de productivité qu’affiche le Québec par rapport aux autres provinces.

Augmenter la productivité et miser sur l’éducation enrichiront le Québec économiquement et socialement. Le gouvernement vient de poser un premier jalon important en soutenant les entreprises. Au printemps, il devra livrer la marchandise en éducation.

Opinions

ABI: le pari de Jean Boulet

Bien conscient de l’impact économique de ce conflit dans notre région, le nouveau député de Trois-Rivières, Jean Boulet, n’a vraiment pas perdu de temps à se pencher sur le dossier du lock-out qui perdure depuis bientôt un an à l’Aluminerie de Bécancour. Fraîchement nommé ministre du Travail, de l’Emploi et de la Solidarité sociale, il s’est rendu à Pittsburgh début novembre pour rencontrer les hauts dirigeants d’Alcoa et il est parvenu à convaincre les parties de reprendre les négociations qui étaient au point mort depuis plus d’un mois. Bien fait.

Le ministre spécialisé en droit du travail a poussé l’audace jusqu’à imposer une date limite pour en arriver à un projet d’entente, soit le 30 novembre. M. Boulet espérait alors un scénario de rapprochement assez significatif pour permettre à son gouvernement de proposer à cette date une hypothèse finale de règlement. Un pari assez courageux quand on sait qu’un mois plus tôt Lucien Bouchard, médiateur spécial assigné au dossier, avait mis fin aux négociations devant l’immense fossé qui séparait les parties.