Démission du maire Lévesque: évitons de banaliser la santé mentale

À la suite de la lecture de différentes lettres d’opinions en lien avec la démission du maire Yves Lévesque, il est devenu important pour moi de tenter une conscientisation sur le danger de certains propos.

Effectivement, chacun a droit à son opinion et peut la partager. Nous dirons également qu’une personne qui a mené une vie publique est davantage exposée par les opinions en accord ou en désaccord avec ses prises de position.

Par contre, où le propos dérange, qui sommes-nous pour refuser un diagnostic relié à la santé mentale sous prétexte que la personne qui l’invoque ne peut tout simplement pas en souffrir? Elle est trop forte selon nous, donc elle ment.

Je travaille dans le milieu de la santé qui bénéficie davantage de compassion que le milieu municipal ou celui des entreprises. J’ai vu des gens quitter pour raisons de fatigue, de burn-out. Et non, ce ne sont pas seulement ceux que nous croyons plus faibles.

Nous sommes très rapides à juger et mettre de l’avant nos préjugés. Ces jugements font mal en premier lieu à toutes les personnes qui doivent prendre la décision de quitter un travail temporairement ou de façon permanente parce que sinon elles vont y perdre la santé ou la raison.

Regardez autour de vous. Les troubles dépressifs ne sont pas une caricature réservée à une classe de personnes. Ils ne sont aucunement en lien avec la position sociale ou même le salaire. Un grand chirurgien, une députée, un PDG peuvent devoir quitter pour des raisons médicales sans pour autant que ce soit visible.

Pour ceux qui disent que mettre la faute sur les autres n’est pas adéquat. Un milieu de travail malsain est souvent la cause (principale ou partielle) de beaucoup de burn-out ou de dépressions.

Les préjugés présents rendent encore plus difficile la preuve pour reconnaître ce type d’arrêt de travail souvent contesté.

Finalement, ne sous-estimez pas le pouvoir des mots même si selon vous ils visent une personne que, pour une raison quelconque, vous détestez.

Votre opinion, devenue publique par l’entremise des médias, peut précipiter la chute de tous ceux vivant la même situation. Ce pourrait même être vous ou un de vos proches.

Laissez aux médecins le soin de diagnostiquer le tout avec l’examen adéquat et non par votre opinion biaisée.

Julie Lamothe

Trois-Rivières