Les pharmaciens peuvent en faire davantage pour décongestionner les cliniques médicales.

Des actuaires, s’il vous plaît!

Les pharmaciens peuvent en faire davantage mais pour une raison qui m’échappe on s’obstine à mettre des obstacles pour que leurs consultations puissent réellement aider à décongestionner les cliniques médicales. Le ministre Barrette rapportait que les pharmaciens n’avaient pas utilisé tout le budget octroyé pour les différentes consultations qu’ils peuvent donner. Le fait qu’il s’en étonne me surprend grandement. Puisque ces consultations étaient censées désengorger les cliniques médicales, il fallait les couvrir à 100% par l’assurance maladie!

En faisant le choix de faire payer une portion des frais aux patients, on crée une barrière monétaire pour ces consultations. Le patient, qui a le choix de payer pour la consultation chez son pharmacien ou de consulter son médecin sans avoir à payer, va souvent faire le choix d’allonger la file d’attente à la clinique médicale alors que son cas aurait très bien pu être pris en charge par son pharmacien...

Pourtant, il y a plus de dix ans déjà, les consultations pour la pilule du lendemain auprès des pharmaciens avaient été bien structurées. Couvertes par l’assurance maladie, leur implantation avait été un succès. La recette gagnante on l’avait donc depuis plus d’une décennie...

Ce n’était pas compliqué, les actes de la loi 41 auraient simplement dû suivre le même modèle. Quand on va consulter son pharmacien pour une cessation tabagique, des feux sauvages, infections urinaires, nausées durant la grossesse, etc, on désengorge les cliniques.

Il s’agit ici de consultations qui remplacent les consultations médicales; il aurait donc été logique que cela soit couvert par l’assurance médicale.

Le fait que le gouvernement actuel ait fait le choix de faire payer les patients pose deux problèmes. Le premier, c’est que la mesure nuit à l’universalité des soins à laquelle tiennent les Québécois. Le second, c’est que cela empêche l’atteinte du but recherché, étant donné que de nombreux patients iront consulter en clinique médicale pour éviter de tels frais.

Les consultations médicales coûtant plus cher, collectivement, nous sommes perdants financièrement. Rajoutez en plus les frais reliés à l’absentéisme au travail et vous réaliserez qu’on perd là beaucoup d’argent à refuser de couvrir les consultations pharmaceutiques.

Le gouvernement en élection vient d’annoncer qu’il souhaitait voir les pharmaciens vacciner la population. En effet, de prime abord, ça semble être une bonne idée. C’est un fait que les pharmaciens sont les professionnels de la santé les plus accessibles.

J’espère seulement qu’on ne fera pas la même erreur qu’avec la loi 41: saboter une très bonne idée avec des obstacles économiques.

Je vous souhaite, tout parti confondu, des candidats actuaires sur lesquels vous pourrez compter quand il s’agira de compter. On en a tous bien besoin.

Sarah Fizazi

Pharmacienne

Administratrice de la Fédération des pharmaciens du Québec