Dre Janique Dion

Dre Janique Dion, je vous admire

OPINION / En réaction à l’article de Marie-Eve Lafontaine intitulé «La Dre Janique Dion rétrogradée», publié dans notre édition du 14 février.

J’ai appris en lisant l’article de Marie-Eve Lafontaine votre rétrogradation comme adjointe au chef de département de médecine du Centre-de-la-Mauricie. Quel dommage!

J’ai eu la chance de vous rencontrer l’automne dernier lorsqu’on a échangé nos points de vue sur les impacts négatifs de la fermeture de l’urgence de Cloutier-du Rivage dans le secteur Cap-de-la-Madeleine. Vous m’aviez, entre autres, expliqué comment vous aviez essayé de convaincre les dirigeants et vos collègues de l’impact de cette fermeture sur la population du secteur Cap-de-la-Madeleine. Rien n’y fit.

Plusieurs personnes de l’interne du réseau de la santé partageaient votre opinion que c’était un recul important. Mais, vous étiez seulement trois du réseau de la santé qui ont accepté de prendre la parole publiquement, une infirmière à la retraite, un autre médecin et vous. Les autres, avec raison, avaient peur de représailles.

Vous étiez sûrement consciente de ce qui vous attendait, mais l’intérêt supérieur de la population primait. Avec peu de moyens, contrairement au CIUSSS qui pouvait compter sur une équipe de communication, de sondage, des entrées auprès des ministres, vous avez défendu votre point de vue avec éloquence et respect. Expliquant l’intérêt de la nouvelle formule proposée, si elle était en complément de ce qui était déjà en place.

Jeudi à l’Assemblée nationale, la ministre de la Santé et des Services sociaux, madame Danielle McCann, énonçait un sondage positif concernant l’avis des usagers. Il s’agit d’un sondage partiel, comme scientifique, elle devrait le savoir. Les gens qui ont été refusés à l’entrée de l’hôpital n’ont sûrement pas été sondés. Ceux qui ont dû attendre plus longtemps à l’urgence de Sainte-Marie, n’ont pas été consultés non plus. Quant à madame Sonia LeBel, ministre de la Justice et députée de Champlain, elle parlait d’une crise médiatique à la radio de Radio-Canada et non d’un problème réel.

Près de 9000 personnes ont signé une pétition demandant l’arrêt de cette fermeture. C’est énorme 9000 personnes pour une pétition dans notre ville! C’est beaucoup plus qu’une crise médiatique.

Alors, Dre Janique Dion, vous êtes une lanceuse d’alerte qui sacrifie son bien-être personnel pour celui de la population. Pour cela, je vous admire et à entendre les gens que j’ai rencontrés aujourd’hui, dites-vous que je ne suis pas la seule.

Sylvie Tardif

Trois-Rivières