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Démocratie active

Les Québécois auront congé d'élection en 2016. D'ailleurs, à moins d'un tremblement de terre sur la planète politique, il faudra attendre les élections municipales de novembre 2017 avant la prochaine convocation aux urnes. Il y a plus de 10 ans que nous n'avions pas connu une telle trêve électorale au Québec. Qu'advient-il de la démocratie en pareille accalmie?
Plutôt que de se réfugier dans une posture de citoyenneté passive, l'électeur pourrait profiter de cette parenthèse pour vivre une démocratie active. Le droit de vote, qu'on se plait à qualifier de «devoir de citoyen», ne devrait être que l'aboutissement logique d'une vie citoyenne, campée elle, dans l'esprit du devoir.
Le citoyen averti profitera de cette vacance de suffrage et, en attendant la prochaine occasion de noircir son bulletin de vote, aiguisera son sens de l'observation afin de bien mesurer les changements de ton qu'opèreront les politiques à l'approche de l'échéance de leurs mandats. Des quatre ans qui se seront écoulés, il prendra alors la pleine mesure. Il pourrait aussi en profiter et parfois troquer un peu de Facebook pour un bulletin de nouvelles, une émission de télé pour un livre. Acheter un peu plus local. Marcher plus, conduire moins. Trouver une qualité à un politicien honni, être plus critique face à celui qu'on admire. Assister à une assemblée de son conseil municipal. Faire un don. Participer à une manifestation. Donner une heure de son temps pour une cause. Suivre un cours. Diversifier ses sources d'information. Se méfier des marchands de «gros bon sens». Se réconcilier avec un voisin. Faire du bénévolat. Adhérer à un parti politique tout en gardant son indépendance d'esprit. Lire un livre à un enfant. Ouvrir un dictionnaire. Cultiver son sens critique. Éviter le cynisme. Réfléchir. Agir.
Le devoir deviendra alors un droit, pleinement acquis.
Bonne pause!
Sébastien Houle
Étudiant au baccalauréat
en communication sociale à l'UQTR