Nicolas Marceau, ministre des Finances du Québec.

Dure réalité

La nouvelle année nous attend avec ses réalités. Saviez-vous qu'en 2013 le Québec a perdu 43 800 emplois? Saviez-vous qu'en 2013, durant les premiers neuf mois, 28 439 travailleurs ont quitté le Québec, nombre le plus élevé depuis une décennie? C'est presque un exode. Ces chiffres viennent de l'Institut canadien de l'émigration.
Sur une population de 8 millions de personnes, c'est minime, mais ça dérange beaucoup sur la création de richesse puisque chaque emploi direct crée trois emplois indirects.
Durant ce temps, à l'Assemblée nationale, et depuis des mois et dans les mois à venir, on va discuter du projet de loi de la Charte de la laïcité. Notre Québec s'en va où avec ça?
Il est plus que temps de discuter d'économie et d'emplois. La confiance des investisseurs n'y est plus, même avec l'aide du gouvernement. La grande pauvreté chez la population existe, à moins que l'on se mette la tête dans le sable.
Le ministre des Finances, Nicolas Marceau aura bien du mal à présenter un budget crédible, tant pour nous les contribuables, que pour les agences de notation de crédit. Nous voyez-vous avec une augmentation des taux d'intérêt sur notre dette de 180 milliards $? Ça ferait très mal.
Ça va prendre plus que la collaboration de nos syndicats et de nos institutions. Notre société a de grands défis à relever sinon nous serons tous en péril. Nous ne pouvons pas nous permettre des déficits à coups de milliards encore longtemps. Une chose est certaine: ce ne sont pas nos voisins qui vont payer notre dette!
Au moins, il y en a un du Parti québécois qui s'est réveillé; l'ex-premier ministre Bernard Landry a bravé les écolos du PQ et a dit qu'il est temps pour l'économie du Québec d'exploiter notre pétrole ainsi que les gaz de schiste. Il est grand temps; Terre-Neuve s'est sortie de sa torpeur économique en exploitant son pétrole depuis 15 ans. Elle n'a plus besoin de péréquation; c'est loin d'être notre cas.
2014 nous réserve de très mauvaises surprises, le ministre Nicolas Marceau n'aura pas le choix de taxer davantage, donc encore plus de pauvreté, plus de gens sans travail et les tenants de l'indépendance du Québec vont accuser le fédéral de nos malheurs, alors qu'il nous verse neuf milliards et demi en péréquation venant des provinces riches du Canada.
Jules Pinard
Trois-Rivières