L'auteur remercie le personnel du CIUSSS de Trois-Rivières pour l'accueil reçu lors d'un récent incident cardiaque.

Des anges... au CIUSSS de Trois-Rivières!

Vous connaissez ce type à la barbe fleurie, plus longue que celle de son frère, le père Noël? Celui dont les poils du menton et des joues lui chatouillent les orteils; ce vieux sage qu'on nomme saint Pierre? Eh bien, il m'a récemment offert son hospitalité!
Vêtu d'une longue toge de couleur vert kaki, avec un regard serein, un sourire compatissant et des mains divines, il tient fermement un grand livre blanc avec lequel il me fait, quoique paisiblement mais très rapidement, lecture des modalités de mon entrée au paradis. 
Entouré d'une multitude d'anges, tous aussi sympathiques les uns que les autres, d'une délicate génuflexion, le respectable vieillard ouvre les portes célestes qui nous exposent alors une splendide salle à dîner. Cela est probablement une opération inscrite au protocole de notre accueil? 
La table est mise! Nous sommes sans doute invités à un diner-spectacle. Les convives prennent alors place, l'argenterie bien astiquée scintille de tous ses éclats, les plateaux semblent regorger de victuailles paradisiaques et là, soudainement la clarté du soleil s'invite; cette intense luminosité nous pénètre et nous montre des étoiles et encore des étoiles... jusqu'à même nous endormir!
Pendant ce temps, deux enfants, les yeux bien grands ouverts malgré l'heure tardive, lors de cette nuit dramatique, écoutent attentivement le chirurgien: «Votre père est dans un état très critique; si les anévrismes aortiques éclatent, votre papa va mourir subitement. Si vous l'aimez, dites-lui un probable dernier au revoir! Nous devons maintenant l'opérer d'extrême urgence pour tenter de le sauver!».
Les enfants sont consternés; ils pleurent et se serrent dans leurs bras. Leur papa ne sera peut-être plus...
Mais, face à la tragédie, les anges veillent, surveillent et émerveillent! 
Les anges comprennent les lamentations, les râles, les gémissements, les doléances, les jérémiades des patients tous aussi souffrants les uns que les autres.
Les anges entendent, pendant des heures, le supplice de la goutte d'eau des centaines de bips, bips, bips, des appareils qui signalent un malaise chez un patient.
Les anges sont toujours souriants, respectueux et d'humeur joviale envers tous les visiteurs, parents et proches qui imaginent et interprètent bien souvent la douleur et le mal d'un des leurs. Les anges vibrent aux diverses attitudes de ces visiteurs qui parfois éprouvent de la difficulté à contrôler leurs émotions face à la «terrible catastrophe» que subissent leurs proches. 
Les anges sont malgré tout sympathiques et bienveillants envers ces personnes qui sont traumatisées par la situation dramatique et l'équipement médical impressionnant qui est déployé pour soigner leur être aimé. 
Les anges subissent bien malgré eux les odeurs corporelles, les produits chimiques, les excréments, les vomissements, les infections putrides, etc.
Les anges vivent dans un environnement aux risques élevés de contamination, en s'exposant quotidiennement aux microbes, virus, contaminants, etc.
Les anges, au passage, d'une main replacent l'oreiller du patient, de l'autre main, servent un peu d'eau à la dame d'à côté, de l'autre main, remontent la couverture du monsieur d'en face, de l'autre main, passent une débarbouillette au jeune homme de l'autre lit et de l'autre main, n'oublient pas de vider l'urinal du voisin! Les anges n'exercent pas un métier ordinaire; ils possèdent le don de soi: ils ont la vocation!
VOUS, les anges: bénévoles, cuisiniers, infirmières, médecins, préposés, professionnels, réceptionnistes, techniciens, etc., par votre balai jusqu'à votre bistouri, par la qualité de vos interventions, par le professionnalisme de vos gestes et par vos compétences, vous contribuez admirablement à notre mieux-être!
Nous sommes les patients et vous, vous êtes la patience incarnée.
Et, dites-vous bien que si nous ne reconnaissons pas toujours la juste valeur de vos actions, c'est sans doute que le mal et la souffrance nous accablent au point de critiquer sévèrement votre si précieux dévouement. Pardonnez-nous dans les circonstances notre impatience et maintenez tout de même inlassablement votre don de soi! 
Bien humblement, mes enfants et moi-même tenons à remercier sincèrement tout le personnel du CIUSSS de Trois-Rivières pour nous avoir si chaleureusement accueillis lors de mon incident cardiaque; nous étions au paradis avec vous!
Vous êtes des anges!
Jean Paquette
Trois-Rivières