Stéphan Frappier
Cette photo prise par notre photographe Sylvain Mayer est à la fois triste et tellement empreinte d’amour. On y voit des membres de la famille de Mme Yvette Boisvert, 92 ans, hébergée au CHSLD Laflèche de Shawinigan, qui vit ses derniers jours en raison du coronavirus. Des images inoubliables qui nous rappellent les moments tout à fait surréalistes que nous vivons actuellement.
Cette photo prise par notre photographe Sylvain Mayer est à la fois triste et tellement empreinte d’amour. On y voit des membres de la famille de Mme Yvette Boisvert, 92 ans, hébergée au CHSLD Laflèche de Shawinigan, qui vit ses derniers jours en raison du coronavirus. Des images inoubliables qui nous rappellent les moments tout à fait surréalistes que nous vivons actuellement.

Dans la poche et sous le chapeau

CHRONIQUE / Regardez autour de vous. La pandémie de la COVID-19 frappe tout le monde. Des milliers de travailleurs ont perdu leur emploi, la vie de milliers d’enfants est chamboulée, des employés de la santé sont surchargés, des personnes âgées sont isolées et meurent seules, des proches doivent même se résoudre à leur dire adieu par la fenêtre…

Tout cela ne va pas dans le sens de la vie normale et il faut s’attendre éventuellement à un douloureux ressac. Économique, certes, mais aussi psychologique.

On le sait, la relance économique sera longue et ardue. C’est d’ailleurs pour cette raison que le gouvernement a déjà commencé à mettre en place des mesures qui, espère-t-il, permettront de redémarrer rapidement une économie en pause depuis plusieurs semaines. Il faut d’ailleurs saluer l’initiative du gouvernement du Québec qui a lancé cette semaine le projet «Le panier bleu» pour promouvoir l’achat local et ainsi tendre vers un système d’autosuffisance québécois. Le site connaît un beau succès. En espérant que les Québécois ne l’oublient pas une fois la crise terminée.

Et la santé mentale?

S’il est tout à fait justifié de se préoccuper de la santé financière de ses citoyens, souvent à l’origine de conflits sociaux et familiaux, il ne faut pas pour autant que les autorités prennent à la légère les retombées psychologiques de cette période d’isolement où l’anxiété et l’incertitude sont omniprésentes.

En fait, le stress vient de partout. Les personnes âgées ont peur, les travailleurs de la santé sont exténués, des organismes sont à bout de souffle faute de bénévoles, les parents sont débordés, les enfants sont bombardés d’infos négatives. Évidemment, la désinformation souvent véhiculée par les réseaux sociaux ne vient pas calmer cette anxiété collective. D’où l’importance de s’informer aux bonnes sources d’information.

Or, même les annonces officielles font peur. Les prévisions présentées cette semaine sont peut-être un bel exercice de transparence susceptible de faire encore plus respecter les mesures de confinement, elles prennent quand même une autre dimension aux yeux des personnes plus vulnérables devant le coronavirus. Difficile de rester zen quand on apprend que plusieurs personnes vont encore en mourir, quand on sait qu’on peut en faire partie et, surtout, quand on entend qu’il n’y aura pas de retour à la normale avant l’arrivée d’un vaccin, soit un an.

Cette troublante et surréelle réalité entourant la crise de la COVID-19 aura donc d’importantes répercussions psychologiques et il faut s’assurer d’avoir en place toutes les ressources (Prévention suicide, travailleurs sociaux, psychologues) nécessaires pour répondre à une demande déjà difficile à combler en temps normal. Imaginez en période de confinement! On le sait, ce n’est pas toujours facile pour les gens en détresse d’aller chercher de l’aide. Il ne faudrait pas, en plus, que ceux qui ont le courage de le faire se heurtent à un système engorgé.

Enfin la fin?

Des gens qui peuvent en dire long sur la détresse psychologique liée à un événement imprévu, c’est bien les victimes de la pyrrhotite.

Depuis plusieurs années déjà, 10 ans en fait, ces propriétaires aux prises avec le «cancer du béton» se battent pour avoir une juste compensation afin de réparer leur maison qui, du jour au lendemain, ne valait plus rien. Le processus a été long et pénible, mais les victimes ont reçu une bonne nouvelle cette semaine alors que la Cour d’appel a entériné le jugement en première instance condamnant les parties défenderesses à leur verser un dédommagement de 193 millions $.

Toutes ces années d’incertitude et d’anxiété ne se sont cependant pas déroulées sans causer d’irréparables et horribles préjudices. Il y a eu des suicides, des dépressions et des séparations. Il faut même se demander si l’aide des instances gouvernementales a été à la hauteur des drames humains vécus par les victimes de ce véritable fléau.

Il faut maintenant espérer que SNC-Lavalin ne prolongera pas encore le supplice en soumettant la cause à la Cour suprême.

Assez, c’est assez!

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La fée immunisée…

Les jeunes du Québec à l’âge de perdre leurs dents peuvent dormir tranquilles: la fée des dents est immunisée contre le coronavirus et peut aller dans les foyers québécois pour déposer sous les oreillers sa traditionnelle récompense. Merci à la jeune Trifluvienne Raphaëlle Martin d’avoir adressé l’importante question à François Legault et au premier ministre d’avoir gaiement joué le jeu. Un clin d’œil qui fait un peu baisser la pression le temps d’un court mais sympathique instant.

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Citation

«Je suis plus proche du scénario optimiste. Et si je me trompe, je vais dire que c’est de votre faute parce que vous n’aurez pas appliqué les mesures de confinement.»

- Dr Horacio Arruda