La levée de l'interdiction pour les motocyclistes de circuler sur le tronçon de la rue des Forges compris entre la rue Notre-Dame Centre et la rue du Fleuve est un retour à la case départ pour les résidents. Ceux-ci sont victimes du bruit que font les motos, particulièrement dans le tunnel du parc portuaire, qui est déjà interdit aux motos.

Des faits inventés, pour qui? Pourquoi?

C'est une évidence que le retour à la «case départ» dans le dossier du bruit délibérément occasionné par les amateurs de silencieux modifiés et autres pétarades de cylindrées au centre-ville en déçoit plus d'un.
C'est le maire lui-même qui nous avait orientés vers le «comité de circulation» pour une recherche de solution. Nous savons que le comité a travaillé de façon professionnelle dans un véritable esprit de collaboration et que les solutions proposées étaient susceptibles d'améliorer la situation vécue par les citoyens tout en respectant la valeur ajoutée de l'apport commercial des motocyclistes respectueux de l'environnement.
Même le président de la Société de développement commercial (SDC), Patrick Dupuis, disait à propos des mesures déposées: «En fait, ce bout de rue là aurait dû être interdit aux motos depuis que le règlement interdisant les motos dans le tunnel a été adopté».
Mais voilà que M. Lévesque, en utilisant des faussetés, vient détruire le travail accompli.
Il base sa décision sur deux vérités alternatives de son cru. Il sous-évalue l'importance du problème en affirmant que le trouble est occasionné par «un ou deux bozos... qui dérangent tout le monde». «Il faut toutefois faire attention pour ne pas empêcher tout le monde de passer à cause d'eux», ajoute-t-il.
Cette vision est aux antipodes de ce que vivent les citoyens qui voient des dizaines de motocyclettes emprunter quotidiennement et illégalement, souvent en aller-retour, le tunnel de la rue du Fleuve pourtant fermé aux motocyclettes depuis des années.
Pourquoi ces «bozos», pour utiliser le qualificatif du maire, empruntent-ils illégalement le tunnel? Certainement pas pour apprécier le paysage, qui est nettement plus agréable dans la section sans tunnel. Tout laisse croire qu'ils veulent brancher leur cerveau reptilien aux fréquences sonores émises par leur bolide et ce faisant ils en oublient le reste du monde.
C'est une autre fausseté proférée par le maire lorsqu'il raconte que: «C'est l'affichage qui n'était pas assez visible pour les motos. L'affichage était à l'entrée du tunnel, il fallait donc tourner à gauche (en provenant de la rue des Forges) pour le voir».
Or, depuis des années, le tunnel est prohibé aux motocyclistes et depuis ce même nombre d'années, il y a des affiches on ne peut plus explicites à distance du tunnel en plus de celle (identifiée celle-là par le maire) à l'entrée du tunnel. Il y en a même une bien en évidence, de la taille d'un STOP, sur la rue des Forges, coin du Fleuve «avant» de tourner à gauche vers le tunnel, contrairement à ce que mentionne le maire.
Donc la solution unilatérale qu'Yves Lévesque propose en déclarant que: «La rue des Forges sera ouverte comme auparavant, mais on va s'assurer que l'affichage pour le tunnel soit clair» est un retour au statu quo puisqu'une signalisation redondante a déjà démontré son inefficacité depuis nombre d'années. Le comité de circulation tout comme la SDC ont reconnu ces faits. Le retour à la case départ imposé par le maire est basé sur des prémisses inventées par celui-ci et propres à protéger les «bozos». 
Sachons aussi que de nombreuses villes et municipalités, au Québec et ailleurs, ont diverses restrictions sur la circulation des motocyclettes. Par exemple, tout le Vieux-Longueuil est fermé à la circulation des motos. On y a priorisé les citoyens et résisté à la crisette de beaucoup de motocyclistes qui se croient tout permis. Le centre-ville de Longueuil n'en a pas perdu pour autant sa vitalité.
Que signifie ce recul du maire qui renverse le résultat quasi unanime d'une démarche initialement encouragée par lui? C'est certainement un geste qui jette une douche froide sur une démarche qui s'était avérée réfléchie, respectueuse et mesurée. 
Alain Léger
Résident du centre-ville
Trois-Rivières