Le premier ministre canadien Justin Trudeau

Docteur, j'ai mal à ma démocratie!

Les récentes élections tant scolaires, municipales, provinciales que fédérales démontrent bien que notre démocratie, plus ou moins participative, ne va pas bien du tout. Beaucoup d'éléments portent à croire que notre système parlementaire, hérité du régime britannique et de l'Acte constitutionnel (1791), est même déficient à plusieurs égards. Notre démocratie est malade.
D'emblée, il faut constater que plusieurs millions de citoyens méprisent leur principal devoir démocratique: le vote. Dans la plupart des élections, c'est même le Parti des abstentionnistes qui l'emporte, soit près de 40 % de la population. Aussi, il devient de plus en plus évident
que notre mode de scrutin à un tour n'a jamais produit des résultats conformes à la volonté populaire.
Par exemple, au Québec, en avril 2014, 41 % des votes ont donné 56 % des sièges et 100 % du pouvoir à un seul parti politique. Bref, le système électoral actuel est absurde et largement dépassé. Pourtant, selon le mouvement Meilleure Démocratie, 85 % des pays industrialisés utilisent un mode de scrutin proportionnel qui reflète plus fidèlement la volonté populaire dans la répartition du pouvoir.
Non seulement il existe un consensus au sein de la société civile à l'effet qu'une réforme est souhaitable et nécessaire (rappelé notamment dans le rapport des États généraux sur la réforme des institutions démocratiques en 2003), mais il y a aussi urgence d'agir avant l'effondrement ultime.
Ainsi, le désengagement récent du premier ministre du Canada Justin Trudeau par rapport à sa promesse de faire d'octobre 2015 la dernière élection dans un scrutin uninominal majoritaire est totalement inacceptable voire scandaleux. Si la démocratie québécoise a ses défauts, la méchante grippe de la démocratie canadienne vient peut-être de se transformer en pneumonie mortelle!
L'heure est à la réforme urgente de nos institutions démocratiques et à la revalorisation des multiples devoirs des citoyens. Voter n'est pas un privilège, et les droits impliquent des devoirs. Pour paraphraser l'historien Lionel Groulx, réformer le mode de scrutin et assainir les moeurs parlementaires à l'intérieur de la fédération canadienne si possible, ou à l'extérieur s'il le faut.
Jean-François Veilleux
Citoyen engagé et doctorant en études québécoises à l'UQTR