Selon l’auteur de cette lettre, l’orientation donnée à ces consultations fixe le cadre de la réflexion selon des a priori relevant davantage de la gestion de la décroissance que de l’investissement.

Devant le succès de la mobilisation populaire, forgeons notre solidarité!

OPINIONS / L’auteur, Robert Aubin, est député de Trois-Rivières à la Chambre des Communes.

Quand plus de quarante personnes se présentent par un superbe samedi matin ensoleillé, en pleines vacances de la construction, pour une consultation publique sur l’avenir des Forges du Saint-Maurice, nul ne peut plus douter de l’intérêt de la population pour ce site patrimonial.

Quant à moi, il s’agissait de ma deuxième participation à cet exercice de consultation sur le plan directeur 2019-2029 et chaque fois j’en suis ressorti en me disant: «je ne peux pas avaler cette couleuvre»!

Loin de moi l’idée de jeter la pierre aux fonctionnaires de Parcs Canada qui dirigeaient la consultation et qui font sans doute le maximum dans les circonstances, car le problème réside ailleurs. L’orientation donnée à ces consultations fixe le cadre de la réflexion selon des a priori relevant davantage de la gestion de la décroissance que de l’investissement.

Axé sur un financement récurent de 190 000 $ par année et sur des espoirs de subventions à l’un ou l’autre des programmes fédéraux, le vocabulaire du plan directeur n’arrive pas à dissimuler que l’entretien des vestiges et le maintien des infrastructures est déjà pratiquement mission impossible.

Malgré les quelque 1,8 million $ investis ces derniers temps, les Forges du Saint-Maurice font pâle figure devant les 10 millions $ accordés au Fort Chambly, ou les 13,6 millions $ consentis à Niagara-on-the-Lake pour ne citer que quelques exemples.

En réalité, la véritable question tourne davantage autour de la façon dont Parcs Canada assure la répartition des 3 milliards $ d’investissements prévus sur cinq ans dont 17 000 installations à travers le pays souhaitent être bénéficiaires.

Si les fonctionnaires travaillent dans un cadre strict et bien établi, seule une mobilisation populaire peut ébranler les colonnes du temple d’un ministère aussi puissant.

Au sortir des ces consultations, tous les acteurs du milieu et tous les citoyens arrivaient au même constat. Le site n’est plus que l’ombre de lui-même et les orientations proposées ne nous permettent pas de rêver le développement d’une nouvelle expérience aux Forges du Saint-Maurice.

Il y a bien eu cette idée d’un comité consultatif qui accompagnerait les dirigeants dans l’application du plan directeur, mais ce serait déjà baisser les bras devant une réforme majeure. Cela reviendrait à dire que nous renonçons à la possibilité de penser un avenir en dehors des sentiers battus.

Pour ma part, je proposerai bientôt la mise sur pied d’un comité d’action voué à la défense et au développement des Forges du Saint-Maurice. L’unification des forces vives du milieu nous permettrait certes de militer en faveur d’un meilleur financement ou du retour d’une direction locale, mais notre indépendance nous donnerait aussi le loisir de témoigner de notre désir de réviser une partie du mandat de Parcs Canada si l’on veut que modernité et histoire puissent se côtoyer.

Nous voulons rêver, prioriser, chiffrer nos ambitions au regard du devenir des Forges du Saint-Maurice et non chercher à entrer dans une case du formulaire.

Nous souhaitons un plan directeur qui satisfasse les gens du quartier, les Trifluviens et les visiteurs. Nous croyons nécessaire de revoir le carcan de Parcs Canada pour que la vocation du site ou son approche historique acquière plus de souplesse. Bref, il m’a semblé que la volonté des différents intervenants dépassait le désir d’être consulté. Nous avons à cœur de battre le fer pendant qu’il est chaud!

À Ottawa, ma voix c’est notre voix et de toute évidence, elle porte plus loin et plus fort lorsque nous travaillons ensemble.

On se donne rendez-vous très bientôt!