La grande chapelle de la maison mère des Soeurs de l'Assomption de la Sainte Vierge, à Nicolet, a été le théâtre de sa dernière messe récemment.

Des femmes d'exception

À Nicolet, le 25 mars dernier, en la fête de l'Annonciation, le soleil faisait danser ses rayons printaniers dans les vitraux de la grande chapelle de la maison mère des Soeurs de l'Assomption.
Parents et amis s'étaient regroupés dans ce «haut lieu de prières, de célébration et d'adoration» pour accompagner la communauté dans une ultime cérémonie liturgique remplie de sens, de grandeur, de convenance, à l'occasion de la dernière messe concélébrée par l'évêque du diocèse Mgr André Gazaille et quelques prêtres.
Une cérémonie haute en émotion contenue, assumée, vécue dans la foi et l'espérance, malgré un indéfinissable sentiment de tristesse et d'abandon qui flottait sous la voûte élancée de cette remarquable chapelle, chef-d'oeuvre d'art moderne religieux, où tout appelle à l'élévation de l'âme: «architecture aux lignes verticales, chaleur du bois et de ses harmonies, douceur de l'éclairage, vitraux lumineux aux dessins sans cesse ascendants, statuaire à l'aspect d'apesanteur».
Passage difficile s'il en est, pour cette congrégation longtemps engagée à des réalisations multiples, qui verra à court terme, semble-t-il, disparaître cette chapelle de 800 places construite entre 1955 et 1962 et qui présente dès lors une inexorable fatalité de sérieux affaissement.
En contrepartie, c'est dans les oeuvres innombrables de cette communauté qu'il faut chercher la solidité et la pérennité des réalisations d'envergure. Fondée en 1853, la congrégation des Soeurs de l'Assomption de la Sainte-Vierge reçoit la mission de répondre aux appels en lien avec l'enseignement, l'éducation à la foi chrétienne et la promotion des arts.
Fidèles à leur charisme, oeuvrant en de multiples lieux sous le signe de l'humilité et de la générosité, les religieuses de l'Assomption sont présentes en région dans les paroisses des diocèses de Nicolet et de Trois-Rivières.
On les appréciera aussi en Alberta, en Saskatchewan, aux États-Unis, au Brésil, au Burundi, en Côte d'Ivoire, en Équateur, au Japon, en Nouvelle-Calédonie, dans des domaines d'enseignement variés tels «écoles primaires, secondaires, collégiales, écoles normales, écoles de musique, de diction et d'art dramatique, écoles ménagères, cours classique, cours commercial bilingue, studios d'arts visuels, ateliers de tapisserie.»
Mais ce jour-là cependant, dans la chapelle dédiée à la Vierge de l'Assomption, au moment où l'assemblée précédée du cierge pascal procède après l'office vers le parvis d'entrée où se fait le partage de la paix, les orgues résonnent de la Sinfonia d'introduction de la cantate de Pâques, Le Christ gisait dans les liens de la mort de Jean-Sébastien Bach.
Bientôt, la grande fête de la Résurrection fera vibrer à nouveau les vitraux de l'espérance. Magnificat! Magnificat! pour ces femmes d'exception, éducatrices, pédagogues, enseignantes, professeures, musiciennes, peintres, philosophes, artistes. 
Sous la plume d'Adolphe-Basile Routhier, les vers de notre hymne national résonnent aussi pour elles en parfaite harmonie, dans la cathédrale de leur espérance: «Ton histoire est une épopée des plus brillants exploits...».
Claude Parenteau
Secteur Saint-Jean-des-Piles
Shawinigan