L’auteur de cette lettre, un résident de Sainte-Geneviève-de-Batiscan, est préoccupé par l’idée de voir les élèves du primaire du pavillon Saint-Charles de l’école du Versant-de-la-Batiscan prendre le chemin de Saint-Stanislas.

École du Versant-de-la-Batiscan: la vraie source du problème

Dans le débat entourant le regroupement possible des élèves des pavillons Saint-Charles (à Sainte-Geneviève-de-Batiscan) et Saint-Gabriel (Saint-Stanislas) dans un seul établissement, je me permets d’apporter quelques éléments de réflexion.

La problématique est la période de transport des élèves de l’établissement de Sainte-Geneviève-de-Batiscan vers l’établissement de Saint-Stanislas pour le cours d’éducation physique et non de savoir si le conseil d’établissement doit ou non demander aux commissaires une consultation sur le regroupement des élèves dans l’établissement de Saint-Stanislas. 

Il a été soulevé que certains enfants reviennent chez eux la boîte à lunch pleine, par manque de temps pour dîner. Est-ce qu’il y a d’autres raisons? A-t-on pris le temps d’analyser de façon pertinente cette information? Si cela est vrai, ce n’est pas normal, j’en conviens. Plusieurs autres raisons ont été évoquées, plus ou moins valables, mais pour dramatiser, certains parents ont décidé d’en ajouter. 

Il y a 20 ans, la Municipalité de Sainte-Geneviève-de-Batiscan a conclu une entente avec la commission scolaire, pour l’utilisation de la salle municipale comme gymnase pour les élèves de la maternelle, première et deuxième année. 

Les années ont passé et la cohabitation a toujours été harmonieuse. Fait très important, jamais un parent ne s’est plaint du contenu ou des exercices de leurs enfants durant les cours d’éducation physique. Et surtout, cela n’affectait en rien la période de dîner des élèves. Il n’y avait aussi aucune animosité entre les trois collectivités rurales.

Durant les trois dernières années, la Municipalité a investi plusieurs milliers de dollars pour rénover cette salle: agrandissement de l’entrée, plancher neuf, réfection du système d’éclairage pour qu’il soit sécuritaire et adéquat et même ajout de climatisation. Je ne sais pour quelles raisons mais durant la dernière année, les cours d’éducation physique ont été donnés à la salle municipale. 

Il n’y avait plus rien de fonctionnel malgré toutes les améliorations apportées. Il y avait toujours quelque chose qui dérangeait le bon déroulement de la période d’éducation physique. Il y aurait, semble-t-il, eu une problématique de sécurité avec un élève, mais lorsque la décision a été prise de déplacer tous les élèves en autobus pour que ces derniers aillent faire leur éducation physique au pavillon Saint-Gabriel, cet élève avait été relocalisé dans une autre école. 

On a soulevé aussi qu’il est très dangereux de traverser la rue de l’Église avec les enfants pour se rendre à la salle, alors qu’ils sont accompagnés de leur enseignant, qui tient un panneau d’arrêt, sur une traverse de piétons annoncée dans une zone scolaire! Une rue à traverser demande toujours une attention particulière. Mais il y a des élèves qui traversent des rues (pour pas dire des boulevards) à Trois-Rivières qui sont beaucoup plus achalandées que la nôtre! Je suis parfaitement conscient qu’il peut y avoir place à l’amélioration. 

Pourquoi la direction de l’école ne discute pas de solution avec le conseil municipal de Sainte-Geneviève? Je suis certain que ce dernier aurait une oreille très attentive et serait ouvert aux propositions mises sur la table. Et si la présence d’un brigadier est nécessaire, bien analysons cette possibilité. On nous dit que le gymnase du pavillon Saint-Gabriel est tout adapté pour l’éducation physique et c’est exact, mais des enfants de 5 à 8 ans ont-ils besoin de tous les mêmes équipements que ceux jusqu’à 11 ans? J’en doute. 

Je crois qu’avec un peu de bonne volonté et une salle municipale mieux adaptée aux besoins exprimés peut faire en sorte que ces jeunes puissent s’épanouir parfaitement. C’est ça, la source du problème: une rue à traverser et une salle à laquelle il manque des lignes de démarcation au plancher et quelques autres ajouts minimes. La solution: un brigadier. 

Ce dernier peut aussi être surveillant et porter assistance au professeur, et quelques dollars pour parfaire l’intérieur de la salle. Et en éliminant un transport, on contribue au mieux-être de notre planète. Je ne veux rien enlever à quelque municipalité que ce soit, bien au contraire. Je ne veux que protéger les acquis de chacun. C’est ça la vraie ruralité. Et les enfants ne sont brimés en rien. 

Normand Despins

Sainte-Geneviève-de-Batiscan