Martin Francoeur
Le Nouvelliste
Martin Francoeur

Doublement de l’A55: il faut une date

ÉDITORIAL / Il y avait quelque chose de rassurant dans l’engagement pris par le premier ministre François Legault il y a une dizaine de jours à peine concernant le doublement de l’autoroute 55 entre Saint-Grégoire et l’autoroute 20. 

Mais avec l’accident mortel survenu lundi matin, le délai prévu pour une mise en chantier apparaît déjà comme étant trop long. Ce dossier a traîné trop longtemps. Il faut un calendrier de réalisation au plus vite.

Difficile de ne pas donner raison au maire de la Municipalité du village de Saint-Célestin, Raymond Noël, qui réclame justement une date de réalisation et des échéanciers pour la confection des devis et le lancement des appels d’offres.

Le plus frustrant, c’est que ça fait des années que les élus et la population du Centre-du-Québec réclament le doublement des voies de l’autoroute 55 entre le secteur Saint-Grégoire et la municipalité de Sainte-Eulalie. Comment se fait-il que le gouvernement et le ministère des Transports n’aient pas été aussi prompts à réagir à ces demandes répétées et aux accidents avec morts ou blessés qui se sont multipliés au cours des quinze dernières années?

Quand un viaduc s’effondre ou qu’un rapport vient signaler le caractère non sécuritaire d’un pont, on trouve pourtant les moyens d’accélérer les processus et la réalisation des travaux. Mais quand des accidents surviennent à intervalles plus ou moins réguliers, faisant une ou quelques victimes ici et là, on n’agit pas. Il faut une réelle volonté politique.

On croyait bien en avoir vu une manifestation, il y a dix jours, avec l’engagement du premier ministre. Il faut maintenant aller plus loin, plus vite. Ce tronçon de la 55 à une chaussée où se juxtaposent deux voies opposées contiguës a fait trop de victimes. Les intersections ne répondent pas aux normes de sécurité normalement associées à une autoroute.

En fait, il est là le problème. Ça fait des années qu’on essaie de faire croire que ce bout de route est une autoroute. En choisissant de maintenir la désignation de la 55 comme une autoroute entre Bécancour et l’autoroute 20, le ministère des Transports a fixé la vitesse maximale à 100 km/h mais fait toujours fi du critère du doublement des voies, également caractéristique d’une autoroute digne de ce nom. La 55, sur ces quelque 27 kilomètres, n’a rien d’une autoroute, si ce n’est que le nom, le numéro et la limite de vitesse.

La présence de feux de circulation sur une autoroute, comme c’est le cas à l’intersection de la route 226 à Saint-Célestin, n’est pas habituelle. La présence d’intersections sans feux de circulation, comme c’est le cas à la hauteur de la rue Thibodeau et des chemins Forest et Prince, à Bécancour, l’est encore moins. C’est étrange parce que plus au sud, entre Saint-Célestin et l’autoroute 20, il y a déjà des ponts d’étagement à la hauteur des 6e, 8e, 9e et 10e rangs, de même qu’à la hauteur du rang des Érables. Même la voie ferrée passe sous l’autoroute à Saint-Wenceslas. Ce n’est pas normal de ne pas avoir eu les mêmes préoccupations pour les intersections à niveau qui croisent toujours la 55.

Il pourrait être tentant d’invoquer le manque de moyens, la nécessité de faire des choix ou le débit de circulation insuffisant pour justifier l’inaction du gouvernement dans ce dossier. Mais il y a déjà eu trop d’accidents mortels ou avec blessés graves sur ce tronçon d’«autoroute». Des vies auraient pu être sauvées si, déjà, l’autoroute avait été à chaussées séparées.

Qu’on agisse vite et bien. L’autoroute-qui-n’en-est-pas-vraiment-une a fait trop de victimes.