Les ministres Julie Boulet et Stéphanie Vallée.

Des appels qui ont été entendus

Les ministres Julie Boulet et Stéphanie Vallée avaient de bonnes nouvelles, lundi, pour la haute Mauricie. Les récriminations et les demandes du milieu judiciaire de La Tuque et de la région ont été entendues, si bien que l’administration de la justice pourra se faire dans un lieu approprié et adapté aux impératifs de sécurité et de confidentialité.

Au cours des dernières années, de nombreuses représentations ont été faites par les intervenants locaux, particulièrement par des avocats qui y pratiquent et par le Barreau de la Mauricie. 

Et le moins que l’on puisse dire, c’est que ce qu’ils réclamaient était loin d’être du luxe; ils souhaitaient simplement pouvoir exercer leur travail dans un milieu approprié.

Les locaux actuels du Carrefour La Tuque étaient désuets et insuffisants. Des avocats devaient consulter leurs clients dans les toilettes ou dans les escaliers, faire signer des papiers sans avoir de table ou de bureau. Les juges côtoyaient les accusés et les proches de ceux-ci dans les corridors. C’était un non-sens.

Québec, finalement, accepte d’investir un peu plus de 5 millions $ pour aménager de nouveaux locaux, toujours au Carrefour La Tuque, conformes aux normes élémentaires de sécurité. Ce qui est intéressant, c’est qu’au cours des derniers mois, des rencontres ont eu lieu entre des responsables du ministère de la Justice, de la Société québécoise des infrastructures et des représentants du milieu judiciaire. 

De cette façon, on s’est assuré de faire en sorte que le projet qui était sur la planche à dessin puisse répondre adéquatement aux besoins des utilisateurs. 

Il faudra environ un an pour transformer une ancienne salle de quilles en palais de justice. La superficie sera doublée par rapport aux locaux actuels. Des locaux comme la salle d’audience et le quartier cellulaire seront agrandis. 

On a prévu des cages d’escalier et des couloirs distincts pour assurer la sécurité des membres de la magistrature et les équipes du Directeur des poursuites criminelles et pénales. On ajoutera des locaux pour les avocats et les victimes. On a même pris soin de consulter la communauté autochtone et de prévoir des aménagements spécifiques. Bref, on ne semble pas avoir lésiné sur grand-chose.

Mais tout cela a un coût. Il y a quelques mois, on parlait d’un projet de 1,3 million $ pour la rénovation du palais de justice de La Tuque. Celui-ci avait été inscrit au Plan québécois des infrastructures 2016-2026. Le coût du projet annoncé lundi est quatre fois plus élevé. 

On dirait bien qu’il n’y avait pas de prix pour assurer la sécurité des travailleurs et des «utilisateurs» du palais de justice et pour offrir au personnel judiciaire un milieu de travail approprié. Pour la ministre Julie Boulet, cet investissement était attendu et justifié.

C’est peut-être une chance que des élections aient lieu dans moins d’un an au Québec. Mais soyons bons joueurs et voyons plutôt dans l’annonce de lundi une réelle volonté de régler un problème criant. 

Il n’y avait aucune raison que ceux et celles qui œuvrent à l’administration de la justice à La Tuque soient moins bien protégés que leurs collègues d’ailleurs au Québec. Il n’y a pas de raison que leurs propos ou ceux des prévenus soient moins confidentiels que dans d’autres palais de justice.

Ça faisait vingt ans qu’on parlait de la nécessité de rénover le palais de justice. Ça fera du bien d’entendre enfin les marteaux et les perceuses. Et c’est tout à l’honneur de ceux et celles qui n’ont jamais lâché le morceau et qui ont déploré les conditions de pratique du droit à La Tuque.