Le 3 juillet est la  journée mondiale sans sacs de plastique.

Des sacs à bannir

Le meilleur déchet est celui qu'on ne produit pas.
Difficile de trouver un adage plus juste pour souligner le 3 juillet, journée mondiale sans sacs de plastique. Cette semaine, le Conseil régional de l'environnement Mauricie interpelle les élus municipaux pour leur demander de prendre part au mouvement de bannissement de l'utilisation des sacs de plastique à usage unique.
Chaque jour, le consommateur fait ses courses, passe à la caisse et se fait offrir un sac de plastique. Une habitude a donc été créée. Ignorant le cycle de vie de ces sacs, le consommateur vient à considérer comme normal le recours à des produits devenant rapidement obsolètes.
Sur les milliards de sacs de plastique distribués annuellement au Québec, à peine 14 % sont acheminés vers une filière de récupération. La part restante est dispersée aux quatre vents et constitue une source de pollution significative pour les écosystèmes. La production même d'un de ces sacs pose problème, nécessitant pétrole et eau et, de ce fait, favorisant l'émission de gaz à effet de serre.
Dans un contexte où l'utilisation moyenne d'un sac de plastique est de 20 à 30 minutes et où sa décomposition prend un millier d'années, il est essentiel que la Mauricie, par l'action de ses élus municipaux, cesse d'ignorer cet enjeu environnemental et assume ses responsabilités en se positionnant clairement. Nous n'avons pas besoin de ces produits et des solutions de rechange existent. L'occasion pour les villes du monde entier de se positionner clairement en faveur d'une économie verte respectant la hiérarchie des 3RV-E (réduction à la source, réemploi, recyclage, valorisation et élimination) doit être saisie.
Conséquemment, en implantant une réglementation municipale qui abolit la distribution de sacs de plastique à usage unique, les élus permettent une réduction à la source des matières résiduelles de manière concrète et efficace.
Partout dans le monde, des villes prennent de telles initiatives. Aux États-Unis, ce sont plus de 160 villes qui ont aboli l'usage de ces sacs. Ce mouvement prend également de l'ampleur au Québec. La Communauté métropolitaine de Montréal (CMM) a adopté une résolution en décembre 2015 visant un tel bannissement, tandis que Brossard et Saint-Bruno ont déjà interdit aux commerces de leur territoire la distribution de sacs de plastique.
À l'heure où la nouvelle mouture des plans de gestion des matières résiduelles (PGMR) a été adoptée, les municipalités mauriciennes sont contraintes à améliorer leurs pratiques pour réduire le tonnage de déchets produits annuellement. Le CRE Mauricie encourage donc l'ensemble des villes du territoire à faire preuve d'audace en adoptant une réglementation cohérente avec les objectifs qu'elles se sont fixés.
Lauréanne Daneau 
Thierry A. Laliberté
Pour le Conseil régional de l'environnement Mauricie