Démocratie et journalisme

Il faut appuyer sans réserve la position de Pierre Craig, président de la Fédération professionnelle des journalistes du Québec, lorsqu'il nous rappelle que les journalistes jouent «le rôle essentiel de sentinelles de la démocratie». (Le Nouvelliste, mercredi 29 janvier.)
Avec le type de société vieillissante vers laquelle nous allons, avec les maires très paternalistes dont nous jouissons dans la région, peu habitués au concept d'une imputabilité transparente et entière, le rôle des journalistes est capital si l'on veut avoir accès à une information précise, détaillée, basée sur les résultats probants de la recherche.
À juste titre, il faut aussi reconnaître et soutenir les efforts déployés par nos journalistes locaux pour oeuvrer dans le sens d'une réelle liberté de presse et assurer que soit respecté en toute occasion le droit public à l'information. C'est tout à leur honneur que de se comporter en conformité avec le code de déontologie de la presse.
Les citoyens soucieux de préserver les valeurs démocratiques se doivent d'être vigilants à ce titre, car l'expérience des officiers en charge de gérer la communauté peut aisément leur permettre de considérer la chose publique comme leur chose «à eux», et les inciter à tenir les citoyens dans une connaissance approximative des actions prises par les élus au nom de la collectivité.
L'imputabilité des élus, qu'ils soient appuyés ou non dans leurs postes par une majorité citoyenne, devrait s'appliquer sans réserve à tous les éléments relevant de la gestion de leur mandat: contrats donnés, chèques émis, appels d'offres, frais de représentation, diffusion des séances du conseil en ligne, décisions, propositions, procès-verbaux, résumés, allocations, salaires, primes de tous ordres, bonifications, tout devrait être accessible, contrôlable, vérifiable. Rien, absolument rien, ne devrait échapper à la transparence, s'il relève du domaine public. Quand on prétend représenter le peuple, on lui est redevable à 100 %, à 150 %, sur tout, sur absolument tout.
Un officier élu se disant incapable de respecter cette exigence devrait s'abstenir de se cacher derrière les rideaux trop souvent tirés du devoir de réserve pour échapper de fait aux yeux interrogateurs des citoyens.
Les maires, les conseillers, les officiers, les gestionnaires, les mandataires, les chefs de service et leur personnel, appelés par les citoyens à gérer les affaires publiques en leur nom, devraient se souvenir à chaque jour de leur mandat que le seul intérêt qui compte, c'est la vérité, l'absolue vérité, la totale, vérifiable, accessible et entière vérité.
Claude Parenteau
Saint-Jean-des-Piles